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et le questionnaire "comprendre par vous même ce qui se passe dans un groupe"
Aller au-delà de la gestion centralisée d'un groupe
Mots clés : complexité
Le monde est complexe
L’effet global n’est pas la somme des actions individuelles
Dans notre monde, les hommes échangent entre eux, les groupes interagissent entre eux, nous disons qu’il est « complexe ». Ce terme fait peur car il est souvent confondu avec « compliqué » qui signifie « difficile à comprendre ». En fait dans la complexité, chaque action élémentaire est souvent simple et le résultat global obtenu peut également être simple. Ce qui est difficile à appréhender est l’effet obtenu par la somme des actes individuels. Des nouvelles propriétés émergent des interactions entre les parties. La difficulté réside dans le passage du personnel au collectif et du collectif au personnel.La fin de la connaissance totale
Lorsque l’on parle d’un groupe constitué de personnes, le fait qu’elles interagissent entre elles rend l’ensemble complexe. Nous devenons de plus en plus interdépendants : nous utilisons de plus en plus de moyens d’échanges parfois très sophistiqués, mais surtout, nous dépendons des autres. Le monde, ou à une échelle plus réduite un groupe, n’est pas une simple collection d’être humains. Le fait que ceux-ci échangent entre eux fait émerger cette complexité. Il n'est plus possible alors d'englober la totalité d'un groupe ou d'un domaine à traiter de la même façon que nous le faisions auparavant. Le rêve des encyclopédistes d’appréhender seul l’ensemble des savoirs simplement en les rassemblant dans le même ouvrage s’est envolé.Ce que l’on comprend de la complexité
Les sciences de la complexité étudient le fonctionnement de tels systèmes qui ne peuvent plus être décrits comme la somme des actions individuelles. Elles présentent plusieurs particularités :- On ne peut pas imposer ce qui émerge d'un ensemble complexe, on ne peut que le favoriser. Comme le dit Edgar Morin : "Je doute de l'intelligence Collective ... qui s'autoproclame collective"
- Certains résultats sont contre intuitifs car notre société a plus l'habitude d'étudier un système à partir de ses éléments individuels en oubliant que certains phénomènes "émergeants" ne peuvent être pris en compte qu'à un niveau macroscopique.
- Par ailleurs les règles de la complexité s’appliquent indépendamment de la nature des éléments qui constituent le système. Ainsi, on retrouvera certaines règles identiques en biologie, physique, astronomie… ou en intelligence collective.
La gestion centralisée imposée aux membres d'un groupe
La façon la plus habituelle dans notre société de gérer un groupe, est de disposer d’un « chef » qui concentre entre ses mains un certain nombre de pouvoirs et de responsabilités. Il impose alors à chaque membre des actions à faire et des résultats à obtenir.Les limites de cette approche
Cette approche centralisée a des limites. Elle permet de traiter un travail qui est décomposable en tâches relativement autonomes, mais dès que les tâches sont interdépendantes la complexité apparaît. L’intelligence du groupe est alors réduite à l’intelligence du chef. Nous pouvons parler d’action collective constituée d’une collection de tâches mais pas d’intelligence collective. Une seule personne ne peut alors plus appréhender l’ensemble de ce qui se passe.Dans ce type de groupe, il est possible de mobiliser les personnes - c’est à dire de leur demander d’exécuter une ou plusieurs tâches élémentaires - mais on ne peut leur imposer de s’impliquer. Pour cela, il faudrait que les acteurs se sentent concernés par l’ensemble du projet. La gestion imposée de façon centralisée est mal adaptée à la complexité et à l’implication des personnes qui considèrent que tout ce qui ne leur est pas demandé est « le problème » du chef ou des autres.
Vers une approche à la fois individuelle et collective
Notre société a d’abord été globalisante, la personne y était négligée au profit du groupe. Nous sommes maintenant passé à la vision opposée d’une société individualiste. Cette fois c’est le sentiment collectif qui y est négligé, même s'il sert souvent d'alibi pour obtenir plus d'un individu. L’enjeu consiste à articuler à la fois l’individu et le groupe dans une approche complexe. Cela nécessite plusieurs choses :Au niveau individuel, il faut soit :
- garantir des interrelations entre les personnes pour dépasser la collection d'individus et arriver à une communauté, c’est à dire un système complexe. Cette approche est en contradiction avec le mode de gestion centralisé qui a pour but de « garder le contrôle » pour garantir un résultat. Ces interrelations incluent le non verbal et sont facilitées par des échanges nombreux et réactifs (si une communauté échange uniquement en ligne et de façon asynchrone par mail, elle devra faire l'objet d'attentions particulières et compenser en profitant au mieux des possibilités du net : partage et conservations des informations et écrites...) (Partie 2).
- ou bien, dans certains cas pour aller plus loin, chaque membre du groupe gagne en autonomie mais aussi en responsabilité et acquiert une compréhension de l'autre (Partie 3).
- partager une culture commune et faire en sorte que l’action globale du groupe aille dans un sens défini et voulu. Nous avons vu cependant dans la partie "le monde est complexe", qu’il n’était pas facile de comprendre comment des règles applicables individuellement permettent d’obtenir des résultats collectifs (Partie 4).
- Faire en sorte que la non-implication ou la non-coopération de certains ne mettent pas en péril le groupe ou le projet du groupe (Partie 5).