Un groupe de travail de la Fondation Internet Nouvelle Génération

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Concepts Partie4 Coordination I C

Concepts à ajouter à la (voir aussi la )

Trois domaines peuvent être ajoutés dans le document (en fait pas seulement dans la partie 4) à la suite des échanges :
  1. Les façons de construire une vision partagée
  2. Les motivations qui facilitent l'intelligence collective
  3. L'auto-organisation
Pour chacun de ces trois points, cette page présente :
  • Une proposition de rédaction pour la modification
  • Synthèse des commentaires et contributions
Les mails ayant servi de base à ces propositions sont à la fin la page sur les

Propositions de rédaction

1) Les façons de construire une vision partagée

Dans la partie 4) "Construire ensemble une vision et une culture partagée", après : "La construction de sens partagé est une étape fondamentale pour l'émergence de l'intelligence collective." compléter la fin (sur le sens making) avec différentes façons de construire du sens partagé.

Il existe plusieurs possibilités de construire une vision commune partagée par un groupe, depuis une vision imposée par une personne jusqu'à la co-construction volontaire par les membres du groupe.
  1. Une vision commune imposée
    • Dans ce cas, une personne donne une vision et fait en sorte qu'elle soit suffisamment mobilisatrice pour que les membres du groupe l'adoptent. Cela est souvent le cas au début d'un projet, lorsque l'initiateur cherche à fédérer des forces autour de son projet soit en recherchant des participants soit en tentant de mobiliser un groupe déjà constitué.
    • Mais un groupe se mobilise d'autant plus facilement que ses membres ressentent une souffrance et ne trouvent pas leur place dans le reste de la société. C'est également le cas lorsque le groupe a une aptitude aux mythes et à la transcendance (ce qui facilite la mobilisation aussi bien autour de souffrances que d'espoirs). Il y a donc un véritable danger d'utiliser ce type de mobilisation à des fins totalitaires : la vision est imposée par un leader et est acceptée par les membres du groupe par besoin de sortir de leur souffrance ou simplement de rêver.
  2. Des synthèses à partir de contributions des participants
    • Heureusement il existe des visions partagées qui ne soient pas des aliénations. Une deuxième étape consiste à ce que les participants, plutôt que d'adopter la vision d'une personne, contribuent en apportant leur propre point de vue sur une question. Une personne réalise alors une synthèse qu'elle re-soumet ensuite au groupe. En soumettant la synthèse au groupe, on va au-delà de la simple superposition des points de vue. Petit à petit, une articulation des différents points de vue émerge.
    • Mais il y a un danger de réduire la synthèse aux seuls points de vue compris par celui qui la réalise. Une personne peut passer successivement d'un point de vue à un autre mais a tendance à avoir du mal à apercevoir un nouveau point en étant aveuglée par ceux qu'elle voit déjà. Il est donc impératif d'avoir un processus itératif de relecture collective de la synthèse pour que celle-ci englobe le mieux possible toute la richesse des contributions.
    • Une autre difficulté est que celui qui fait la synthèse est un goulot d'étranglement qui réduit l'avancement du groupe a sa propre disponibilité. Ajouter une contribution d'un des membres dans une synthèse représente plusieurs fois le temps passé par le contributeur à la produire (en particulier si on rend la contribution visible pour permettre aux autres membres du groupe d'y réagir). Il faut donc avoir des règles pour commenter qui réduisent le temps passé à intégrer des contributions et des commentaires dans une synthèse. Cela n'est pas facile lorsque le groupe est encore jeune, car les règles seront d'autant plus facilement acceptées qu'il y a déjà une vision commune et que le groupe a construit ou accepté lui-même les règles.
    • Il s'agit donc d'une méthode qui permet de construire une vision commune très utile mais qui est consommatrice de temps individuel (pour celui qui fait la synthèse) et de délais collectifs (suivant la disponibilité de celui qui fait les synthèses et du fait du processus itératif pour rendre la synthèse réellement collective). Elle a pour avantage de permettre une production du groupe qu'il pourra ensuite présenter à l'extérieur et ainsi l'aider à construire son identité (voir le point suivant). L'initiateur d'un projet qui dès le début demande des commentaires sur le projet qu'il propose suit également cette deuxième approche.
  3. Un vécut commun
    • Une autre façon complémentaire de construire une vision commune, est d'avoir un vécut commun entre les membres du groupe. Celui-ci peut être positif (par exemple partager des moments de convivialité, avoir produit des résultats collectifs qui sont visibles de l'extérieur), mais également négatif : Lorsqu'un groupe fait l'objet de conflits interne, ceux-ci peuvent mettre en péril l'existence même du groupe. Mais une fois la crise terminée, les "survivants" qui sont restés dans le groupe, partagent un vécut qui change les réactions aussi bien individuelles que collectives.
    • En effet, il existe une "plasticité" des groupes qui fait qu'ils ne réagissent pas de la même façon aux mêmes événements en fonction de ce qui a été vécut auparavant. Il ne s'agit pas seulement d'un phénomène conscient mais surtout d'un phénomène inconscient qui peut dicter les réactions d'un groupe d'une façon différente de ce qu'aurait donné une analyse collective consciente. Cela rend les groupes assez imprévisibles.
  4. La construction volontaire et collective d'une vision partagée par les membres du groupe
    • Il ne s'agit pas de construire une vision unique qui deviendrait un nouveau dogme imposé cette fois par le groupe et non plus seulement par une personne, mais plutôt d'élaborer une compréhension commune des différents points de vue et de leur articulation (ce n'est donc pas un jugement de valeur sur tel ou tel point de vue, mais au contraire la reconnaissance de leur nécessaire pluralité comme cela se fait dans les relations de personnes à personnes dans le cadre de "l'intelligence de l'autre").
    • Différentes méthodes existent telle le "sens making" introduit par Karl Weick utilisé dans des situations d'action (en particulier faiblement tolérantes à l'erreur ou de crise)
    • Au fur et mesure que le groupe devient plus mature, il acquiert plus de facilité à construire sa propre vision commune. Le coordinateur n'a plus à imposer de vision mais doit au contraire faciliter l'élaboration et la mise à jour collective de la vision. La difficulté vient souvent du fait que le coordinateur est aussi un des membres du groupe les plus impliquées et donc contribue lui aussi. La séparation entre son rôle de contributeur et son rôle de facilitateur de l'émergence d'une vision collective n'est pas aisée et il risque d'y avoir des conflits d'intérêts entre ses intérêts individuels et l'intérêt collectif. Ceux-ci sont d'autant plus dangereux qu'ils ne sont pas visibles. Pour cela, lorsque le groupe est en crise, il est souvent utile d'avoir un médiateur extérieur qui joue le rôle de facilitateur de la construction collective et qui permet ainsi au coordinateur traditionnel de contribuer sans confusion des rôles. Mais cette situation avec un coordinateur (médiateur) extérieur ne peut être que provisoire car le coordinateur est et doit rester sur la durée un membre du groupe.

Les motivations qui facilitent l'intelligence collective

Ajout d'une partie dans la section 3 "L'intelligence de l'autre, quand les membres du groupe se coordonnent eux-même" entre la première partie "changer sa vision pour acquérir un "savoir être" et la partie suivante "A-t-on encore besoin d'un chef"

Une des motivations collective pour un groupe est de dépasser l'état dans lequel il se trouve à un moment donné. Mais il y existe deux approches différentes :
  • Fuir une situation: Lorsque le groupe cherche à se soustraire à un mal être, à sortir de l'état actuel, il cherche alors à échapper à ses contraintes. Cette approche comporte un double inconvénient.
    • la motivation diminue avec l'éloignement, il faut donc entretenir le "mal être" pour conserver le groupe motivé...
    • ce type de motivation fait régresser les hommes vers les zones les plus archaïques (haines, angoisses) et les rend manipulables
  • aspirer à un idéal : Le groupe peut au contraire avoir des aspirations à aller plus loin vers un devenir meilleur. Il recherche alors des opportunités.
    • Dans ce cas, la motivation s'accroît en avançant dans un cercle vertueux
    • Elle pousse chaque membre dans une exigence de progression plutôt qu'une crainte et une fuite

Une autre motivation consiste à rechercher son identité par la fusion dans le groupe, par opposition au groupe ou encore a travers le groupe :
  • Fondre son identité dans le groupe : il faut adhérer à une pensée, une croyance ou un comportement pour être. Il y a une normalisation des individus et chacun sa personnalité individuelle au profit de l'identité collective.
  • Se distinguer du groupe : cette fois il s'agit d'une approche plus individualiste ou on existe par opposition au groupe. On perd alors les bénéfices de la construction collective.
    • Construire son identité propre à travers le groupe : il est possible de trouver son identité au travers de la réalisation collective. La multiplicité des points de vue permet de se voir à travers l'autre et à travers le groupe. Dans ce cas, l'identité individuelle et l'identité collective ne s'opposent pas mais se complètent. Cette alliance de l'individuel et du collectif favorisent l'initiative et la créativité tout en bénéficiant de la démultiplication des possibilités et des points de vue dans un groupe.

La conjugaison d'aspirations à aller plus loin et de la motivation à trouver son identité à travers les autres et le groupe facilite l'émergence de l'intelligence collective.

L'auto-organisation

Ajout en tout début de la partie 3 ""L'intelligence de l'autre, quand les membres du groupe se coordonnent eux-même" une partie sur l'autoorganisation qui présente des modes d'organisation non gérés par e coordinateur mais plutôt par les règles elles-mêmes ou par les membres du groupe

Le coordinateur n'est pas le seul à faire converger les intérêts individuels et l'intérêt collectif. Il existe d'autres modes de coordination qui s'ajoutent ou remplacent la coordination traditionnelle :
  • Les règles, qu'elles soient dictées par l'extérieur, par le coordinateur ou mieux co-construites par le groupe lui-même, peuvent permettre aux membres du groupe de se réguler entre eux si elles sont acceptées et pas trop ambiguës. Les règles acceptées, peuvent même être plus coercitives que ce que pourrait décider le coordinateur dont la légitimité peut toujours être remise en doute.
  • L'intelligence de l'autre permet de renforcer les liens bilatéraux et ainsi de bâtir un véritable réseau complexe dont le groupe pourra émerger.

Les différents modes de coordination (par un coordinateur agissant sur l'environnement, par des règles acceptées et portées par les membres, par "l'intelligence de l'autre" des participants) se combinent pour former une régulation globale dont l'équilibre peut varier suivant l'étape de maturité à laquelle se trouve le groupe.

Sythèse des commentaires

Les façons de construire une vision partagée

(La liste des mails utilisés est à la fin dr la page sur les .  j'espère ne pas en avoir oubié car à cette période la liste a été plutôt très active sur des sujets assez divers ;-)

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la nouvelle partie 4 (... vision et culture partagée) paraît du coup moins développée que les autres et mériterait un peu plus de matière. Mais les seuls exemples qui me viennent à l'esprit sont plutôt négatifs :
comment les régimes totalitaires ont si bien su entraîner l'adhésion des masses à des projets fous, mais offrant une apparence de cohérence et de sens collectif (car la force brutale et la terreur n'expliquent pas tout de leur succès indéniable)
autrement dit, comment (re)trouver un sens collectif dans une société plurielle, diverse, tolérante et sceptique, relativiste et individualiste, souple et innovante, sans perdre les avantages de ces caractéristiques actuelles ???
c'était déjà la question que posait Durkheim, et sa réponse (une religion ou une morale sociologique) n'a jamais convaincu personne...
 :
Quant à la question du "Sens collectif" peut être faudrait-il s'intéresser à l'humain dans ses profondeurs plutôt que ce qu'en disent les formules médiatiques intéressées... Cela permettrais de lire le réel sous nos yeux autrement que par des filtres interposés. On éviterais de prendre la grille "déni de Sens " pour analyser les questions de Sens rejetant les milles réponses possibles à un paquet sombre. On pourrait croire que le seul Sens qui mobilise les hommes soit celui de l'aliénation manié par des régimes totalitaires et que le salut soit dans l'évitement du Sens. Mais à quelle "science" de l'homme appartiens un tel tableau? Et pourtant c'est un de ceux qui nourrissent les conceptions d'hommes machines, d'hommes neuronaux, d'hommes dénués de Sens.( Cqfd). Même cette propension humaine a un Sens, nourrit des consensus et des collectifs engagés.
 :
Il faut rechercher la réponse à cette question dans l'Histoire. Ce processus échappe à notre "ingénierie". La condition préalable est qu'une population vive dans la souffrance, l'humiliation, la colère, la désespérance pour qu'elle soit accessible à ces aventures abominables. C'était le cas par exemple de l'Allemagne, lorsqu'elle a été séduite par le nazisme, du fait des conditions de l'armistice de 1918. Si, en plus, on peut désigner un bouc émissaire, le sentiment de vengeance ajoute une énergie terrible au processus.
 :
oui, certainement, mais je crois aussi que les mouvements totalitaires (nazisme, stalinisme, fondamentalismes divers) apportent une réponse à cette souffrance spécifique de ne pas trouver de place dans la société, et plus généralement dans l'ordre du monde. Les conditions historiques varient, mais il me semble qu'il y a ce noyau commun, et c'est toujours un danger qui menace notre société si ouverte qu'elle peut en devenir angoissante...
le lien avec notre thème central est que nous devons assurer une certaine cohérence aux efforts collectifs tout en favorisant innovation, ouverture, créativité... l'équilibre me semble souvent instable !
 :
Je prends volontiers cette dimension supplémentaire : "une réponse à cette souffrance spécifique de ne pas trouver de place dans la société, et plus généralement dans l'ordre du monde".
Ce que j'avais à l'esprit, c'est qu'il est plus difficile de catalyser l'énergie humaine quand il n'y a pas ces souffrances. Il faut faire sans cette énergie.
Le côté positif, c'est qu'on sait comment éviter l'apparition de mouvements totalitaires...
Le message évangélique des origines, dans un registre tout différent, s'adresse aussi aux pauvres et aux humiliés. Au surplus, il est reçu par des gens qui, au-delà de leur situation de souffrance, ont une vision d'essence spirituelle ou mythique de la vie.
Voilà, peut-être, les deux ingrédients de base d'une vraie mobilisation : une situation de souffrance cruelle à laquelle on cherche un échappatoire et une aptitude au mythe, à la transcendance.
Dans beaucoup de nos sociétés aujourd'hui nous avons perdu cette aptitude à la "transcendance", qui donne il faut le reconnaître la capacité à se... transcender ! Les mythes sont "énergisants", mais où sont nos mythes ? Où peuvent-ils être dans une société qui se veut scientifique, pragmatique, technique, etc. Même le "mythe" d'Humanité, d'une "essence humaine", est mis à mal - comme le montre Jean-Claude Guillebaud - par notre vision comptable, informatique, biotechnologique, etc.
Alors, bien sûr, dans un tel contexte, mobiliser les gens sur la vente de fours à micro-ondes ou de crédits à la consommation, ce n'est pas évident! Mon ami Jean Staune vient de publier un livre: "Science et quête de sens". Ce que je remarque, c'est la substitution de l'expression "quête de sens" au mot "spirituality" de la version anglaise. Plus "politiquement" correct ? A chacun d'interprêter...
 :
Voilà ce que dit Jean Staune sur son site.
Le créationnisme (développé par les fondamentalistes chrétiens, musulmans ou juifs) et l'obscurantisme scientifique (diffusé par les courants rationalistes et néo-scientistes) ont en commun de refuser certains faits objectifs pour des raisons idéologiques. Les résultats génétiques, de la paléontologie et de la géologie pour les créationnistes, l'existence d'un nouveau paradigme scientifique pour les obscurantistes.
En dehors de toutes raisons d'ordre idéologique, ces deux tendances doivent donc être combattues car tous rejets de faits objectifs porte en lui le risque d'une dérive sectaire ou totalitaire.
Si vous voulez en savoir plus sur les "obscurantistes" édifiant! Exercice de dénonciation
Ca flingue! Amalgames et allusions, Procédés bien reconnaissables. Que les hommes ont la mémoire courte.
Est-ce que cela à a voir avec l'intelligence collective? Oui en terme de paradigmes qui en portent le concept et les tentatives y afférentes et donc de positions épistémologiques. J'ai cru un moment que la liste était le lieu pour explorer ces questions ayant aussi cité Guillebaud pour noter un des enjeux qui avait fait l'objet de mon premier papier sur l'intelligence collective, le déni d'humanité.
Restent des enjeux vitaux, comme le traitement de la menace écologique, qui mériterait pour moi un véritable engagement... Mais notre appréhension en est encore intellectuelle, nous ne sommes pas encore touchés dans notre chair et nos habitudes et comme, à la différence des amérindiens, nous n'avons pas de mythes relatifs à la Terre...
Cela dit, j'aime beaucoup notre "société plurielle, diverse, tolérante et sceptique, relativiste et individualiste, souple et innovante" et je pense que ce qu'il faut développer ce sont des "règles de vie", des règles de communication. Il y en a une que j'ai découverte récemment et qu'à l'usage je trouve très féconde : "Ne pas discuter pour avoir raison". La vision partagée, c'est peut-être la vision de vivre ensemble avec des visions non partagées mais qui s'acceptent dans le respect et l'intérêt de la différence...
Petite réponse à de grandes questions, je l'avoue.
 :
En y réfléchissant cette semaine, j'ai eu le sentiment que ce qui nous manque dans cette partie est surtout la façon de construire une vision commune (en plus des quelques définitions sur le sens, la valeur et la relation autorité/pouvoir dont à parlé Roger).
J'ai regardé un peu dans nos différents mails et j'ai le sentiment que nous avons pour l'instant 3 façons de construire une vision commune :
  • En parler ensemble pour définir en commun une vision (et non pas simplement présenter une vision définit par ailleurs pour qu'elle soit comprise)
  • Fabriquer des documents de synthèses qui reprennent les différents points de vue, les croisent et les ressoumettre au groupe (ce que nous avons fait dans ce groupe sur 2 synthèses)
  • Vivre des choses en commun : cela a à voir avec la plasticité du cerveau dont nous ont parlé François Ansermet et Pierre Magistretti
et avec les niveaux de maturité que nous avons un peu abordé sur cette liste sans en faire encore une synthèse.
Il semble que la construction d'une vision commune et d'une culture partagée doive suivre un certain nombre d'étapes (que nous ne détaillerons pas ici pour ne pas nous entrainer trop loin mais qui pourraient faire l'objet de la prochaine synthèse)

Les motivations qui facilitent l'intelligence collective

 :
Ayant longuement travaillé ces questions de motivations humaines, j'en ai conclu notamment:
Pour simplifier il y a quatre types de motivations structurantes
Les motivations que j'appelle "négatives" elles sont dues à un mal être à une menace, une peur et le "mouvement" est une tentative de s'y soustraire, s'en sortir, être ailleurs (ou un autre).
Elles sont souvent sollicitées parce que c'est facile, efficace et que cela correspond à des théories sur l'homme qui le réduisent à cela.
Elles ont deux inconvénients
  • la motivation diminue avec l'éloignement du mal ou de l'adversité si bien qu'il faut sans cesse l'entretenir. Regardez autour de nous comment ce moteur est activé partout y compris sur cette liste.
  • ces "sollicitations" ont tendance à faire régresser les hommes vers les zones les plus archaïques de la personnalité où règnent confusions, haines, angoisses, passions destructrices etc. Cela les rend manipulables (cqfd) tant pour la fuite(défensive) que pour la violence (chaude ou froide) cela entretien et aggrave les tendances psychotiques, paranoïaques et schyzophréniques.
A l'opposé les motivations "positives" (expression simplifiée). Elles correspondent à des aspirations à un progrès à un devenir prometteur et entrainent à avancer, à dépasser l'état actuel non pas pour en sortir mais pour aller plus loin. C'est aussi la logique de projet partagé. On peut assimiler ces aspirations à des valeurs, humaines. Qui ne s'exprime pas par un "ne pas" mais par un devenir un but humainement prometteur (base des humanismes que j'appellerai civilisationnels par oppositions aux humanismes défensifs).
Ces motivations ont deux avantages
  • elles s'accroissent en avançant (cercles vertueux)
  • elles entrainent à un progrès personnel, à endosser des exigences de progression (intelligence collective par exemple)
Il est vrai que ceux qui sont pris dans les filets des archaïsmes du premier type n'y voient qu'angélisme et ne voient pas que ça fonctionne comme ça partout (même imparfaitement).
Par ailleurs il y a les motivations normatives qui s'appuient sur un désir d'assurance par l'identification à une norme (de pensée de croyance, de comportement, d'usages) ressembler pour être. Renoncer à son originalité à sa responsabilité propre pour être couvert par la norme, les conventions, légitimées par une forme ou structure impersonnelle par exemple un modèle causal, une règle, une "loi de la nature".
Inconvénients? l'absence de créativité , d'originalité, de personnalité, d'authenticité donc aussi le déni d'autorité, d'altérité au profit de l'édification d'un matelas de raisons, de structures, de formules, d'idées même, porteuses et donc rassurantes.
La tendance à réduire le monde au mental, à croire que la carte est le territoire et à diaboliser le reste de l'expérience et des réalités humaines par crainte d'être personnellement touché, interpellé (voir étymologie de hypo-crisie et aussi la problématique névrotique ou la "normose")
Enfin à l'opposé les motivations "personelles" c'est à dire d'expression et de réalisation de soi (et d'un nous pour le collectif). Révélation ou réalisation d'une "originelité" au travers de la créativité, l'engagement, l'action, l'entreprendre, la re-connaissance de l'autre, symétrique de la reconnaissance de l'être (cf Paul Ricoeur notamment "soi comme un autre").
Avantages initiative et créativité, autorité et responsabilité.
Laissons la confusion autorité= pouvoir soit aux motivations négatives, soit aux motivations normatives. Alors que dire de la conjugaison des deux qui sévit.
la conjugaison motivations personnelles (culturelles pour le groupe)- motivations positives présente bien des avantages qui justifieraient d'y inscrire des stratégies et pratiques d'intelligence collectives.
Voilà un exercice de discernement des Sens. La neutralité n'est pas de mise.

Auto-organisation

Echange avec Dominique Cardon à la suite de l'Université de Printemps de la Fing :
Outre les modes coordonnés ( Faire converger les intérêts individuels et collectif en modifiant l'environnement) et ceux faisant appel à "l'intelligence de l'autre" pour renforcer les liens bilatéraux ( L'intelligence de l'autre : quand les membres du groupe se coordonnent eux-mêmes). Il me semble y manquer le mode intermédiaire sur lequel tu travailles :
  • Une auto-organisation coordonnée par les règles elles mêmes (qui tout comme le coordinateur dans le premier mode, cherchent à faire converger l'intérêt individuel et l'intérêt collectif). Mais les règles peuvent acceptées par le groupe peuvent être plus cohercitives que le coordinateur dont la légitimité peut toujours être remis en doute.
Peut être y a-t-il quelque chose d'intéressant dans le mélange (avec différents niveaux suivant les groupes) de ces trois modes de coordination ?