Un groupe de travail de la Fondation Internet Nouvelle Génération

Page principale - S'identifier

Ce groupe a terminé ses travaux - Il s'agit d'un site d'archive

retrouvez les synthèses des différents aspects qui favorisent l'Intelligence Collective

et le questionnaire "comprendre par vous même ce qui se passe dans un groupe"

quelques usages et expériences

[retour à la page ""]
Synthèse réalisée par


: Où comment comparer l'IC et les groupes de commandos dans la jungle...

: Pouvons-nous produire une "étude de cas" et/ou une observation d'IC tangible en la limitant à un domaine plus ou moins défini, ici celui de l'art numérique.

: Site qui permet de mettre en relation différents réseaux d'affaires & de personnes.

Mailing-list :

Wiki :

Blog :

Réunion :



Le Fil de Discussion


:

Je ne sais pas si cela est de l'Intelligence Collective ou pas mais pour aller dans le sens du pragmatisme, je vous livre quelques exemples "vécus" ces derniers temps :

1. Une mailing-liste, une réunion, un wiki en moins d'une semaine !
Je participe à une mailing liste d'indépendants et de TPE, qui s'appelle rezoting. C'est une mailing liste classique, avec beaucoup de gens inscris, très peu qui participent. Les débats fusent et je me dis que ce serait intéressant de rencontrer physiquement quelques unes de ces personnes. Un lundi, je lance l'idée d'une réunion sur la liste. Le jeudi, nous sommes 6 à boire un café ensemble et à confronter nos problématiques.
On ne se connaissait pas en début de semaine, et pourtant le vendredi, un Wiki était en place pour continuer les échanges.
Serait-ce de l'IC ?

2. Linkedin, accélérateur de relations de confiance ?
Je vais à une réunion de (oui, je suis lyonnais, enfin, pas un vrai gone...) une association de professionnel des TIC, je discute avec l'un des participants, on échange nos cartes de visites puis on s'envoit un mail. On se Linke avec , je vois qu'il a travaillé avec l'un de mes anciens collègues...et depuis, on travaille ensemble.
Serait-ce de l'IC ?

3. Pour le reste, travaillant auprès de PME/PMI sur les problématiques TIC, je crains que la plupart des entreprises soient encore très loin de se douter que cela peut exister...
Mais contre toute attente, je travaille actuellement avec un client sur un Intranet et devinez quoi : il a mis en place un Wiki pour partager l'information concernant son projet d'établissement. Pas mal non ?
Serait-ce de l'IC ?



:

1. oui
2. oui
3. oui
4. Je recherche des informations sur un domaine technique. Je tombe sur le blog du createur, nous echangeons par commentaires avec d’autre gars qui ont eux-memes leurs blogs. On syndique nos contenus.
Serait-ce de l’IC ?



:

>> 1. oui
2. oui
3. oui <<

Là tout de suite et intuitivement, j'aurais tendance à dire non. J'y vois plutot des préalables, du balisage de réseau relationnel et mise en place de canaux techniques à partir desquels pourrait éventuellement émerger une forme d'intelligence collective, par la suite, mais peut-être me trompe-je...

>> 4. Je recherche des informations sur un domaine technique. Je tombe sur le blog du createur, nous echangeons par commentaires avec d'autre gars qui ont eux-memes leurs blogs. On syndique nos contenus
Serait-ce de l'IC ?<<

peut-être que ça dépend des contenus ? de l'objectif de la mise en réseau ? ça pourrait aussi par exemple être un délire collectif, si le domaine technique en question n'a strictement aucun sens en dehors des membres du réseau de personnes qui syndiquent leurs contenus, ou si l'objectif lui-même est vu comme délirant par les personnes externes.

L'"hystérie collective" est-elle une forme de l'IC ?

Peut-être qu'un instrument de mesure de l'IC serait la réalité collectivement observable produite par et au-delà de la circulation d'information, une modification dans l'environnement de l'ordre de la création ou la transformation. Donc si la syndication des contenus permet de faire évoluer la technique en question, laquelle se retrouve implantée et testable, alors oui il y a sans doute eu de l'IC quelquepart... Si cette même syndication produit plutot des conflits entre les commentateurs distants, c'est peut-être plus contestable. Autrement dit, L'IC se mesure-t-elle plutot à ce qu'elle produit comme oeuvres collectives ou en fonction de la variété des oeuvres individuelles ?



 :

Olivier,

J'aime beaucoup cette approche pragmatique.

Je réponds oui aux trois questions.

Je crois qu'il y a au moins 4 dimensions à prendre en compte dans l'IC :

  • des "choses" à échanger ;
  • une complicité humaine (on n'est pas des pc !);
  • les moyens de la liaison (la rencontre directe, le téléphone, le mail, le wiki, aussi une forme d'organisation, des règles, etc.);
  • une signification commune, une convergence en termes de valeurs, etc.



:

En relisant la phrase de l’ancien CEO d’HP Lew Platt, "If only HP knew what HP knows.", je me suis demande s’il y en avait parmi vous qui avaient mis en place des methodes de mise en place de knowledge management efficace dans l’entreprise ?

J’ai travaille dans plusieurs societes americaines ou des employes sont payes a temps plein pour interviewer les equipes des differents services et synthetiser les connaissances et actions de chacun. Ce modele me semble peu realiste dans une PME.

Qu’en pensez-vous ?



:

Ce qui me paraît peu réaliste, c'est de détacher le savoir de ceux qui l'ont construit (à dessein, je ne dis pas : de ceux qui le détiennent).

"L'expérience est comme les soleils d'hiver, qui éclairent mais ne réchauffent pas." (Alain).



:

Est-ce que tu peux développer ton point de vue, je ne suis pas sur de saisir avec précision ce que tu veux dire ?



:

  • D'une part:

Ceux qui ont construit leur savoir par l'expérience ne voient pas forcément dans ce savoir les points essentiels. Il y a beaucoup d'implicite. Je donne un exemple trivial. Il y a une quinzaine d'années, des collègues de province ont imaginé un point de vente "trois espaces" (i.e : accueil, opérations courantes, zones confidentielle). Cela marchait du feu de Dieu et en plus les clients étaient satisfaits. Alors, on est allé voir comment ça marchait et il y a eu des copies... qui n'ont pas marché ! A leur insu, les "inventeurs" avaient mis en place un "détail" qui était fondamental mais que personne n'avait vu.

  • D'autre part :

Ceux à qui est destiné ce savoir construit par d'autres peuvent manifester peu d'appétence et préférer celui qu'ils construisent eux-mêmes parce que - n'allons pas chercher de basses motivations - beaucoup d'êtres humains s'épanouissent mieux dans la créativité que dans la reproduction.

Est-ce que je suis plus clair ?



:

Tout a fait.

Dans le cadre de mon exemple toutefois, il y a quelques elements-cle permettant le succes dans le cadre d’un projet logiciel :

  • des methodes de formalisation informatiques qui permettent de reproduire les processus et/ou l’architecture d’un projet dans le detail
  • des methodes d’analyses et d’audit qui permettent de ne pas rater « un detail-cle » du systeme et destinees a tout rendre explicite (RUP par exemple)

Je pense que le knowledge management est une veritable discipline et de ce fait, j’ai deja travaille avec des specialistes de l’ »extraction de connaissance » dont le metier est aussi d’aider a l’interviewer a ne rien oublier.

D’autre part ne peut on considerer que l’on peut nourrir sa propre creativite en ingerant le savoir des autres et en s’en servant comme base pour ses propres idees ?



:

Les remarques de Thierry GROUSSIN me paraissent de grande importance et trois problèmes notamment y sont attachés que des scrutateurs de l'intelligence collective ne devraient pas laisser échapper.

1. Il est vrai que nous sommes dans un temps où il se passe des choses extraordinaires sur tous les terrains et qu'aucune capitalisation de l'expérience ne vient ensuite enrichir disons "l'intelligence collective" dans le domaine. L'empirisme ou le pragmatisme plus ou moins éclairé donnent des résultats extraordinaires... quelques fois et aussi bien des anneries ; faute aussi de possibilités (ou de volonté) d'évaluation. Il y a des mots clé qu'il faut mettre en face, ceux d'une exigence devenue rarissime (même au CNRS dans certains cas)
  • Problématisation
  • Contextualisation
  • Conceptualisation
  • Généralisation
  • Théorisation
  • Validation (ou invalidation)
C'est ce qui permet de donner et transmettre. (pour le bien commun évidemment sinon ce n'est pas si nécessaire). Tous les philosophes et scientifiques de référence ont expérimenté le travail qui sépare l'expérience quelques fois essentiellement intérieure de la formalisation conceptuelle nécessaire à la
transmission . Ensuite il y a d'autres choses qui ressortissent de la question de l'appropriation collective et des déclinaisons selon l'infinie diversité des situations.

2. Il y a une incompréhension fréquente de la notion de théorie réduite souvent à un modèle formel à reproduire (pas passionnant) Or une théorie (voir l'éthymologie) est un itinéraire pour accéder disons à
une compréhension profonde (au Sens?) qui permet ensuite l'exercice de sa créativité pour en tirer des applications ad-hoc et même pour prolonger ou modifier la théorie. Ceux qui se sont trouvés éclairés par
une "théorie" quelconque qui leur a permis d'être ensuite créatifs dans le domaine verrons de quoi je parle, les chercheurs qui cherchent aussi.
3 je crois reconnaître dans ces remarques

>> Dans le cadre de mon exemple toutefois, il y a quelques elements-cle permettant le succes dans le cadre d’un projet logiciel :
  • des methodes de formalisation informatiques qui permettent de reproduire les processus et/ou l’architecture d’un projet dans le detail
  • des methodes d’analyses et d’audit qui permettent de ne pas rater « un detail-cle » du systeme et destinees a tout rendre explicite (RUP par exemple) Je pense que le knowledge management est une veritable discipline et de ce fait, j’ai deja travaille avec des specialistes de l’ »extraction de connaissance » dont le metier est aussi d’aider a l’interviewer a ne rien oublier.<<

Relevant d'un métier que j'ai eu à exercer en son temps, une toute autre approche (épistémologique et praxéologique) qui se fie plus à une procédure (réductrice?) qu'à un processus. C'est important pour l'intelligence collective relève-t-elle d'une procédure formelle quelconque (logique ou matérielle) plus ou moins programmable ou calculable? relève-t-elle d'un processus humain qui comporte alternativement les chemins de l'expérimentation et de la théorisation, de la rigueur de l'intelligence et de la créativité de l'action (et vice versa)? (Ce qui ne l'empêche pas de se servir de formes et modèles comme modes d'expression, médiations...)

L'intelligence, fusse-t-elle collective, peut-elle se dispenser de tels questionnements?

En tout cas il s'agit bien dans les exemples donnés de la possibilité ou non d'une intelligence collective (au-delà du petit groupe initial)

Ayant eu à travailler sur les processus de concertation dans le domaine public ou les organisations j'ai noté qu'une condition préalable était d'avoir un but commun (définition du dictionnaire)

Je vous livre ici deux adresses



:

Bonjour Olivier,
Exemples intéressants, mais ta question (est-ce que c'est ou pas de l'IC ?) ne permet peut-être pas de rendre justice de la richesse de ton expérience.
J'aurais tendance à dire que l'intelligence collective est toujours présente dans les phénomènes humains (comme la température, par exemple, dans les phénomènes physiques), mais selon des échelles d'observation, des intensités et des qualités qu'il faudrait que nous apprenions à lire, à représenter et à nous transmettre mutuellement.
A lire ton message, en tous cas, tu l'as sentie passer... ;-)



:

Je partage ce que tu dis.

Mon souci est de ne pas tomber dans une représentation de la connaissance qui entraîne une représentation "mécaniste" ou "informatique" du monde et de l'homme.

Depuis quelques années, j'organise chaque année une réflexion sur "le risque" pour des groupes de cadres de direction.

Ce qui donne sens à l'information, c'est la représentation du monde dans laquelle elle s'insère.

Or, le véritable risque (positif ou négatif), c'est ce qui n'est pas contenu dans notre représentation du monde.

Après une catastrophe - Titanic, Twins - on constate souvent que l'information existait, qu'elle avait même été acheminée au bon endroit, au bon interlocuteur... Il en est de même - risque positif - quand un nouveau produit fait une percée alors que presque tout le monde prédisait son échec (les exemples abondent: le téléphone, le plus lourd que l'air, etc.).

To make a long story short, on dira que l'information n'a pas rencontré le contexte mental - la "constellation sémantique" comme l'écrit joliment Christine Hardy - qui lui aurait permis d'être prise au sérieux.

Seul un esprit qui "divague" ou qui vient d'un autre univers mental peut accueillir l'information signe de risques postifs ou négatifs (de menaces ou d'opportunité) qui échappent au banal.

Or plus nous mécanisons les informations, plus nous donnons l'illusion d'un monde fiable, alors qu'il ne l'est pas (malheureusement et heureusement).

L'IC est donc pour moi, idéalement, non seulement la capacité à extraire et organiser des informations, elle est aussi la capacité à avoir une "vigilance créative".