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Ce groupe a terminé ses travaux - Il s'agit d'un site d'archive
retrouvez les synthèses des différents aspects qui favorisent l'Intelligence Collective
et le questionnaire "comprendre par vous même ce qui se passe dans un groupe"
Synthese Des Concepts Coordination I Cv1
- Synthèse des concepts issus de la discusion sur la coordination des groupes
- Ancienne version du 3/3/2005
- Points abordés
- 1) La multiplication des interactions entre les personnes rend le monde plus complexe
- 2) Coopérer avec d'autres personnes
- 3) Comment se coordonner sans concertation et sans coordinateur ?
- 4) A-t-on encore besoin d'un chef ?
- 5) Tableau de répartition des responsabilités de coordination en fonction du niveau de maturité du groupe
- 6) Comment aller plus loin ?
- 7) Annexe : lexique des mots clés introduits
Synthèse des concepts issus de la discusion sur la coordination des groupes
Ancienne version du 3/3/2005
retour à la page sur la coordination des groupes - Synthese des Concepts Coordination (version actuelle)Document préparé par le groupe Intelligence Collective de la Fing à partir des contributions de Isabelle Gonon I C, Arnaud Lafont I C, Janique Laudouar I C, GodefroyBeauvalletIC, JeanMichelCornuIC, BrunoDecroocqIC, Yann Le Guennec I C, Daniel Memmi I C, Roger Nifle I C, JoëlQuinquetonIC, Jean Michel Penalva I C, Michel Paillet I C, Bernard Prieur Smester I C, SebastienSauteurIC.
Ce document a été réalisé en croisant les différents échanges du groupe Intelligence Collective sur les aspects de coordination. Si la préparation a repris en partie la chronologie des échanges, il s'est agit ici de croiser les différents concepts abordés pour en faire ressortir des liens et des relations nouvelles. Cette nouvelle formulation ne reflète donc pas forcément l'avis du groupe mais doit plutôt permettre de structurer les concepts pour servir de base à la discussion. Une fois ce document stable il servira de base pour rédiger une synthèse qui pourra ensuite être diffusée.
Note : certaines références ont été ajoutées en italique avec en particulier les noms utilisés (sous forme soulignée) pour faciliter nos échanges en utilisant un vocabulaire commun
Points abordés
- La multiplication des interactions entre les personnes rend le monde plus complexe
- Coopérer avec d'autres personnes (de façon imposée, facilitée par l'environnement ou par le "savoir être" des personnes)
- Comment se coordonner sans concertation et sans coordinateur ?
- A-t-on encore besoin d'un chef ?
- Tableau de répartition des responsabilités de coordination en fonction du niveau de maturité du groupe
- Comment aller plus loin ?
- Annexe : lexique des mots clés introduits
1) La multiplication des interactions entre les personnes rend le monde plus complexe
- Le monde est complexe : il n'est plus possible d'englober la totalité d'un groupe ou d'un domaine à traiter (comme le pensaient les encyclopédistes).
- Il faut entendre par "complexe" non pas "compliqué" mais un système composé d'éléments qui interagissent entre eux
- les sciences de la complexité étudient le fonctionnement de tels systèmes qui ne peuvent plus être décrits comme la somme des actions individuelles mais présentent des propriétés émergentes nouvelles
- Nous devenons plus interdépendant et donc nous dépendons des autres.
- Il faut entendre par "complexe" non pas "compliqué" mais un système composé d'éléments qui interagissent entre eux
2) Coopérer avec d'autres personnes
- chacun cherche à exister à travers le groupe, à se faire un nom (même si cela est ... un non dit). Cela pousse vers deux réactions différentes :
- la tentation du pouvoir : La peur d'être dilué dans le groupe mène à une vision totalisante du groupe
- mais même avec des bons sentiments (le dictateur bienveillant) beaucoup de tâches ne peuvent plus avoir une approche totalitaire si on veut prendre en compte la complexité et bénéficier de l'intelligence Collective
- une implication moindre (ne pas participer au groupe ou bien le faire avec le minimum d'implication)
- Nous cacher derrière une approche technologique et des outils est un des moyens que nous utilisons pour ne pas avoir à nous impliquer
- la tentation du pouvoir : La peur d'être dilué dans le groupe mène à une vision totalisante du groupe
- Trois approches permettent de retrouver sa place dans le groupe :
- De façon imposée aux membres du groupe (de cette façon on peut mobiliser les personnes mais pas leur permettre de s'impliquer)
- Cette approche centralisée ne permet pas de développer la complexité et l'intelligence Collective
- Agir sur les membres en affectant leur environnement plutôt que directement (la Stigmergie)
- La transmission explicite du message est remplacée par une modification de l'environnement.
- Cette approche permet une coordination entre les membres même sans
concertation. Elle est moins contraingnante qu'une demande imposée car
même si chacun est "incité" à aller dans un sens, il est toujours
possible de faire autrement
- On peut transformer l'environnement pour que l'intérêt individuel converge avec l'intérêt collectif, pour que la non participation de quelques uns n'entraine pas l'échec de tout le groupe et pour inciter à l'implication
- Par exemple, si un groupe ne partage pas un monde commun (locaux, horaires, culture, rites...), toute communication est impossible (ce monde commun est à repenser dans un environnement en ligne)
- Une transition des membres du groupe de la quête du pouvoir vers une implication qui prenne l'autre en compte. (il manque un nom plus précis pour cette forme "d'intelligence de l'autre")
- Les membres changent leur vision et ne recherchent plus leur intérêt immédiat mais plutôt leur intérêt à travers leurs intéractions avec les autres et la réussite du groupe (stratégie à moyen terme plutôt qu'à court terme)
- Il ne s'agit pas simplement d'un savoir faire mais d'un savoir être. Cela passe pour chacun par trouver son nom pour se voir et être vu dans le groupe.
- Développer cette approche nécessite donc à la fois une formation des personnes (sur la façon de trouver son nom et sur les stratégies à long terme gagnantes) et un changement de point de vue (pas le seul point de vue personnel mais la "vision" des différents intérêts).
- La difficulté de créer et collaborer avec l'autre est le nouveau frein majeur de notre société de la connaissance et de la complexité.
- De façon imposée aux membres du groupe (de cette façon on peut mobiliser les personnes mais pas leur permettre de s'impliquer)
- L'approche par la "transformation des personnes" (3) fait appel à l'intelligence individuelle, alors que pour la stigmergie (2) elle n'est pas indispensable (intelligence en essaim). Le niveau le plus élevé d'intelligence collective (y compris dans sa propre capacité à se modifier elle-même), est cependant atteint quand non seulement les actions mais également la coordination elle-même est le plus distribuée et collective possible.
3) Comment se coordonner sans concertation et sans coordinateur ?
- Même lorsque les membres du groupe sont capables de prendre l'autre en compte, il n'est pas toujours possible de se concerter pour trouver la solution la meilleure, ou bien l'échange entre les personnes est imparfait.
- Dans une interaction sans concertation avec l'autre, chacun définit une stratégie pour maximiser son intérêt personnel (La théorie des jeux étudie cela dans le "jeu de coordination")
- Si chacun définit sa stratégie "au cas où" l'autre ne joue pas le jeu, on arrive à une solution qui n'est pas optimale (équilibre de Nash)
- La solution optimale est atteinte quand le gain de l'un ne peut augmenter sans diminuer celui de l'autre (optimum de Pareto)
- Mais il s'agit d'une vision globale qui ne peut être appréhendée par l'individu
- Pour l'atteindre il est nécessaire de "rejouer" en conservant la mémoire des coups et en utilisant des stratégies
- La stratégie optimale est celle où on coopère la première fois puis on applique à chaque fois la stratégie utilisée par le partenaire la fois précédente (stratégie donnant donnant)
- La mémoire des meilleures solutions permet de faire converger les comportements vers l'optimum (apprentissage par renforcement)
- Pour atteindre une solution correcte avec un groupe (pas forcément la meilleure solution mais une solution s'en approchant) :
- Il faut un grand nombre de choix individuels (Nombre d'acteurs et nombre d'itérations). La solution est atteinte lorsque chaque acteur n'a plus qu'un seul choix.
- Il faut que le choix des acteurs ne soit forcé pour augmenter le coté aléatoire des réponses. Sinon, le système converge plus rapidement mais s'éloigne de la bonne solution
- les ant algorithms, proches des algorithmes génétiques permettent d'aboutir à une solution en évitant d'avoir à explorer toutes les possibilités
- cette approche est adaptée aux problèmes statiques (réalisation d'emploi du temps d'établissements scolaires, problème du voyageur de commerce...) mais elle est également particulièrement efficace pour les problèmes dynamiques (les conditions changent en cours de jeu)
4) A-t-on encore besoin d'un chef ?
- La question est plutôt de savoir comment les différentes tâches de
coordination peuvent être assurées. Cela dépend du niveau de maturité
du groupe.
- Les solutions peuvent etre variées : il y a une seule reine dans les ruches ou les fourmilières et elle n'assure que certaines tâches. Il n'y a pas de chef de meute chez les Lycaons ("chien-hyène")...
- Cela dépend également de la structure même du collectif (même si beaucoup de collectifs ont plusieurs facettes) :
- initié autour d'un projet pour produire un résultat (groupe de travail)
- initié pour rassembler un ensemble de personnes et créer des liens entre eux (communauté)
- émergeant à partir des inter-relations entre des personnes (réseau)
- Proposition d'évolution de la coordination d'un groupe en fonction de sa maturité :
- Action centralisée pour faire une première proposition avant que le groupe n'existe (Il faut déjà un projet pour donner aux personnes envie de participer) (actions directes du dictateur bienveillant)
- Action ensuite plus souple du coordinateur pour mettre en place l'environnement qui favorise l'intelligence Collective (stigmergie par le "dictateur bienveillant")
- Passage progressif de rôles de coordination aux membres fur et à mesure que l'environnement entre eux favorise la coordination décentralisée (stigmergie par les membres) et qu'ils s'approprient un savoir faire et un savoir-être qui développe l'intelligence Collective (Intellligence de l'autre)
5) Tableau de répartition des responsabilités de coordination en fonction du niveau de maturité du groupe
- Le tableau ci-dessous liste un certain nombre de responsabilités et propose une approche pour les traiter en fonction de l'étape de maturité à laquelle est arrivée le groupe (ou dans certains cas le niveau de maturité des participants ce qui n'est pas la même chose...)
- Les tâches de coordination peuvent être :
- Assurées par un coordinateur (ou une équipe de coordination)
- Décomposées entre deux rôles : celui qui gère les contraintes (par exemple les attentes de commanditaires) et celui qui gère les opportunités (permettre au groupe d'être créatif et innovant)
- Discutées par le groupe lors de réunions synchrones, chacun s'appropriant "à la volée", "à tour de rôle" des rôles et des responsabilités tout en en obtenant la légitimité (pouvoir sans craindre de blesser, rappeler à l'ordre ceux qui perdraient de vue le cap)
| Responsabilités à assumer | Assumées par une personne ayant un rôle de coordination Intelligence individuelle |
Facilitées par le coordinateur Coordination par l'environnement |
Assumées par les participants Intelligence Collective |
| Définition des objectifs | |||
| Définir les objectifs | avant l'existence du groupe | garantir que cela est fait | dès que possible |
| Etre la mémoire des objectifs | oui | ||
| découper les tâches pour que la non coopération ou l'échec de certains n'entraîne pas l'échec du groupe | oui | Lorsque c'est possible | |
| Actions collectives | |||
| Assurer une unité d'action (de sens, de contexte, de projet) |
Si nécessaire | si possible | si possible |
| Réaliser les différentes tâches opérationnelles | Uniquement les tâches critiques restantes (où il n'y a pas le droit à l'erreur) | autres tâches non critiques (ne pas enfermer les personnes dans des tâches et ne pas conditionner une tâche à une personne) | |
| Identifier les tâches restant à faire | au début | Dès que possible | |
| Résultat des actions collectives | |||
| Vérifier que les choix faits par le groupe répondent bien aux besoins | Quand il n'y a personne d'autre | Garantir que cela est fait | dès que possible |
| Réalisation des synthèses (Rapporteur) | Quand il n'y a personne d'autre | Garantir que cela est fait | de préférence |
| Montrer les réalisations du groupe au groupe et à l'extérieur (faciliter "la conscience du groupe par lui-même") | au début | garantir que cela est fait | dès que possible |
| Vie du groupe | |||
| Faire converger l'intérêt individuel et collectif | oui | Lorsque les participants sont matures | |
| Faciliter l'implication des membres | le coordinateur est lui aussi un mécanisme "d'échange d'estime" | oui | dès que possible |
| Définir qui assume le rôle de coordinateur | au début : l'initiateur du projet | faciliter la succession | Lorsque le groupe est mâture certains rôles de coordination ne sont plus conditionnés à une personne mais appropriés par les participants et même parfois assumés collectivement. |
6) Comment aller plus loin ?
- Définir des moyens d'identifier les moments où il est possible
de transférer certaines responsabilités du coordinateur aux participants (définir des étapes de maturité d'un groupe, voir en particulier la discussion sur les aspects de temps)
- En fait il s'agit d'une responsabilité de coordination supplémentaire : qui identifie la maturité du groupe et en déduit ce qui doit être fait par le coordinateur ou par les participants ? le coordinateur lui-même ou peut-on mettre en place des outils pour aider le groupe à le faire collectivement ?
- Illustrer par des exemples concrets avec une analyse des causes probables des succès comme des echecs
- Peut-on appliquer ce que nous trouvons à notre groupe lui-même ? Pouvons nous nous passer de le faire ? Notre groupe est-il matûre pour le faire maintenant sans rique ?
- Peut-on se saisir de l'intellligence collective par un discours ?
- Il semble que ce que nous cherchons n'est pas simplement de réussir à faire émerger de l'intelligence collective mais d'en comprendre suffisamment certaines règles pour faire en sorte d'être capable de rendre son émergence la plus reproductible possible (ce qui ne veut pas dire comprendre totalement l'intelligence Collective).
- Peut-on utiliser la diversité des formes de discours au sein du groupe pour en extraire quelques règles pour faciliter l'intelligence collective ?
- Cela passe évidemment aussi par la mise en pratique de ce que nous proposons...
7) Annexe : lexique des mots clés introduits
La terminologie proposée, empruntée à divers domaines, doit permettre de définir des concepts communs et aider à les partager.(Les nombres entre parenthèse font référence à la partie dans laquelle ils ont été introduits)
- Ant algorithms (3)
- Apprentissage par renforcement (3)
- Communauté (4)
- Dictateur bienveillant (2)
- Equilibre de Nash (3)
- Groupe de travail (4)
- Intelligence de l'autre (2)
- Intelligence en essaim (2)
- Optimum de Pareto (3)
- Propriétés émergentes (1)
- Réseau (4)
- Sciences de la complexité (1)
- Stigmergie (2)
- Stratégie donnant-donnant (3)
- Théorie des jeux (3)
- Jeux de coordination (3)