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retrouvez les synthèses des différents aspects qui favorisent l'Intelligence Collective
et le questionnaire "comprendre par vous même ce qui se passe dans un groupe"
Synthèse des Definitions
- 1. Définition en 2 lignes de l'IC :
- 2. Origine historique de l'IC :
- 3. Rapport Intelligence individuelle/Intelligence collective :
- 4. Rapport avec l'Intelligence artificielle :
- 5. Les "peurs" de l'IC (avantages et inconvénients) :
- 6. La mise à l'épreuve par la pratique :
- 7. L'écosystème des idées :
- 8. Représentation de l'IC :
1. Définition en 2 lignes de l'IC :
- L'intelligence collective humaine est la symbiose entre une population de primates parlants et un écosystème d'idées. Elle est d'autant plus grande que les idées sont nombreuses, variées et interdépendantes. -- Pierre Levy I C
- Je retiendrais personnellement comme définition de l'intelligence au sens
très large : "processus constructif d'interactions" -- Arnaud Lafont I C
- L'intelligence collective, c'est la faculté qu'a l'interaction par les mots entre des êtres parlants à stimuler la génération des idées nouvelles (le "alpha") formulées par l'intelligence individuelle "le delta", et bien sûr adaptées à l'objet initial de l'interaction.-- Michel Paillet I C
2. Origine historique de l'IC :
- Le programme de l’intelligence collective (ou intelligence augmentée), resté dans l’ombre jusqu’au début des années 80, a prouvé sa fécondité depuis l’apparition de l’informatique personnelle et de l’Internet. Ce programme de recherche vise la stimulation et l’augmentation des capacités cognitives humaines, tant à l’échelle personnelle qu’à l’échelle collective. Les pionniers en sont Vanevar Bush (dès les années 40) et Ted Nelson (dans les années 60), qui avaient prévu et théorisé la mise en ligne de toutes les informations disponibles sous forme de réseaux d’hypertyextes et d’hypermédias. Grâce à l’invention du HTML (Hypertext Markup Language), Tim Berners Lee allait actualiser les possibilités de navigation ouvertes par l’interconnexion mondiale des ordinateurs. D’autres visionnaires, comme Douglas Engelbart et Joseph Licklidder, ont développé dès les années 60 des outils de travail collaboratif en ligne et de manipulation directe des informations sur les écrans d’ordinateurs (souris, fenêtres, etc.), devenus monnaie courante aujourd’hui. La ligne de recherche de l’intelligence collective se caractérise notamment par le développement de nouveaux instruments symboliques universels (icônes, liens hypertextes, fenêtres, dispositifs de repérage spatio-visuels, normes de description des documents, etc.) qui tentent d’exploiter le caractère dynamique et interconnecté du nouveau support de l’écriture. Le programme de l’intelligence collective développe dans le nouveau milieu de communication numérique un travail d’extension des puissances du langage humain qui a été initié par l’invention de l’écriture (- 3000), poursuivi par l’invention de l’alphabet (-1000), puis par l’usage intensif de l’imprimerie (la presse à caractère mobile fut inventée en1450) et des médias électriques (au cours des 19e et 20e siècles). -- Pierre Levy I C
3. Rapport Intelligence individuelle/Intelligence collective :
- Est-ce que le terme "intelligence individuelle" a un sens ? .... pour qu'il
y est intelligence il faut forcément qu'il y ait une interaction entre
différentes entités ? -- Arnaud Lafont I C
- Le sens que je donne à l'intelligence individuelle, c'est l'intelligence
collective de sa psyché plurielle. Il est indéniable que la psyché se constitue
dans l'interaction avec l'autre extérieur (d'un point de vue physique) (cf
Winicott et les objets transitionnels). C'est un apport "alpha" des autres à une
personne. Mais je ne pense pas qu'elle se réduise à ces autres, sinon il n'y
aurait pas de création possible (nous ne serions que des miroirs les uns des
autres). En fait, c'est dans ce "delta" entre ce qui est reçu et ce qui est émis
que se fait l'apport individuel au collectif. A contrario, ce "delta" ne
pourrait pas voir le jour sans cet apport "alpha". -- Michel Paillet I C
- L'intelligence (ou la cognition) individuelle n'est pas un bon element de
base pour l'IC, car l'individu emerge (plus ou moins bien) du flux foisonnant
des activites psychiques internes et de l'environnement social, qui est
anterieur a toute cognition individuelle (dans l'histoire et dans l'enfance).
C'est le langage qui donne forme (et peut-etre illusion) a l'individu en
permettant les interactions internes et externes. Car seul l'individu est une
source directe de formulations linguistiques. Les individus (et les pensees
individuelles) sont donc contruits a partir du collectif tout autant que le
collectif (et la culture) est construit a partir des individus. -- Daniel Memmi I C
- Aussi étrange que cela puisse paraître, la plupart des recherches en sciences cognitives (pas toutes) se sont essentiellement concentrées sur l’aspect individuel de l’intelligence, les dimensions sémiotiques, techniques et socio-institutionnelles (forcément collectives) restant souvent dans l’ombre. Néanmoins, les phénomènes de coopération et d’intelligence émergente font l’objet depuis quelques années de travaux de plus en plus nombreux (par exemple en économie). A mon avis, dans la perspective de l’intelligence collective, l’étude de la cognition humaine est inséparable d’une anthropologie générale capable de remembrer – par-delà les nécécessaires spécialisations disciplinaires - les dispositifs de production et de circulation du sens dans la société. -- Pierre Levy I C
- Pour moi l'espace des Sens n'est pas "l'inconscient collectif" ou ce monde des idées et des archétypes mais le propre de chaque personne humaine "être de Sens" ce qui fait de chacun le sujet d'une intelligence propre, celui d'une relation humaine de partage de Sens (on ne partage que ce que l'on a ou ce que l'on est) et celui d'une coexistence dans une et des communautés humaines (collectifs). De ce fait le "collectif" est le fait des personnes ( instances de Sens) mais les réalités (conscience, réalisations) le fait du collectif. De là une articulation nouvelle du rapport personne communauté et une clé de tous les rapports au collectif des individus qui peut sombrer dans l'ambiguïté ou le déni. -- Roger Nifle I C
- En relisant (un peu) Piaget, je m'apercois qu'il a dit des choses
interessantes sur les rapports entre intelligence individuelle et collective.
Bien que c'est toujours essentiellement la psychologie individuelle qui
l'interesse, il remarque de maniere repetee que les interactions sociales sont
cruciales pour le developpement cognitif individuel. Il ne parle pas tellement
des concepts et outils intellectuels fourni tout faits par la societé, mais
plutot du role de la discussion cooperative entre pairs. Il s'agit ici
d'enfants, mais les remarques me semblent generalisables. Selon Piaget, cette
"cooperation" amene chacun a elaborer une pensee coherente, non contradictoire,
argumentee et verifiable, tendant a une (relative) objectivité... La relation
sociale modifie donc profondement la pensee individuelle. Mais Piaget voit aussi
un parallelisme et une synergie entre l'equilibrage des operations propre a la
pensee mature et l'equilibrage des echanges necessaire a une discussion
cooperative. Ce parallelisme depend des schemes generaux proposes par Piaget (on
peut ne pas y croire) mais c'est une piste interessante... On voit que le
langage joue un role crucial, car c'est lui qui permet les echanges et la
formulation d'un pensee elaboree. Mais ce ne serait qu'un outil essentiel, et
non une condition suffisante au developpement formel de la pensee, qui suit ses
propres lois. -- Daniel Memmi I C
- J'ajouterai que Peter Senge, l'auteur de la Vème Discipline, prône un mode
de "dialogue" destiné à faciliter cette coopération et cette osmose (relative)
entre des univers personnels qui, pour employer parfois les mêmes mots, restent
néanmoins singuliers et partielllement irréductibles l'un à l'autre. Par
ailleurs, cela renvoie, pour moi, au concept des "intelligences multiples" et
au(x) rôle(s) de l'émotionnel. Il me semble que, s'agissant d'Intelligence
Collective, il y a à creuser aussi dans cette direction... Ecouter l'autre et
l'entendre, avec intérêt et respect, et trouver quelque chose à accepter et à
prendre dans la pensée la plus étrangère à soi, me semble être la condition de
l'émergence d'une intelligence collective et requiert donc que l'émotionnel soit
associé et géré. -- Thierry Groussin I C
- Néanmoins, Vygotsky, un chercheur russe de la même époque que Piaget est sans doute LE psychologue qui a le mieux étudié l'intériorisation du "collectif" dans le "personnel", notamment dans son livre fameux sur le langage et la pensée -- Pierre Levy I C
- Ceci me fait penser aux idées développées par Etienne Wenger dans son ouvrage "Communities of Practice : learning meaning and identity"(1998) où il défend une perspective sociale de l'apprentissage, et étudie les pratiques collectives au sein des communautés de pratique. Il y étudie notamment la production sociale des significations. L'attribution de significations à nos expériences ou à nos actions relève d'un processus que Wenger appelle la négociation de sens. Il précise qu'il faut comprendre le terme "négocier" dans ces deux sens habituels : dans le sens de "négocier un prix" (c'est la dimension sociale) et dans celui de "négocier un virage" (c'est la dimension pratique liée au savoir-faire). Etienne Wenger poursuit actuellement cette réflexion et développe une théorie sociale de l'apprentissage. Il lance une recherche sur l'apprentissage comme processus social et le monde comme un système global d'apprentissage, dans une publication plus récente "learning for a small planet" (mars 2004). -- Isabelle Gonon I C
4. Rapport avec l'Intelligence artificielle :
- On pourrait sans doute faire un parallèle avec le concept d'intelligence
artificielle : quand ce projet a été introduit il a généré beaucoup de peurs :
les "intelligents naturels" ont imaginé qu'ils risquaient d'être remplacés par
les intelligents artificiels. Finalement on s'est aperçu que cette question
n'avait pas de sens puisque les "intelligences artificielles" n'ont de sens
qu'en interaction avec les "intelligences naturellles"; ce n'est pas un rapport
de compétition et de remplacement, c'est un rapport de symbiose (en tout cas il
est sans doute plus confortable de vivre avec cette représentation des choses).
-- Arnaud Lafont I C
- Dès les débuts de l’informatique, deux programmes de recherche se sont opposés sur le point de savoir quel devait être l’usage prioritaire des ordinateurs. Le premier, celui de l’intelligence artificielle, a longtemps occupé l’avant-scène. Ce programme préconise essentiellement la simulation des capacités cognitives humaines. Je précise que le programme de recherche de l'IC n’est nullement « opposé » à l’intelligence artificielle mais qu’il entend explicitement utiliser les découvertes et techiques de l’IA à des fins d’augmentation des capacités cognitives humaines.-- Pierre Levy I C
5. Les "peurs" de l'IC (avantages et inconvénients) :
- Essayons de révéler les "peurs de l'IC" pour mieux les annihiler. Quelques
propositions, les peurs classiques (réactions premières) ne seraient-elle pas du
type :
- l'IC c'est un sujet difficile parce que naturellement les individus ne seraient pas propices à générer de l'IC (l' IC est un sujet difficile elle mérite donc la création d'une mailing liste ;-)
- en participant à un projet d'IC il y a de forte chance pour que je perde mon temps parce que j'aurais plus vite fait tout seul pour arriver au même résultat
- en participant à un projet d'IC je vais y perdre mes avantages concurrentiels, ma sécurité par ce qu'il faudrai que je livre et perde le bénéfice de "ma fortune", de mes idées uniques et protectrices.
Conclusion : pour rendre effectives des outils d'IC bâties sur de nouvelles capacités de mise en relation à très grande échelle d'individues il faut construire des scénarios d'usages qui éduquent, qui proposent :
- une explication "individu-collectif"
- ainsi qu'une explication de l'intelligence proposée (de l'écosystème d'information proposé). Si on prend un Wiki tout simple, il me semble qu'il reste beaucoup de travail à faire... -- Arnaud Lafont I C
6. La mise à l'épreuve par la pratique :
- A la lecture d'un tel article (ou d'autres ou de livre...) nous devenons tous individuellement plus intelligent. Espérons-le en tous cas. Quid de l'intelligence collective ? Par ces lectures, nous améliorons notre réseau avec liens, signes, compréhension... pour reprendre cette notion d'écosystème d'idées développé au point 2 : Etude de la cognition humaine. Est-ce suffisant ? Je reprendrais là des notions immémoriales soutenues par tous les maîtres que ce soit pour les compagnons du moyen-âge ou probablement depuis l'antiquité voire bien avant : mettre en pratique c'est apprendre mille fois. --Malo Giro de l'Ain
- Tout-à-fait d'accord pour dire que les compétences ne se développent que par la pratique (voire même une pratique disciplinée) et que les compétences collectives ne se développent que par une pratique collective... -- Pierre Levy I C
7. L'écosystème des idées :
- Je rajouterai quelque chose. L'évolution (et on peut l'entendre des espèces
mais aussi d'un écosystème d'idées) vient de ce que la nature se réplique
imparfaitement elle-même. Si la réplication était parfaite, le monde "vivant"
serait stable. C'est par l'individu que "l'imperfection" génératrice d'évolution
fait son entrée dans le système. Par analogie, une pensée dogmatique serait une
réplication parfaite (et vice versa). Donc figée. Donc morte. L'apport de
l'individuel à l'intelligence collective se situe donc dans "l'anomalie" qu'il
apporte au sein d'un écosystème qui tend à se figer. -- Thierry Groussin I C
- Je propose à cet effet une approche en termes d’écologie des idées. Selon ce
paradigme, les idées sont des *phénomènes symboliquement structurés* qui
interagissent et se reproduisent dans l’interconnexion des systèmes cognitifs
humains. Si l’on file la métaphore biologique, les idées sont des “organismes”,
et les structures symboliques qui les informent – ou mèmes - sont les
équivalents des “gènes”. Les idées ne passent pas directement d’un système
cognitif à l’autre (ni même d’un moment à l’autre du même système cognitif).
Leur reproduction – jamais identique, mutante - implique la transmission de leur
germen, c’est-à-dire de leur structure symbolique. Les structures symboliques
transmises par les messages développent leur organisation phénoménale (leur
chair sensible émotionnelle et signifiante) au sein de systèmes cognitifs
individuels... qui sont eux-mêmes des micro-écosystèmes d’idées. C’est ainsi que
nous “comprenons” un “message”. Dans cette optique, les systèmes de signes, les
médias techniques et les institutions (ces dernières coordonnant la “culture” et
l’évolution de certaines idées spéciales) prennent toute leur place dans l’étude
de la cognition. Je crois que les écosystèmes d’idées peuvent s’analyser
précisément en (au moins ! ) six facteurs se conditionnant réciproquement:
- Trois d’entre eux constituent en quelque sorte l’environnement permettant
aux idées de se reproduire:
- Réseaux sociaux: quantité et qualité des liens entre personnes qui se transmettent des idées.
- Réseaux sémiotiques: systèmes de signes, quantité et qualité des messages et documents disponibles, liens entre documents. On a ici affaire aux “codes génétiques” des idées.
- Réseaux techniques: quantité et qualité des équipements qui supportent les activités humaines, donc les activités de création et transmission d’idées.
- Trois autres facteurs sont plutôt d’ordre “cognitif”.
- Réseaux de représentations (connaissances “déclaratives”, produits des sciences et des arts). En somme : savoir.
- Réseaux de compétences (savoir-faire, connaissances “procédurales”, souvent coordonnés par des métiers). En somme: pouvoir.
- Réseaux d’intentions, valeurs, buts, finalités… (généralement coordonnés par des institutions). En somme: vouloir. -- Pierre Levy I C
- Trois d’entre eux constituent en quelque sorte l’environnement permettant
aux idées de se reproduire:
- Mais j'y vois une forme de platonisme (quasiment naturel chez la plupart des
mathematiciens). -- Daniel Memmi I C
- Platonisme sans doute puisque les idées "existent" et que l'on peut
remplacer "monde intelligible" par "espace sémantique". Mais, dans "mon"
approche écologique (partagée tout de même avec un grand nombre d'auteurs tels
que Popper, Morin, Bateson, Whitehead et j'en passe) les idées ne sont :
- ni fixes et éternelles
- ni indépendantes des êtres humains qui les abritent et qu'elles maintiennent en vie (symbiose...) -- Pierre Levy I C
- L'idée de la rue comme une des dimension de l'espace symbolique de
représentation des idées ? (une idée de l'espace des idées peut elle être
simultanément une dimension de l'espace des idées ?) http://www.streetmemes.com/ On peut voir
ce site comme un capteur intermédiaire entre les entités psychique
(signifiés/signifiants 'internes') et leur expression dans le cyberespace (monde
numérique + analogique). Un 'capteur dynamiseur' dans la mesure ou le stockage
numérique est ici la base d'une circulation potentielle des mèmes, voire de leur
mise en évidence sous l'action du collectif qui établit les relations entre
images, donc de leur représentation constructiviste. -- Yann Le Guennec I C
- La rue : fenêtres, portes, vitrines, façades, formes architecturales, commerces, enseignes, marché, marchandises, monnaies, marques, voitures, véhicules de toutes sortes, manifs, pancartes (surtout à Paris), affiches, vêtements... et la mode! En voilà des mèmes dans la rue... Rien de tout cela n'existe dans les mondes vécus que sécrètent les systèmes cognitifs des animaux. -- Pierre Levy I C
- Une idée n'est-elle pas comme un cube de Necker ? Elle peut apparaitre sous
deux formes différentes quasi simultanément mais jamais complètement. On peut
dire: l'idée est comprise ou non. Mais en fait il peut y avoir trois idées :
l'idée en dehors de l'être humain, 'en dehors du signifié' à laquelle nous
n'accédons pas (mais qu'on peut imaginer exister); l'idée comprise, celle qui
fait accord dans un collectif; l'idée non comprise qui est une idée plus
individuelle.... -- Yann Le Guennec I C
- Bien sûr ! Et cela pour la bonne raison que chaque dimension de l'espace des
idées est un point de vue ontologique sur ce même espace. Il s'agit d'un espace
perspectif généralisé. Une idée a potentiellement une infinité de dimensions
mais elle en a *au minimum* trois:
- Le signifiant : c'est un phénomène sensible - acoustique, visuel, etc. - auquel nous attachons une signification (conventionnelle, par inférence, etc.). Evidemment la partie signifiante d'une idée peut durer très longtemps sans être "dans" l'esprit de qui que ce soit (les hiéroglyphes sont resté illisibles pendant 1700 ans, puis se sont remis à "parler").
- Le signifié, c'est-à-dire des représentations associées à des intentions et des émotions dans un esprit humain vivant. On notera que le signifié est lui même composé de signifiants, ou structuré par des signifiants, outre son contenu phénoménal (sensations, échantillons de souvenirs, etc.)
- La référence, autrement dit "ce vers quoi" pointe l'esprit humain quand il pense, parle ou agit symboliquement. L'idée fait exister une "réalité" (ou une absence de réalité dans le cas d'énoncés négatifs).
- au moins les trois dimensions dont je viens de parler
- des capacités cognitives liées au langage articulé + une culture fournissant les instruments symboliques adéquats
1) Ce que tu appelles "l'idée en dehors de l'être humain" est peut-être la référence,
2) Ce que tu appelles "l'idée comprise" est peut-être le mème en circulation
3) Ce que tu appelles "l'idée non comprise, individuelle", est le signifé qui se déploie dans l'esprit d'une personne, signifié toujours forcément singulier puisqu'il n'y a pas deux écosystèmes d'idées personnelles (en psycho cognitive : le réseau sémantique de la mémoire à long terme) ni deux situations effectives exactement semblables. L'interprétation est originale. Je prétend qu'aucun de ces trois angles n'est - à lui seul - le triangle. -- Pierre Levy I C
8. Représentation de l'IC :
- Est-il possible d’utiliser les données (non-nominatives) qui circulent dans le cyberespace pour alimenter un instrument d’auto-observation de l’intelligence collective. Ceci pourrait se faire à de multiples échelles, de la petite communauté virtuelle à la grande entreprise, de la ville à la région, etc., jusqu’à l’humanité entière. L’image de l’IC se présenterait alors comme un monde virtuel collaboratif, potentiellement infini, dans lequel chaque communauté serait représentée par une image reflétant ses actes et transactions cognitives, ainsi que son point de vue original sur l’ensemble de l’intelligence collective. “L’espace sémantique” de ce monde virtuel serait de type relativiste, sa géométrie étant conditionnée – localement et globalement - par les évolutions et interactions des communautés, leurs coproductions et leurs échanges d’idées. Je ne vous cache pas que ce projet suppose l’adoption d’un système de coordonnées sémantiques commun, fondé sur un modèle "symétrique" -comme tout système de coordonnées qui se respecte - de l’intelligence collective. Nos ancêtres du néolithique ont inventé les systèmes de coordonnée et de mesure spatiaux, temporels et autres dont ils avaient besoin pour développer leur agriculture et édifier leur civilisation. Des méthodes et des instruments d’observation nouveaux, ainsi que d’autres systèmes de mesure et de coordonnées ont été inventés par la géographie moderne, par la physique contemporaine, etc. Il me semble que la “société de la connaissance” ne restera qu’un mot tant que nous n’aurons pas adopté de convention qui nous permette de nous orienter et de nous coordonner dans l’univers encore trop abstrait et invisible de l’intelligence collective. -- Pierre Levy I C
- Je pensais que l'IC comme domaine chercherait a analyser en detail les
processus de creation et transmission de representations collectives par les
groupes sociaux impliques. Mais il me semble que tu [Pierre Levy I C]
t'orientes vers une sorte d'histoire naturelle d'un ecosysteme symbolique,
augmentee de propositions d'outils de representation et d'observation. -- Daniel Memmi I C
- C'est précisément pour " analyser en detail les processus de creation, etc." que l'on a besoin d'outils de représentation et d'observation. Peut-être est-ce assez "osé" de ma part mais je crois qu'il existe une nature symbolique, très variée, trés évolutive et hautement interdépendante. Elle se déploie dans un espace (que j'appelle l'espace sémantique) qui a potentiellement une infinité de dimensions. D'où l'intérêt scientifique du problème de la représentation de cet espace. -- Pierre Levy I C