Un groupe de travail de la Fondation Internet Nouvelle Génération

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Ce groupe a terminé ses travaux - Il s'agit d'un site d'archive

retrouvez les synthèses des différents aspects qui favorisent l'Intelligence Collective

et le questionnaire "comprendre par vous même ce qui se passe dans un groupe"

Preparation Synthese Coordination

Sommaire

Preparation de la synthèse sur la coordination

Quelques copier-coller de mails pour aider à la préparation de la synthèse

retour à la page sur la
  1. Elements de discussion
  2. Commentaires sur la synthèse des concepts
  3. Commentaires sur la synthèse (nouveau)

1) Elements de discussion

Ne plus gérer de façon centralisée

Dans un monde complexe, on ne peut plus englober la totalité. Nous devenons interdépendants
  • : "la notion d'abandon de la totalisation, à mettre en parallèle avec le concept de Pierre Lévy sur l'universel sans totalité, mais ramené cette fois à chaque individu." "la complexité croissante à faire des choses mais aussi à les réfléchir nous livre aux autres. Et c'est tant mieux..."
  • : "Cette nécessité, cette nouvelle interdépendance [...] C'est que de nous faire "cerner" par les autres n'interroge pas moins la question centrale du pouvoir, de l'amour, quelque part entre jouissance et frustration."
    • "la toile offre un formidable nouveau métier à tisser, à métisser...lire la part négative du jeu de mot comme les limites encore à interroger..."
  •  : "Si l’individu ne peut plus être totalitaire, la transition de la quête du pouvoir en tant qu’elle donne une reconnaissance factice, celle du masque, vers celle de l’engagement qui ancre le nom de chacun en son être propre, sera loin d’être aisée, car nous sommes tous tentés par le pouvoir"
La tentation de la technologie pour se desimpliquer
  • : "la tendance systématique à revenir à une conception technologisante des solutions, qui n’exige rien de l’homme, est caractéristique de la difficulté de l’oiseau à quitter son nid (l’image correspond à peu près à la maturité actuelle de l’humanité selon diverses approche de la dynamique des civilisations)
  •  : "chez les lycaons le "modèle social" ne repose pas sur la sacro-sainte pyramide avec en son sommet le chef, et/ou le père, et/ou le dieu et/ou désormais Le Logiciel…"

La coordination par les personnes

l'individu cherche à se faire un nom dans le collectif ... même si c'est un non dit
  • : "la question du propre du nom ou du nom propre me paraît également centrale dans nos recherches....L'untel-ligence.....la part du nom dit, du non dit... Sa clôture.... La dialectique entre intelligence individuelle et collective..."
  •  : "Il semble aujourd'hui difficile de dissocier l'artiste de son nom, mais je crois que cette dissocation est une piste productive et douloureuse"
  •  : "A propos du côté déstabilisant du wiki : il arrive effectivement que les membres aient un peu de mal à voir leur contribution modifiée ou "diluée" dans une production collective. C'est que chacun veut être "auteur" et voudrait bien signer sa partie. Mais bien vite les étudiants comprennent que si chaque membre ne fait qu'une partie du travail global, il ne mobilise qu'une partie de ses connaissances et toutes mises bout à bout ne font pas plus que le travail que fournirait un seul et qui serait en outre bien plus cohérent."
  •  : "Je crois que l’individu cherche probablement effectivement son ‘nom’ au sens profond de ce terme (très usité en psychanalyse et en théologie)" ... "Il est ramené à sa juste place par l’omniprésence de l’autre et du dire de l’autre. Du coup, il est contraint de se positionner en son nom propre, au cœur de son être propre. Cela me paraît un point fondamental du changement de paradigme majeur que nous vivons."
Cette capacité à s'insérer dans un groupe est le nouveau frein structurel de notre société
  • : "à chaque révolution technologique paradigmatique, l’activité des hommes se concentre sur les freins intrinsèques au mode de production [...] la révolution que nous vivons actuellement, qui prend son origine dans la mécanique quantique, est une automatisation du travail intellectuel répétitif [...] quel est le nouveau frein structurel de la nouvelle économie qui émerge ? C’est la capacité de l’homme à créer et à collaborer dans un groupe, en apportant du nouveau pertinent.
  •  : "Quel est l’enjeu pour chacun ? Trouver en lui-même cette capacité à créer et à collaborer, à reconnaître le lien qui s’établit avec l’autre à l’intérieur de lui et sa nécessité, l’allégeance à untel, l’untel ligence. Il s’agit avant tout d’un savoir être. Or, l’ensemble des disciplines qui permette d’aider à travailler ce savoir être conduise chaque être à trouver son ‘nom’, sa spécificité humaine propre, ce qui va de pair avec la reconnaissance de l’autre comme sujet. C’est pourquoi l’amour est essentiel et je le crois, va faire parti des re-découvertes, car il est en filigrane de toute action collective, même s’il est non dit.
La transition
  •  : " je crois que le passage à l’intelligence collective au sens large ne peut se faire que dans une approche globale, d’essence politique." ... "La transition, dans ce processus très lent, sera beaucoup plus délicate que la précédente car il ne s’agit plus d’une question de compétence, mais d’être."

La coordination par les personnes sans concertation

Agir sans savoir à l'avance ce que l'autre va faire : le jeu de coordination et les stratégies individuelles
  •  : "La théorie des jeux, bien qu’issue de la théorie économique, est de plus en plus utilisée dans l’étude des systèmes multi-agents car elle constitue un bon moyen de représenter des interactions sans règles absolues entre agents ayant un objectif à maximiser".
    • Le jeu d'accord social est un jeu où "au moins une des possibilités du jeu offre un gain"
    • "ce n’est pas le cas du dilemme du prisonnier (au moins un participant est toujours pénalisé)"
  •  : "Le jeu de coordination, quant à lui, consiste pour les participants à faire la même chose, sans savoir à l’avance ce que l’autre va faire." "Chacun maximise son intérêt individuellement, sans concertation avec les autres."
  • Deux cas de figure :
    •  : "Lorsque les deux prisonniers avouent, il se forme un « équilibre de Nash », c’est-à-dire une issue d’un jeu non coopératif dans lequel aucun joueur n’a intérêt à modifier sa stratégie, compte tenu des stratégies des autres joueurs." "Le raisonnement rationnel de minimisation du risque (règle bayésienne de la théorie de la décision) conduit chaque prisonnier à avouer, alors que leur intérêt « global » serait qu’aucun des deux n’avoue."
    •  : "L’ « optimum de Pareto » est atteint lorsque les deux prisonniers n’avouent pas : le gain d’un agent ne peut être augmenté sans diminuer celui d’un autre. Il s’agit d’une vision globale, non appréhendable par l’individu (ce qui constitue le problème central du jeu, puisque l’idéal serait d’atteindre cet optimum, ce qui n’est pas possible sans communication)." "Pour l’atteindre, il est nécessaire de « rejouer », en conservant la mémoire des coups et en utilisant des stratégies."
      • "La stratégie « donnant-donnant »"", c’est-à-dire de coopération au premier tour (je n’avoue pas), puis de stratégie précédente de l’adversaire, est celle qui aboutit au maximum de gains (ou au minimum de pénalités)."
représenter un système qui s'autorganise par un jeu de coordination
  •  : "certaines situations (réalisation d’emploi du temps d’établissements scolaires, rotation d’équipages pour une compagnie aérienne, etc.), qui nécessitent des approches heuristiques, peuvent être représentées comme des jeux d’accord social dans lesquels une solution est une situation où chaque joueur n’a plus qu’un seul choix. "
reconstruire les léments pour une communication et une appartenance dans le nouveau paradigme
  •  : "si un groupe ne partage pas un certain "monde d'appartenance" commun, toute communication est impossible. Aussi alors que ce sont les situations socio-professionnelles et matérielles (locaux horaires.. culture, rituels etc.) qui y pourvoient habituellement c'est entièrement à repenser et reconstruire dans l'espace virtuel."

les mécanismes d'auto-organisation : agir en affectant l'environnement

La stigmergie : agir sur les autres en affectant leur environnement
  • "La Stigmergie est un phénomène social dans lequel les agents agissent l'un sur l'autre en affectant leur environnement au lieu de communiquer directement les uns avec les autres" terme porposé par le biologiste français Pierre-Paul Grasse (définition issue du site Community Wiki)
  •  : "Un certain nombre d’espèces produisent des substances chimiques qui leur permettent d’avoir des interactions entre individus, sans qu’il y ait pour autant transmission explicite d’un message" "Ces substances sont spécifiques d’une espèce"... "Les échanges d’information passent par une modification de l’environnement"
  •  : "Chez les vertébrés, ces substances sont plus rares (ils sont plus évolués et, par conséquent, plus « intelligent ») : on les trouve dans des fonctions de marquage de territoire, de reconnaissance de l’espèce, notamment pour l’accouplement. Leur présence chez les primates fait actuellement débat chez les biologistes."
  •  : "l'environnement influence le fait que les intérêts individuels et l'intérêt collectif convergent [...] Les mécanismes de phérormones décrits par Joël Quinqueton s'applique également (différemment ;-) aux hommes par exemple sur la vision à long terme du groupe, sur les stratégies d'abondance..."
La stigmergie ne fait pas appel à l'intelligence individuelle
  •  : "L'idée d’intelligence en essaim (swarm intelligence) correspond au comportement « intelligent » d’une communauté dont chaque organisme ne serait pas individuellement qualifié d’intelligent"
Il est ainsi possible résoudre des problèmes complexes. On converge vers la solution grâce à un "apprentissage par renforcement"
  • Joël Quinqueton : les "ant algorithms, destinés à aboutir à une heuristique de résolution de problèmes" (depuis 1992 et les travaux de Marco Doringo)
  • Joël Quinqueton : "Dans le cas du problème du voyageur de commerce (trouver le plus court chemin), les algorithmes basés sur les fourmis vont permettre la mise en œuvre d’une heuristique aboutissant à une solution correcte (c’est-à-dire pas forcément le chemin le plus court, mais un chemin s’en rapprochant) en évitant d’avoir à explorer toutes les possibilités" - le "chemin sera ensuite marqué de manière inversement proportionnel à sa longueur : si le chemin est court, il y aura plus de phérormones que si le chemin est long" ... "Ce type de comportement est appelé « apprentissage par renforcement » : toutes les fourmis finissent, en définitive, par suivre le même chemin."
Les particularités des ant algorythmes utilisés en stigmergie
  •  : "Ce type d’heuristique de résolution de problème est comparable aux algorithmes génétiques, également d’inspiration biologique"
  •  : "Pour que l’heuristique fonctionne correctement, il est nécessaire d’augmenter le non-déterminisme du choix, c’est-à-dire son caractère probabiliste" ... "Si ce caractère probabiliste est restreint, l’algorithme converge plus rapidement, mais s’éloigne de la « bonne » solution." (en fait permettre pas forcément toujours le meilleur choix. on parlerait de "mutation" en darwinisme)
  •  : "Ces algorithmes sont particulièrement efficaces pour [les problèmes dynamiques], les fourmis s’adaptant automatiquement sans qu’il y ait nécessité de relancer le système." - Dans les problèmes dynamiques, "les données évoluent durant le processus, comme, par exemple, en télécommunications dans les changements de fréquence ou la localisation de GPS)".

La coordination par le coordinateur

A-t-on besoin d'un chef ?
  •  : "Grand débat pour savoir s'il faut un chef, modérateur ou autre dans un groupe où s'il faut parier sur une génération spontanée de cohérence. Réponse si on reconnaît que toute activité humaine réclame une sorte d'unité d'action et que celle-ci porte sur différents facteurs et par exemple : unité de Sens ou de direction, unité d'objet ou de contexte, unité de projet (qui dit unité ne dit pas uniformité mais je passe ici sur cet aspect). Alors par exemple une solution est par exemple que quelqu'un assume le rôle de pourvoir personnellement à l'unité de Sens ou de direction."
  •  : "Normalement dans un groupe coopérant de façon idéale, une partie suffisante des participants échangent et se synchronisent pour identifier les tâches restantes et les faire. Seuls les échanges décentralisés entre les participants peuvent gérer la complexité et faire émerger des solutions"
  •  : "Pour les amateurs de petite bêtes : combien y-a-t-il de reines dans la ruche ou la fourmilière? "1" Tiens! pourquoi?"
  •  : "… et combien y a-t-il de chef de meute attitré chez les Lycaons ? : "0" Tiens ! Pourquoi?. Et bien parce que chez les lycaons le "modèle social" ne repose pas sur la sacro-sainte pyramide avec en son sommet le chef, et/ou le père, et/ou le dieu et/ou désormais Le Logiciel…"
  •  : "le "coordinateur" n'a plus a agir directement sur les personnes (ce qui réduirait la complexité à sa seule intelligence individuelle), mais il me semble qu'il lui reste plusieurs tâches"
  •  : "Les rôles peuvent être le "veilleur", le "rapporteur", le "coordonnateur", le "technicien"... Lors d'un échange synchrone, spontanément un membre du groupe se montrera plus soucieux du respect des échéances et de l'ordre du jour, un autre posera les questions dérangeantes, un autre se chargera de la synthèse etc..." ... "Ceci nous conduit à la question du chef (leader). Dans des communautés comme les cv d'apprentissages, c'est plutôt un rôle de coordonnateur dont on se saisit comme des autres sans nécessairement le garder pour toute la durée du projet. En entreprise il faut certainement un chef de projet, encore que son rôle soit en train d'être modifié par le travail collaboratif justement."

Les différentes tâches de coordination

La question est de savoir comment les rôles de coordination peuvent être assurés
  • : "la question n'est pas faut-il avoir un chef ou autre mais comment la charge de l'unité de Sens du groupe (ou même de l'action individuelle) peut-elle être assurée?"
Une petite liste non exhaustive des tâches de coordination
  •  : "Une sorte d'unité d'action [...] unité de Sens ou de direction, unité d'objet ou de contexte, unité de projet"
  •  :
    1. Initier puis Coordonner le groupe lorsqu'il est encore dans son enfance jusqu'à ce que l'intelligence collective "démarre"
    2. Etre le gardien des objectifs (la direction) que ceux-ci aient été définis par le(s) coordinateur(s) lui(eux)-même(s) au début ou collectivement par la suite
    3. Veiller à ce que l'environnement "favorise" : la convergence des intérêts individuels vers un intérêt collectif, le fait que "ceux qui ne font pas ce que l'on attend d'eux" ne bloquent pas le groupe, l'implication par les mécanismes de confiance et d'estime dans le groupe ; les échanges pour aider une coordination interne distribuée
    4. Etre peut-être lui-même un mécanisme d'échange de l'estime (une phérormone :-) en mettant en valeur les actions individuelles réalisées
    5. Aider ensuite à donner une identité au groupe en le montrant à lui même (les synthèses d') et aux autres (des publications...). En bref être la "conscience" du groupe.
  •  : "consite à faire avancer les choses avec un certain nombre de gens pas tous au même niveau de désir ou de compétence"
  • : "si le document à produire doit partir d'une analyse des besoins pour proposer ensuite des solutions et les modalités de leur mise en oeuvre, un membre du groupe sera chargé de s'assurer que tout au long du document, les décisions prises répondent bien à tel besoin, tel que analysé dans la première partie."

L'alliance des différents modes de coordination

Les différents coordinateurs possibles
  • Mail de lancement : "Il y a trois discussions dans le groupe qui m'ont fait réfléchir sur la coordination :
    • Une remarque de peu après le café Fing avec comme quoi l'Intelligence Collective ne concerne pas que les groupes médiatés (je me suis principalement intéressé pour ma part à la coopération issue d'un coordinateur)
    • La présentation de lors de notre premire session de séminaire qui montre par la simulation d'agents intelligents comment la coordination peut intervenir chez les fourmis pour par exemple trouver le chemin le plus court sans nécessiter de coordination centralisée ni intelligence individuelle
    • La discussion sur la liste par , et où l'on voit l'impact de l'intelligence des participants qui "s'en mêlent et s'emmêlent" plutôt que le "fantasme totalisant" d'une coordination centralisée. Cette complexité croissante nous "livre aux autres". C'est aussi la question du rapport individuel collectif dont nous avons parlé auparavant.
Qui prend en charge chaque tâche de coordination ?
  • Mail de lancement : "quelques questions :
    • Y a-t-il une place privilégiée pour chaque mode de coordination ?
    • Peut-on les articuler entre eux (un coordinateur met en place l'environnement qui facilite l'addition des intelligences) ?
    • Peut-on comparer des systèmes utilisant un seul de ces modes de coordination ? peut-on les comparer avec une coordination multiple ?"
  •  : "J'avais essayé de situer la place du coordinateur par rapport aux contributeurs en particulier en indiquant que le coordinateur prenait en charge les tâches critiques et les contributeurs prenaient en charge les autres tâches (d'où l'intérêt de ne pas avoir trop de tâches critiques dans un projet coopératif)" ... "je vois qu'il y a aussi une part de coordination prise en charge par l'environnement et une autre par les participants eux-mêmes [...] (son rôle de "dictateur bienveillant" est alors délimité...)" ... "Du coup je me demande si on peut trouver une séparation facile à comprendre sur qui/quoi prend en charge tel aspect de la coordination (un peu sur l'exemple critique/non critique pour les tâches opérationnelles)"
  •  : "Est-il intéressant (ou souhaitable) de séparer certaines tâches du coordinateur (par exemple celui qui gère la contrainte de suivre les objectifs et celui qui développe les opportunités par l'accroissement de l'estime et de la confiance dans le groupe) ?"
  • : "Peut-être serait-il intéressant de réfléchir au passage du démarrage coordonné par un "dictateur bienveillant" au collectif, c'est probablement une des étapes les plus délicate (surtout si elle intervient trop tôt ou trop tard...)." (voir la discussion sur les )
  • : "coordinateur, coordination, quels sont les nouveaux outils dont nous disposons pour effectuer ces tâches aujourd"hui? Et avec ce groupe de travail même?"
  •  : "J'essaie un premier jet sur qui coordonne quoi (très embryonnaire) :
    • Le coordinateur met en place l'environnement qui favorise l'IC, est la mémoire des objectifs (il ne définit lui-même que les premiers buts)
    • L'environnement (les phérormones) favorise : la convergence des intérêts individuels et collectif, la résistance à la non copération et l'implication des participants
    • Les contributeurs individuels identifient les tâches manquantes qu'ils peuvent prendre en charge et participent à la définition des objectifs"
  • : "même si l'on recherche à rendre cohérent les différentes participations, lorsque chacun a rédigé sa partie il devient difficile de la lui faire modifier et de revenir dessus, ce n'est donc pas ainsi qu'il faut procéder en mode collaboratif : -> ce n'est pas le travail qui doit être partagé, mais les responsabilités" ... "Il ne faut pas figer les attributions ce qui enfermerait chaque membre dans des tâches préétablies et les amènerait à se désintéresser des autres. Il vaut mieux parler de rôles que chacun s'approprie "à la volée" "à tour de rôle", ceci plus facilement dans la mesure où les échanges ne sont pas uniquement asynchrones"
  •  : "Les décisions doivent être prises en commun lors de RV synchrones (sinon on s'éternise or un projet possède une durée): on y décide les grandes lignes et l'on se partage les responsabilités, chacun devenant responsable (garant) d'un aspect du travail" ... "Ayant été chargé par le groupe de cette responsabilité, il pourra sans crainte de blesser, rappeler à l'ordre ceux qui perdraient de vue le cap."
  • Prendre en compte le type de groupe
  • (dans le Colloque IC à Nimes) : Les groupes (initié pour un projet, pour produire un résultat), les communautés (initié pour créer des liens), les réseaux (créés de bas en haut comme rassemblement de personnes)
  •  : "si l'on parle de projet et de travail de groupe c'est à dire de "projets collaboratifs à petite échelle (typiquement pour l'élaboration collective d'un document)" comme le dit "

Comment avancer ?

Peut-on faire un discours sur l'Intelligence Collective ... et parler de nous même ?
  • : le "fantasme rationnel de se saisir de l'intelligence collective par le discourt, pardon par le discours"
  • : "Cette question est posée à la liste comme creuset (comme artefact?) de cette réflexion. Pouvons nous nous passer d'être réflexif sans être hors-sujet?" "...Certes, j'en conviens, la mise en abîme de cette approche comporte quelques risques...."
La terminologie
  •  : "Voilà, par exemple, le genre d' "outil" : la terminologie, (comme un coordinateur "phérormone :-" !) car alors, on détient un concept qui peut guider les conduites à tenir dans les relations de groupe, privé, professionnel, quand on est chef de projet ou autre position qui consite à faire avancer les choses avec un certain nombre de gens pas tous au même niveau de désir ou de compétence."
Des exemples concrets
  •  : "Après nos grandes réflexions générales, j'aimerais beaucoup entendre davantage des expériences réelles,
avec une analyse des causes probables des succès comme des échecs. Nous pourrions ensuite essayer d'en tirer une synthèse...

2) Commentaires sur la synthèse des concepts

-1- optimum avec une vision individuelle et optimum avec une vision globale
  •  : on pourrait insister ou développer d'avantage la formulation en 2) (Coopérer avec d'autres personnes):
    • "on peut transformer l'environnement pour que l'intérêt individuel converge avec l'intérêt collectif..."
    • il me semble que c'est la question cruciale dans les socétés modernes, qui ne sont manifestement plus gérables de manière centralisée et planifiée, (à supposer que cela ait bien été le cas un jour, ce dont on peut douter) MAIS dont il n'est pas sûr que le laissez-faire suffise à assurer l'efficacité collective... et c'est plus généralement le problème de tout système auto-organisé: à quelles conditions un comportement collectif peut il être cohérent et efficace? quelles sont les structures, les règles, l'environnement permettant l'émergence des activités globalement nécessaires et souhaitables? on voit que ce ne sont pas seulement des questions académiques!
  • : Je ne peux qu'être d'accord :-) Je n'ai mis dans cette synthèse des concepts que peu de chose mais il existe effectivement des conditions pour permettre un comportement collectif cohérent Voir les trois premières règles dans ce que j'avais écrit il y a quelques temps : http://www.cornu.eu.org/texts/cooperation.shtml (environnement d'abondance, distance d'horizon et mécanismes d'esptime)
  •  : nous sommes d'accord, mais cela vaudrait la peine de mentionner qques règles possibles permettant un comportement cohérent. En économie classique par exemple, il y a des conditions précises (et pas tout à fait réalistes!) pour pouvoir atteindre l'optimum (de mémoire: un commissaire-priseur unique, des acteurs de petite taille par rapport au marché, une information parfaite sur l'état du marché...). Je crois que l'accès à l'information sera généralement crucial pour la cohérence, mais ce sera parfois une information globale, et parfois une information locale seulement.
  •  : Oui je vais ajouter quelques règles. Je crois aussi que l'on peut partir des différentes façons de faire converger l'intérêt individuel et collectif (par le coordinateur, le participant restant individualiste ou par la prise de conscience du participant que son intérêt propre peut passer par l'intérêt de l'autre si il modifie l'environnement de façon appropriée), pour dire un mot sur leur efficacité (sur la base de la remarque de Daniel)

-2- va-t-on vers l'individualisation ou la globalisation ?
  •  : - mais d'un autre côté, la théorie des jeux, mentionnée en section 3), reste trop marquée par "l'individualisme méthodologique" des économistes et me semble plus appropriée pour modéliser des situations de conflit, ou tout au moins d'intérêts individuels séparés et différents... la théorie des jeux est sans doute moins indiquée pour les cas fort fréquents où des hommes collaborent à un but commun dont ils attendent raisonnablement un résultat collectif (que faisons nous d'autre dans cette discussion?). les économistes ont tendance à oublier que cela est possible!
    • en résumé, n'attendons pas trop de l'intelligence individuelle, qu'il faut guider dans le chemin vers l'intelligence collective (comme on canalise l'eau dans des rigoles pour l'irrigation); mais soyons aussi attentifs aux réelles possibilités humaines de collaborer pour une oeuvre collective sans chef ni lois...
  •  : Une des choses qui m'a marqué en travaillant sur cette synthèses de plusieurs morceaux de discussion apparemment distincts, c'est cette progression
    • depuis une vision individuelle de l'intérêt même si celui-ci converge vers l'intérêt collectif grâce aux actions d'un coordinateur sur l'environnement deuxième approche proposée au point deux) ou même grâce à un environnement adéquat (cette 3ème section sur la théorie des jeux)
    • Jusqu'à la prise de conscience des membres et du changement de leur "savoir être" (troisième approche) La question semble que l'influence de l'environnement soit compris par un coordinateur ou mieux par les membres eux-même.
  • : oui, cette progression vers une conscience collective (cf. thèses de Pierre Lévy) donne une image d'ensemble cohérente de la discussion, mais il ne faut pas oublier que historiquement c'est plutôt le contraire que l'on constate: l'individualisme s'est péniblement et récemment dégagé de sociétés traditionnelles communautaires et globalisantes, pour permettre le fonctionnement ouvert, différencié et flexible des économies modernes. A moins de voir une dialectique entre individu et société: l'individu moderne dégagé de la gangue sociale devient du même coup capable d'autonomie et de responsabilité personnelle, qui deviennent nécessaires pour guider la liberté croissante dont nous disposons. On peut aussi penser que nous internalisons en fait plus ou moins consciemment de nouvelles règles de civilité permettant à la société urbaine moderne de survivre... Ne jamais oublier que nous sommes d'abord des primates, i.e. des animaux sociaux par nature et par culture!
  •  : Entre la société globalisante et la société individualiste, j'ai le sentiment qu'il existe une troisième voie qui est la société complexe : des individus intereliés avec des intérêts individuels ET des intérêts collectifs. Toute la difficulté est de passer d'un niveau d'échelle à l'autre. On a du mal en science car le réductionisme ne fonctionne pas sur les systèmes commplexes. Mais on a cependant quelques pistes telles que celles évoquées dans la synthèse et dans les discussions.
  •  : La question du rapport individuel collectif est cruciale. Bien sur, s'il s'agit d'objets alors le collectif est collection, s'il s'agit d'atomes le collectif est molécule, organe organisme, rouage machine, agent système, élément masse, etc. Tout cela pour dire que c'est la conception de l'homme qui détermine la réponse à la question et réciproquement. On ne peut y couper.
    • Les modèles paradigmatiques courants sont insuffisants. Le paradigme communautaire que j'ai développé apporte des réponses nouvelles (à des situations existantes évidemment). (C'est tout l'Humanisme Méthodologique qui développe ça). Le Sens, propre de l'homme et enjeu de toute maîtrise et liberté humaine (personnelle), est aussi le lieu de tout conSensus, source de chaque communauté (de Sens). C'est dans la communauté que les individus existent (interdépendants) et que la question du Sens du bien commun est posée. Les impasses des rapports individus-sociétés dans les idéologies modernistes sont à dépasser dans l'articulation personnes-communautés qui nécessitent d'avoir recours à des modèles de pensée beaucoup plus complexes. Le rapport individu collectif ne se joue pas dans un seul plan...

-3- le dépassement de la contradiction apparente intérêt individuel / collectif
  •  :
    • Ci-dessous une échelle des visions de l'IC en fonction de niveaux de conscience du phénomène. Chaque niveau intègre les précédents sauf déviance réductionniste où il s'isole.
      1. IC une puissance magique, question d'affects partagés
      2. IC computation informationnelle, question de données (ex: GRID)
      3. IC régulations cybernétiques, question de comportements collectifs
      4. IC organisation structurée, question de rationalité d'ensemble
      5. IC réflexivité amplifiée, question d'idées partagées
      6. IC pensée créatrice, question d'oeuvres concourantes
      7. IC communion d'esprit, question de Sens (du bien commun) Consensus, Intelligence symbolique.
    • La relecture des échanges apporte des matériaux pour illustrer les différents niveaux mais le schéma n'émane pas de ces matériaux mais de l'anthropologie de l'HM.
  •  :
    • Il faudrait mettre cela en perspective dans la synthèse. Le centre de la synthèse pourrait alors être une gradation du type de celle proposée par Roger Nifle (mais moins directement sur le niveau de conscience des membres et plus sur ce que cela implique) sur le modèle de la partie de la section 2 sur : "trois approches permettent de retrouver sa place dans un groupe" :
      1. De façon imposée au groupe (mais "les socétés modernes,ne sont manifestement plus gérables de manière centralisée et planifiée")
      2. Un coordinateur agit sur l'environnement des membres pour faire en sorte que les intérêts individuels convergent vers l'intérêt collectif
      3. Les membres savent voir leur intérêt personnel au travers de l'intérêt collectif même lorsque cela peut sembler divergent et savent modifier eux-même leur environnement pour qu'il converge
    • La section trois actuelle de la synthèse serait alors inclus dans une partie plus vaste sur l'influence de l'environnement sur la convergence intérêt individuel / intérêt collectif avec les éléments dont j'ai parlé plus haut
    • J'attend de savoir s'il y a d'autres remarques sur la et j'essaie de faire une proposition dans ce sens. Mais j'ai mis d'ores et déjà ci-dessous ce que pourrait devenir le plan. J'espère ne pas avoir été trop obscur...
  •  : ce 3) pourrait servir de conclusion à la problématique centrale de dépassement de la contradiction (apparente?) entre intérêt individuel et collectif... cette synthèse commence à avoir de l'allure!
  •  : Oui absolument. On va finir par être intelligent collectivement :-)
Proposition de nouveau plan
  • 1) On ne peut plus gérer un monde complexe de façon centralisée
    • 1.1 L'ancienne section 1 sur le monde complexe
    • 1.2 L'approche classique de gestion (ex 2/2/1): de façon imposée...
    • 1.1 Une autre approche adaptée à un monde complexe :
      • 1.1.1 "interconnecter" les intérêts individuels entre eux et avec l'intérêt collectif (explications à ajouter)
  • 2) intérêt individuel / intérêt collectif - rôle de l'environnement
    • 2.1 L'intérêt individuel "chacun cherche à exister dans le groupe"
    • 2.2 Quelques suggestions pour faire converger l'intérêt individuel et l'intérêt collectif en agissant sur l'environnement
      • 2.2.1 Plus de détails sur l'environnement d'abondance, distance d'horizon, systèmes d'estime... (à ajouter) mixé avec La théorie des jeux (ancienne partie 3)
  • 3) faire converger l'intérêt individuel et collectif
    • 3.1 Par un coordinateur (ancienne section 2/2/2 "agir sur les membres en affectant leur environnement")
    • 3.2 Par les membres eux même (ancienne section 2/2/3 "une transition des membres...") le tout mixé avec l'ancienne partie 4 a-t-on encore besoin d'un chef
  • 4) Tableau de répartition des responsabilités de coordination en fonction du niveau de maturité du groupe (ancienne partie 5)
Général
  • : je pense que nous avons atteint un palier dialectique: arriver à exprimer clairement que la société moderne devient à la fois plus individualiste et plus globale. C'est le (relativement) libre jeu d'individu plus autonomes, mais aussi plus responsables et s'imposant eux-mêmes leurs propres contraintes qui permet la cohérence et le bon fonctionnement d'une société devenant à la fois plus complexe, plus interdépendante et plus flexible...
    • bien entendu, les conditions de fonctionnement ne sont pas données ; il faut un bon niveau d'éducation, un apprentissage de l'autonomie, des règles récompensant l'autonomie mais pénalisant le "cavalier seul", et plus profondément un changement de culture et de mentalité.
    • en fin de compte on peut estimer que le citoyen "responsable" de la société libérale est moins libre (car plus soucieux de ses choix et plus auto-contraint dans ses émotions et comportements) que le sujet d'une dictature ou d'une société traditionnelle (qui est irresponsable donc libre) !!!
    • mais qui voudrait vraiment revenir en arrière ? mais je me fais peut-être des illusions... (en fait il ne manque pas de mouvements sociaux qui prônent un retour à un niveau antérieur, mais cela dépassent sans doute le cadre de cette discussion)

3) Commentaires sur la synthèse

Détail des commentaires (à jour du 31 mars 2005) Cette liste comprend les commentaires discutés en ligne et qui n'ont pas pu faire l'objet d'une inclusion immédiate à un endroit précis de la Synthèse.
Commentaires intégrés dans
  • Le texte sous-estime encore la capacité humaine à collaborer "gratuitement" à une oeuvre collective
  • 4 conceptions de l'origine de l'unité
  • soft system méthodologie, citation de Jean Guéhenno
  • Préciser l'objet et le domaine de validité de la synthèse (intégré dans la synthèse)
  • Comment diffuser cette connaissance ?

Le texte sous-estime encore la capacité humaine à collaborer "gratuitement" à une oeuvre collective

(pour le plaisir personnel, le plaisir social, le goût du travail bien fait, le goût de participer à plus grand que soi, la conscience sociale...) (proposition d'inclure des commentaires dans la synthèse)
faire appel à cette capacité fréquente me semble aussi important que d'identifier les intérêts individuels à satisfaire et à harmoniser ; c'est que les chefs efficaces ont toujours su faire intuitivement, mais dont les économistes ne savent pas quoi faire... --DanielMemmiIC
Oh combien j'approuve! Le Sens du bien commun ça compte. L'équilibre plus ou moins mécanique des intérêts n'est qu'une postulation non fatale. Et probablement pas le meilleur pronostic pour l'intelligence collective. --RogerNifleIC
même si nous ne savons pas le formaliser ou l'exprimer clairement, il est important de commencer à traiter ces capacités collectives ! --DanielMemmiIC
  • C'est sans doute ce qu'enseignent les sciences humaines et les connaissances ou compétences auxquelles je faisais référence précédemment. --RogerNifleIC
  • Je partage totalement. Cela fait partie de ce qu'Edgar Morin appelle les "aveuglements paradigmatiques"! --ThierryGroussinIC
  • Ca me fait penser aux notions de "sense-making" et "collective mind" développées par Karl Weick. (désolé je n'ai pas de référence précise en tête - en 2 mots, pour ceux qui ne connaissent pas : analyse du mécanisme de construction d'un sens partagé dans des situations d'action et en particulier grâce à l'analyse de situation très faiblement tolérantes à l'erreur (exemple type apontage sur un porte-avion) ou de crise (exemple incendi)). Une approche "micro" très intéressante de l'IC ? --ArnaudLafontIC
    pris sur : http://www.msh-alpes.prd.fr/gisrisques/resumepubli.htm
    Gérard Koenig, Florence Allard-Poesi, Bénédicte Vidaillet, Hervé Laroche, Christophe Roux-Dufort, Le sens de l'action. Karl Weick : sociopsychologie de l'organisation, Paris, Vuibert, 2003, 183 p., ISBN : 2-7117-6972-0 http://www.vuibert.com/cat147.html
    Comment l'action se forme-t-elle dans les organisations ? Quel sens, quelle forme, quelle direction est-elle susceptible de prendre ? Pourquoi a-t-elle si souvent dans l'entreprise des conséquences inattendues et originales ? Pourquoi certaines équipes sont-elles capables d'improviser et d'inventer de nouvelles actions nourries par leur expérience alors que d'autres se contentent de réagir ou de répéter ce qu'elles connaissent ? Pourquoi certaines entreprises sont-elles extrêmement fiables, malgré l'importance des enjeux et la complexité des technologies auxquels elles sont confrontées, quand d'autres ne résistent pas à l'imprévu ? Comment comprendre que certaines organisations s'effondrent, parfois soudainement ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles ce livre tente de répondre. En particulier, c'est la problématique du sens de l'action dans l'organisation, qui est ici principalement explorée. Le sens de l'action renvoie à la fois : à la direction, imprévisible et indéterminée, mais non aléatoire, que prend le processus de déploiement de l'action ; à la signification que l'individu va donner à ce processus ; enfin, selon l'acception courante de l'expression " avoir le sens de l'action ", à la capacité à agir, à produire une action propre, par opposition à l'inertie ou à la simple réaction. Pour explorer cette problématique, nous avons largement mobilisé les conceptions de Karl Weick, chercheur américain qui a renouvelé la compréhension des organisations en s'intéressant aux processus par lesquels se construit le sens dans celles-ci. Original tant au niveau des concepts que de la démarche de recherche ou de l'écriture, Karl Weick, bien que disposant d'une très grande notoriété outre-atlantique, était resté peu accessible en France. Cet ouvrage vise à diffuser les apports de ce chercheur et à susciter de nouvelles perspectives pour tous ceux qui s'intéressent aux organisations, qui travaillent en leur sein et qui sont quotidiennement confrontés à leur complexité.
    Sommaire
    OUTILS ET MATERIAUX.
    • L'organisation dans une perspective interactionniste.
    • Exercice de sensemaking.
    • Mann Gulch, l'organisation et la nature fantastique de la réalité.
    BRICOLAGES.
    • Sens collectif et construction collective du sens.
    • Lorsque les dirigeants formulent leurs préoccupations : une occasion particulière de construire du sens.
    • La construction d'une théorie de la fiabilité organisationnelle --?

Il me semble qu'une façon d'inclure cela dans la synthèse serait de distinguer dans les différents exemples de Daniel :
-1- les motivations qui relèvent de l'intérêt individuel (pour le plaisir personnel, le plaisir social, le goût du travail bien fait, le goût de participer à plus grand que soi) qui ont été en partie traité dans la partie sur "coordonner en mettant en place un environnement favorable" (Dans la partie sur les règles : "Faciliter l'implication des acteurs"). Nous pourrions compléter et développer ce point. --JeanMichelCornuIC
  • oui, mais est-ce vraiment une question "d'environnement favorable" ? ces motivations me semblent dépendre assez peu de l'environnement en fait, ce sont des capacités proprement sociales... --DanielMemmiIC
    Bien sûr pas complètement, mais on peut effectivement influencer l'environnement pour faciliter l'implication. L'exemple typique est la convivialité (dans une association dont je m'occupe et qui met en place des télévisions participatives avec les habitants, on a remplacé l'achat de camescopes par le financements de "bonnes bouffes". Résultat : ue meilleure participation et la plupart des conflits se sont réglés bien plus facilement. De plus, les membres bien plus impliqués grâce à l'ambianc plus "fun" amenaient leurs propres camescopes, compensant largement le fait que l'association n'avait pas assez de caméras pour faire des plateaux multicaméras. Voir par exemple : http://www.cornu.eu.org/news/17.shtml )
    En fait nous avons tous à la fois une capacité à nous impliquer et à coopérer et un coté plus égoïste (même si la balance entre les deux varie suivant les personnes). L'objectif de mettre en place un environnement favorable est de faire ressortir de préférence le meilleur coté des participants.
    Par contre ce qui est intéressant dans ce que nous avons dans la synthèse est d'aller au-delà de cette approche par la "stigmergie" qui ne fait que favoriser un des deux cotés opposés de notre personnalité.
    Ce qu'apporte vraiment la partie trois sur l'intelligence de l'autre est non plus de favoriser notre coté social par rapport à notre coté égoïste mais de permettre le développement de notre vision du monde plus simplement à travers nos propres yeux mais de nous permettre de nous mettre "à la place de l'autre". Lorsque l'on acquière cette autre capacité, alors on a tendance plus naturellement à resortir son coté social plutôt que son coté égoïste. Dans ce cas, ce n'est plus le coordinateur mais les membres du groupe eux-même qui acquièrent une meilleur vision d'ensemble pour se rapprocher d'une situation qui prend en compte le meilleurs pour chacun et pour le groupe.
    Ce que tu as appelé la "conscience sociale" ressort clairement de ce deuxième aspect. --JeanMichelCornuIC
    D'accord avec ces précisions. --DanielMemmiIC
    J'aime bien la référence au "goût de participer à plus grand que soi" : les propres termes de Teilhard de Chardin, pour qui l'acquérir devait être un des objectifs de l'éducation. --ThierryGroussinIC
    Une jolie histoire relue dernièrement, je ne sais plus où :
    Un passant voit trois personnes tailler des pierres. L'une est triste, l'autre normale et la troisième paraît heureuse. Il leur demande ce qu'ils font.
    • le premier dit : je taille des pierres pour purger ma peine
    • le deuxième dit : je taille des pierres pour nourrir ma famille
    • le troisième dit : je taille des pierres pour bâtir une église
    L'église étant une bonne allégorie pour ce "participer à plus grand que soi" cité précédemment. --MalogirodelainIC
    • Il manque la principal la 4: La 4eme, je taille des pierres avec les autres pour construire un meilleur monde --LauraGarciaVitoriaIC
      Merci. Joli complément --MalogirodelainIC
      J'ai réalisé en 1984 un audio visuel intitulé "la cathédrale" pour le développement de la qualité dans un grand groupe industriel. Quatre versions de l'histoire du tailleur de pierre y sont présentées se terminant sur ce qui n'est pas simplement le bien commun (être ensemble) mais le Sens du bien commun "devenir ensemble". Portez attention à la nuance, majeure. Développer l'intelligence collective participe d'un devenir ensemble et pas simplement d'un être ensemble (état de fonctionnement plus ou moins productif de... satisfactions).
      Gorbatchef dans son livre Perestroïka de 1987 (Flammarion) utilise le même histoire avec un temple. Pour dire que cet aspect des choses n'avait pas échappé dans le passé. Or comment des facteurs aussi essentiels pour l'activité collective, pour l'intelligence collective dont on fait preuve des générations et font preuve des milliards d'humains peuvent-ils paraître si méconnus aujourd'hui. De quelle régression est-ce issu? On pourrait en dire autant de tout les apports de la psychosociologie des groupes, de la connaissance de la complexité, la profondeur des enjeux et la diversité de processus des relations humaines. La complexité et la diversité des modes d'exercice du leadership, des rôles apparents, cachés, des scénarios et aussi des facteurs intervenants dans les résultats, performances ou potentiels des groupes. C'est toute la profondeur humaine qui est évacuée du champ de conscience collectif au profit sans doute d'une "surface des choses"
      L'ignorance de tout cela ne peut se justifier par l'émergence des paradigmes de l'intelligence artificielle ou de l'interprétation fallacieuse de la machine de Turing. Où est le progrès qui aboutirait à une nouvelle étape dans le développement et la connaissance de l'intelligence collective?
      Pour moi il s'agit là d'une formidable régression. Mais bizzarement je crois aussi que les conditions sont remplies pour une très grande progression, Cela fait partie de mon expérience de terrain. --RogerNifleIC
      ?? Oui et non, selon que la position et l'optimisme :)
      En gros, aujourd'hui, des milliers, des millions et bientôt des milliards d'êtres humains se précipitent, mal outillés, pour tenter d'explorer à leur manière ces nouveaux outils, encore plus ou moins collaboratifs. Du coup les dizaines, centaines, voir milliers de ceux qui "savent" ou ont cherché, lu, creusé... découvrent avec ahurissement de "formidables régressions"... Oui, c'est vrai d'un coté mais ne grandit-on pas de ses erreurs, tatonnements... ? Ne doit-on pas aussi faire ses propres expériences ? --MalogirodelainIC
      Ne peut-on pas se demander, à l'intérieur du groupe, pourquoi ces "milliards d'êtres humains se précipitent" pour tenter d'explorer ces "nouveaux outils" ? Parle-t-on d'outils ou de concepts ? Les deux ne sont pas systématiquement en rapport. Est-ce motivé par le "collaboratif" ou par une "opportunité" que laisse miroiter ce concept (qui pour moi demeure toujours flou) ? --BernardPrieurSmesterIC
      Faire table rase de tout ça ne me semble pas la meilleure voie pour comprendre et surtout développer l'intelligence collective se privant ainsi de l'expérience des siècles passés surtout dans les contextes bouleversants et passionnant qui émergent et dont le Sens et les clés ne sont pas justement pas dans cette surface des choses aussi brillante ou obscure soit-elle. Et que l'on ne vienne pas me parler de progrès scientifique là où on n'en respecte aucune règle, quelle soit empirique ou théorique. --RogerNifleIC
-2- la conscience sociale : Une façon de le faire serait de reprendre la troisième partie sur l'intelligence de l'autre et d'en faire une partie plus générale qui prendrait en compte la "conscience sociale" et "l'intelligence de l'autre". Là on est dans un domaine très différent de celui des stratégies seulement personnelles. C'est justement la différence entre la partie 2 (faire converger les intérêts personnels et collectifs) et la partie 3 (pour l'instant sur l'intelligence de l'autre et qui pourrait être étendu). --JeanMichelCornuIC
c'est cette partie 3) qui devrait être développée davantage à mon sens ("de l'intelligence individuelle pour l'intelligence collective") car la discussion sur ce point a été assez riche ! --DanielMemmiIC
-3- Il faut peut être également mieux montrer (par exemple dans la conclusion) comment les trois formes de coordinations forment une progression de l'intelligence du chef vers l'intelligence collective. Mais aussi la difficulté de passer de l'une à l'autre à cause de ces approches opposées (par exemple on se concentre sur ceux qui ne coopèrent pas [2] ou on sur ceux qui coopèrent[3]). Est-ce bien cela "l'aveuglement paradigmatique" d'Edgar Morin qu'il indique aussi dans ses 7 savoirs de l'éducation ? --JeanMichelCornuIC
ici aussi la synthèse ne rend pas totalement justice à la discussion sur l'évolution des mentalités dans un groupe donné ou dans l'histoire récente, mais l'idée est bien présente dans le texte. --DanielMemmiIC
En ce qui concerne "l'aveuglement paradigmatique", en l'occurrence c'était seulement pour moi la cécité du modèle économique aux motivations dites "désintéressées". Je pense que chacun d'entre nous fonctionne en permanence à partir de ces différentes sources d'énergie mais avec des "mix" différents en fonction des circonstances, des enjeux, etc. Mais peut-être y a-t-il aussi, plus profondément, un effet de résonance qui serait plus mobilisateur encore : résonance entre ce que je considère comme ma mission (d'être humain, pas seulement de salarié, de commissionné, etc.) et l'objectif collectif poursuivi. --ThierryGroussinIC

4 conceptions de l'origine de l'unité

Figures de l'unité dans les groupes humains (tiré de la carte des cohérences épistémologique de l'Humanisme Méthodologique)
Quatre conceptions de l'origine de l'unité
  1. Groupe engagé : unité de direction vers un but (guide)
  2. Groupe "solidaire" : forces de liaison entre les éléments (contraintes nécessaires)
  3. Groupe entreprenant : source d'initiative et de motivation (centre originel)
  4. Groupe fonctionnel : norme structurelle, modèle standard (cadre normalisant)
Quatre autres (conjugaisons)
1-3 : Sens partagé (consensus,) relations de concourance, co-centration
1-4 : Programme, algorithme, conduite coopératrice
3-2 : Pouvoir d'emprise possession, appartenance, centralisme dominateur
3-4 : Système normatif "naturel", agents adaptatifs.
On peut aussi transposer cela en figures géométriques paradigmatiques ( rapports centre-périphérie hierarchisés, horizontalité verticalité (cercles ou spirales). On peut relire les modèles implicites, les cohérences ou incohérences logiques avec ce type d'outil. --RogerNifleIC

La piste soft system méthodologie, citation de Jean Guéhenno

Commentaires déjà inclus dans la synthèse en ligne :
Une suggestion en echo au passage: "Prendre en compte l?existence de confits d?intérêts.[...].Il reste à mieux comprendre les stratégies qui permettent de résoudre cette difficulté." Peut-être que la piste "Soft Systems Methodology" et controvese peut apporter des voies de recherche. Il s'agirait de favoriser le contexte (graphique) d'expression de positions et perspectives antagonistes pour faire émerger des solutions nouvelles. --YannLeGuennecIC

Préciser l'objet et le domaine de validité de la synthèse

Il me semble que cette "synthèse" sur la coordination des groupes gagnerait beaucoup si elle précisait mieux son objet et son domaine de validité. Par exemple, il pourrait y avoir une introduction spécifiant que le texte parle d¹une application de la théorie des jeux au problème de la coordination des communautés virtuelles dans une perspective d¹intelligence collective et non pas de la question de la coordination des groupes en général ou de la question de l¹intelligence collective en général. --PierreLevyIC
ben, le problème c'est que ce texte touche à tous ces aspects à la fois... c'est trop gourmand et général pour en faire un texte universitaire, mais c'est aussi ce qui le rend intéressant... --DanielMemmiIC
En fait l'objectif n'est pas de limiter le texte à la théorie des jeux mais plutôt de commencer à montrer pistes pour comprendre comment s'articule les différents aspects. De ce point de vue, les contributions récentes complètent bien la partie 3 qui était moins développée (sur l'intelligence de l'autre mais aussi comme on le voit mieux maintenant sur d'autres aspects). Je crois que cela vaut vraiement le coup de prendre le temps d'intégrer les différents commentaires récents (ben je ne suis pas sorti de l'auberge ;-) et de voir où cela nous mènera. --JeanMichelCornuIC

Comment diffuser cette connaissance

Une question pour le groupe pourrait être : Comment diffuser cette connaissance effectivement souvent existante mais encore peu connue ou peu reconnue comme nécessaire pour avancer plus efficacement... --MaloGirodelainIC
En mettant l'action, l'exemple à la place des discours --LauraGarciaVitoriaIC
Touché! La connaissance, nous l'avons, (à nous tous, en tout cas) la mise en oeuvre, la dissémination, la contagion par l'exemple, c'est autre chose! --JaniqueLaudouarIC
Et puis, dans cette quête du Graal, pardon du développement et [de] la connaissance de l'intelligence collective, je me pose toujours la même question basique : pour quoi faire?
Y allant également de mes lectures, mes citations et de mes implications en prise direct avec le quotidien je cite de nouveau Marx qui écrivait à son père "Peu à peu j'abandonnai l'idéalisme et j'en vins à chercher l'idée dans la réalité même". --BernardPrieurSmesterIC