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Ce groupe a terminé ses travaux - Il s'agit d'un site d'archive
retrouvez les synthèses des différents aspects qui favorisent l'Intelligence Collective
et le questionnaire "comprendre par vous même ce qui se passe dans un groupe"
Discussions sur Wiki
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Isabelle Gonon I C :
>>... Avec des outils, c'est peut-être plus facile, car nous avons alors des objets communs sur lesquels et avec lesquels nous pouvons travailler. On peut aussi voir ces outils comme les noeuds d'un réseau de personnes, par exemple ce qui nous relie actuellement est principalement cette liste, et il y a aussi un wiki qui nous attend :) ...<<
Si l'on parle de wiki en tant qu'outil ("avec lequel on peut travailler") j'ai quelques avis sur la question :
Pour moi l'usage premier d'un wiki est l'édition partagée, Wikipédia en est un parfait exemple.
C'est un outil de travail. Il est, à ce titre, souvent intégré à certains groupwares ou portails collaboratifs.
Le wiki peut être aussi un espace de libre parole. Mais dans ce cas il me semble moins ergonomique que certains forums.
C'est aussi un moyen simple de publication sur le web lorsqu'on ne connaît pas le langage html. Les pages persos sont de plus en plus des blogs ou même des wiki.
J'ai toutefois tendance à penser qu'à chaque usage correspond un outil privilégié. La liste pour diffuser l'info, le forum pour débattre, le wiki pour rédiger à plusieurs, des groupwares pour organiser le travail d'un groupe etc.
On peut certes détourner un outil de son usage premier, c'est ainsi que l'on innove, mais on court aussi parfois le risque d'une sous-utilisation.
Dans le domaine des "outils", le groupware qui permet d'organiser le travail d'un groupe, est pour moi, avec ses multiples fonctionnalités (agenda partagé, gestion des tâches, bases de données, mailing list, partage de
fichier, sondage etc.), l'outil privilégié pour un travail collaboratif. Mais il paraît que les tikiwiki remplacent efficacement toutes ces fonctionnalités.
Il faudra donc peut-être que je révise mon point de vue, sur un outil pour chaque usage ;)
Si l'on parle de wiki en tant qu'objet d'étude ("sur
lequel on peut travailler"), comme un "miroir du groupe", je suis intéressée par
toute étude en cours sur ce sujet, du type de la recherche conduite par Luc
Legay
(merci pour ce lien !).
Yann Le Guennec I C :
>> J'ai toutefois tendance à penser qu'à chaque usage correspond un outil privilégié. La liste pour diffuser l'info, le forum pour débattre, le wiki pour rédiger à plusieurs, des groupwares pour organiser le travail d'un
groupe etc. On peut certes détourner un outil de son usage premier, c'est ainsi que l'on innove, mais on court aussi parfois le risque d'une sous-utilisation.<<
On peut par exemple poser ce problème ainsi :
Les cogniticiens devraient nous aider à
y voir plus clair.
Le problème ainsi posé ressemble aussi à l'opposition entre les paradigmes positivistes et constructivistes, tels que je les comprends à l'heure actuelle. La nature a-t-elle des propriétés objectives en dehors de l'observateur ou est-ce l'observateur qui produit des propriétés du fait de son observation ? Il n'y a sans doute pas de réponse définitive, mais pour Jacques Miermont (1), ces "a priori épistémiques et épistémologiques" ont une grande influence sur la capacité d'un groupe à délibérer et l'état de sa conscience collective.
(1) http://www.mcxapc.org/docs/ateliers/miermo1.htm
Pierre Levy I C :
>> Le problème ainsi posé ressemble aussi à l'opposition entre les paradigmes positivistes et constructivistes, tels que je les comprends à l'heure actuelle. La nature a-t-elle des propriétés objectives en dehors de l'observateur ou est-ce l'observateur qui produit des propriétés du fait de son observation ? Il n'y a sans doute pas de réponse définitive, mais pour Jacques Miermont (1), ces "a priori épistémiques et épistémologiques" ont une grande influence sur la capacité d'un groupe à délibérer et l'état de sa conscience collective.<<
1) Mettons en place deux groupes utilisant le même outil (wiki, par exemple), l'un constructiviste et l'autre positiviste.
2) Observons la différence entre les usages du wiki par les deux groupes.
Daniel Memmi I C :
>> J'ai toutefois tendance à penser qu'à chaque usage correspond un outil privilégié. La liste pour diffuser l'info, le forum pour débattre, le wiki pour rédiger à plusieurs, des groupwares pour organiser le travail d'un groupe etc. On peut certes détourner un outil de son usage premier, c'est ainsi que l'on innove, mais on court aussi parfois le risque d'une sous-utilisation.
On peut par exemple poser ce problème ainsi :
Bien que manquant d'experience pour une partie de ces outils, je crois qu'il n'y a pas de reponse simple a ces questions. Bien sur que les outils ont des fonctionnalites differentes (et ont été concus pour des usages particuliers a l'origine). Par exemple la liste de diffusion devient incommode si le nombre de participants augmente trop, et le forum devient alors plus approprié. Mais on peut tres bien detourner des outils qui sont encore assez frustes (la liste de diffusion devenant une liste de discussion par exemple, le weblog devenant un simple moyen d'editer un site Web, etc).
Enfin les usages sont sociaux: si une communauté utilise un outil d'une certaine maniere (historiquement contingente), cet usage aura tendance a se fixer et a se perenniser. Voir la breve histoire des weblogs...
Malo Giro De l'Ain :
Bonjour,
Je rebondis sur la question des usages des wiki,
Ayant pratiqué intensément une demi-douzaine de wikis très différents depuis plus d’un an, je propose ci-dessous quelques éléments de ma vision du moment sur le sujet.
- Le succès du wiki
Comme le mail, le web, le forum, le chat…, le wiki (et ses évolutions) est, à mon avis, promis à un très bel avenir pour plusieurs raisons. Comme les outils précédents, il est simple (ok, pas tout à fait autant qu’eux mais bientôt), riche, puissant et pas cher. Et comme chacun des outils précédents, il apporte un nouvel espace de fonctionnalités uniques qui peut se résumer par : une réelle capitalisation des contributions.
Les wikis ont une plasticité étonnante qui permet de construire en même temps (non sans difficultés, cf plus bas) le contenu, la structure du contenu, le cadre conceptuel et le livre de philosophie en même temps :)
Aucun des outils précédents n’apporte cette richesse et cette souplesse.
Dans le cadre de cette liste (mais vous aurez compris que je trouve cet outil liste gentiment désuet :), le wiki me paraît l’outil même de l’intelligence collective aujourd’hui.
- Les difficultés du Wiki
Cette richesse et cette souplesse font que tout est possible à tout moment et bonjour les dégâts, en particulier dans des espaces innovants où les règles, non clairement définies à l’avance, se font en marchant allègrement sur les doigts de pied des voisins :) N’est-ce pas Yann ?
Est-ce plus violent que sur certaines listes qui savent aussi bien dégénérer, je ne sais pas mais les conséquences peuvent apparaître plus grave (apparaître car en réalité la fonction archive permet toujours de revenir en arrière) : le contenu peut disparaître, les menus changer… On se retrouve comme face à un serpent ondulant, effrayant, difficile à attraper…
La problématique devient faut-il l’attraper et le contraindre, le laisser s’échapper et dériver totalement ? Les réponses ne sont pas simples, les pratiques manquent encore, quelques sites US sont en avance, et tout apport sur la question est bienvenu.
- Conclusions provisoires
Alors oserons-nous wikiser :) ?
Comme le suggérait Yann : il y a aussi un wiki qui nous attend :)
http://www.fing.org/wikini/wakka.php?wiki=IntelligenceCollective
J’ai mis ce texte (à jardiner comme on dit sur les wikis) sur le site à :
http://www.fing.org/wikini/wakka.php?wiki=DiscussionsIC
Amicalement
Malo
Denis Pansu I C :
J'ajouterais au premier propos de Malo, un constat pas si anecdotique que cela : les "mousses".
Plusieurs wikis (dont http://wiki.crao.net/ et http://igenerator.net ) ont démarré en articulation avec des temps de rencontre conviviaux, une bière à la main.
Cette phase est parfois nécessaire pour entrer en action (i.e. produire un input dans l'espace de collaboration), la simplicité de l'interface wiki n'étant pas toujours suffisante (et même parfois déstabilisante car "trop simple").
Un témoignage illustrant une fois de plus le phénomène de reconnaissance mutuelle qui stimule le désir de partager de l'information (sans parler de l'effet "reniflage" entre mamifères, qui désinhibe).
Thierry Groussin I C :
Je partage cette idée : il me semble aussi que lorsque les personnes se sont rencontrées, ont fait connaissance, il y a ensuite plus de motivation à faire vivre virtuellement le groupe.
Pour la mousse, je suis OK sauf dans le cas d'un petit-déjeuner.
Isabelle Gonon I C :
Je n'ai pas l'intention de "réagir" aux propos cités ci-dessous, tous pertinents à propos des rencontres "présentielles", mais simplement de faire part de mon expérience en la matière.
Depuis la rentrée 1998 je m'occupe de formations qui se déroulent en totalité sur Internet et concernent en moyenne 600 étudiants par an, ce qui m'a permis d'observer un bon nombre d'étudiants virtuels. Du moins ai-je
surtout observé le fonctionnement des groupes.
Certaines formations (toutes celles qui ont une durée inférieure à un an) ne comportent aucun présentiel. Les autres formations ont un unique rassemblement en présentiel de 3 jours dans l'année.
En effet nos étudiants étant dispersés sur l'ensemble de la planète, il n'y aurait pas d'égalité si nous basions les apprentissages sur des rencontres présentielles. Néanmoins nous proposons un rassemblement pour satisfaire les curiosités et le désir de se rencontrer physiquement.
J'ai rencontré en gros 2 types de comportement :
C'est que les gens ne se sont pas plu. Ils ne se sont pas reconnus. Ils attendaient un gars sympa, il ont trouvé un monsieur coincé etc.
Enfin pour parfaire ma connaissance de l'enseignement en communautés virtuelles d'apprentissage j'ai moi-même été étudiante de notre DESS. Je peux donc témoigner que le travail en communauté virtuelle m'a fait
apprécier des personnes vers lesquelles spontanément mes goûts ne m'auraient pas porté.
Dans notre petit groupe de travail, nous avions des fou-rires virtuels, des délires, nos private jokes, tout cela sans nous être jamais rencontrés par la seule vertu du travail et des "galères" partagées.
J'en conclu pour ma part que les échanges virtuels permettent de se connaître et de s'apprécier pour ses compétences, son efficacité, sa présence et sa réactivité, pour l'aide que l'on sait apporter aux autres, ou
les idées nouvelles, ou bien la capacité d'organisation de cadrage etc. Parfois le présentiel apporte un plus, parfois, en introduisant d'autres critères de jugement, il perturbe les relations qui se sont instituées au sein du groupe virtuel.
Néanmoins, en tant que parisienne, je ne manquerai pas le rassemblement !
GodefroyBeauvalletIC :
Une très intéressante discussion a démarré sur la question des usages des wiki, en sortant d'une vision idyllique de l'auto-organisation démocratique et transparente. Cela m'a fait penser aux analyses "boltanskiennes" (et aussi Auray, Cardon, Granjon...) sur la "cité par projet" et la "valeur activité" comme pierre angulaire des jugements sur les personnes. Il me semble qu'il serait très intéressant que l'un ou l'une de ceux qui ont participé à la discussion synthétise en quelques paragraphes la problématique et les premières pistes sur "wiki et relations entre participants", afin de susciter d'autres réactions. Yann, Isabelle, l'un d'entre vous serait-il prêt à tenter la chose, et à poster sur le wiki et la liste le résultat d'une première passe ? Cela pourrait donner le "noyau" de quelque chose à publier sur le site et d'une discussion à avoir en présenciel à l'automne.
Daniel Memmi I C :
C'est un sujet tres interessant en soi (et qui m'interesse beaucoup comme informaticien), mais cela me semble un detail technique par rapport a l'intelligence collective. Je doute que les moyens techniques changent fondamentalement les problemes intellectuels, meme si ils accelerent notablement interactions et changements.
Michel Paillet I C
>>C'est un sujet tres interessant en soi (et qui m'interesse beaucoup comme informaticien), mais cela me semble un detail technique par rapport a l'intelligence collective. Je doute que les moyens techniques changent
fondamentalement les problemes intellectuels, meme si ils accelerent notablement interactions et changements."
Je ne partage pas cet avis. Il me semble qu'une démarche théorique détachée de son expérimentation est vidée de sa substance. Les deux vont ensemble et se fécondent mutuellement. Or, je crois, et je ne semble pas être le seul, que les wikis, outils très concrets, sont une source très féconde de réflexion théorique.
En ce qui me concerne, c'est notamment eux qui m'ont permis de progresser en m'interrogeant sur pourquoi et comment fonctionne la dynamique collaborative avec ces outils. Ils m'ont permis de progresser vers la compréhension des organisations et des projets comme "discours et ontologie", ce qui met la "refactorisation", dont l'objet est notamment de dégager cette ontologie, au cœur de la création de valeur et de l'orientation du groupe. C'est d'ailleurs une refactorisation de ce type que vient de faire Godefroy Beauvallet.
Daniel Memmi I C :
>>>"C'est un sujet tres interessant en soi (et qui m'interesse beaucoup comme informaticien), mais cela me semble un detail technique par rapport a l'intelligence collective. Je doute que les moyens techniques changent fondamentalement les problemes intellectuels, meme si ils accelerent notablement interactions et changements."<<<
>>Je ne partage pas cet avis. Il me semble qu'une démarche théorique détachée de son expérimentation est vidée de sa substance. Les deux vont ensemble et se fécondent mutuellement. Or, je crois, et je ne semble pas être le seul, que les wikis, outils très concrets, sont une source très féconde de réflexion théorique.<<
Oui, c'est vrai que les outils ont leur importance (cf Internet en general). Mais je voulais amener les gens a preciser leur(s) position(s) sur l'IC. Une approche par l'observation de la pratique d'un outil pertinent comme les wikis ne me choquerait nullement, si on tire des formulations generales claires.
>>En ce qui me concerne, c'est notamment eux qui m'ont permis de progresser en m'interrogeant sur pourquoi et comment fonctionne la dynamique collaborative avec ces outils. Ils m'ont permis de progresser vers la compréhension des organisations et des projets comme "discours et ontologie", ce qui met la "refactorisation", dont l'objet est notamment de dégager cette ontologie, au coeur de la création de valeur et de l'orientation du groupe. C'est d'ailleurs une refactorisation de ce type que vient de faire Godefroy Beauvallet.
Voila qui depasse en effet la simple observation de l'outil informatique. Il s'agit plutot de la maniere dont l'outil est utilisé a la fois socialement et intellectuellement. Mais ma mefiance envers les outils en soi vient peut-etre de ce que je travaille dans un milieu d'informaticiens, qui ont une facheuse tendance a toujours privilegier la technique et a negliger les usages...
Anne Caroline Paucot I C :
A la question, "le wiki peut contribuer à doper l'intelligence collective ?», je répondrai : Oui, autant qu'un ouvre-boîte, une machine à tricoter, une pince à épiler ou un démonte-pneu. Le wiki, aussi sophistiqué et performant soit-il, n'est qu'un outil, et, comme tout outil, on peut s'en servir pour le meilleur comme pour le pire. Avec un marteau, on peut casser des baraques ou construire des châteaux en Espagne. Avec le wiki, c'est le même principe, on peut construire ou détruire.
Croire qu'un outil, du fait de ses qualités intrinsèques, nous entraînera dans une spirale vertueuse et boostera nos intelligences et de ce fait l'intelligence collective, est à mon avis une douce illusion. Une illusion, à ce que je constate, très masculine. Sans faire de sexisme, il est clair que, nous les femmes, nous sommes plus intéressées par l'utilité d'une technique que par ses performances. Les giga turbo à haut débit derniers cris des progrès des rugissantes technologies nous émeuvent rarement. En revanche nous sommes sensibles au rétroviseur grand écran rétro éclairé qui nous permet d'opérer un salutaire ravalement de façade !
A mon sens, l'unique voie pour doper l'intelligence collective est de faire le pari du métissage : métissage des réflexions, cultures, sensibilités, compétences, talents...
Un pari délicat. Il faut accepter toutes opinions, les contredire, les amender, les enrichir de nos différences. L’exercice n’est pas facile. On a tous une oreille sélective qui a une fichue tendance à ne retenir que les propos se situant dans son cadre de référence. Ne nous méprenons pas sur nous-mêmes. Aussi cultivés sommes-nous, nous sommes des boîtes à musique. Nous avons deux ou trois chansons dans le ventre et nous adorons ceux qui chantent les mêmes ritournelles. Nous oublions souvent, qu'ouvrir la fenêtre pour aérer nos pensées, est un exercice d'hygiène mental salutaire.
Un pari complexe... Il faut que la discussion soit ouverte afin que des points de vue divergents puissent s'exprimer. Il ne suffit pas de claironner "C'est ouvert à tous, venez participer." mais aussi aller à la rencontre d'autres intérêts. Par exemple, si les discussions sont centrées sur les performances d'outils et de concepts, les femmes se retireront rapidement. Pas par défaillance du cortex, mais tout simplement parce qu’elles ne se sentiront pas concernées. (J’insiste, parce que je constate que, comme d’habitude, les femmes ne sont pas très présentes dans cette liste)
Un pari qui oblige une attention de tous les instants. Exemple... On lance une liste. Super, cela fonctionne. Pour dynamiser l'affaire, on va organiser une première journée de rencontre à Paris. La rencontre réelle ayant toujours plus d'impact que l'échange virtuel, ceux qui pourront participer (les Parisiens) auront un avantage indéniable sur les autres. Quelques mois plus tard, on s'étonnera que seuls les Parisiens continuent à participer à l'échange.
Un pari riche... Le progrès naissant de la diversité des cultures et de l'affirmation des particularités, cette mixité réflexive ne peut être que gagnante pour chacun et donc pour tous.
Et si le Wiki peut favoriser ce métissage, pourquoi pas.
Yann Le Guennec I C :
>> A la question, "le wiki peut contribuer à doper l'intelligence collective ?», je répondrai : Oui, autant qu'un ouvre-boîte, une machine à tricoter, une pince à épiler ou un démonte-pneu. Le wiki, aussi sophistiqué et performant soit-il, n'est qu'un outil, et, comme tout outil, on peut s'en servir pour le meilleur comme pour le pire. Avec un marteau, on peut casser des baraques ou construire des châteaux en Espagne. Avec le wiki, c'est le même principe, on peut construire ou détruire.<<
De mon point de vue, le wiki est plutot le château que le marteau. il en va de même pour internet, qui est plus un environnement qu'un outil. Ce positionnement permet d'envisager par exemple :
" La notion de cyberception, telle que définie par Roy Ascott, est une perception physique et mentale non plus déterminée et conditionnée par le seul espace physique et les limites de notre corps mais élargie, augmentée par -et dans- le cyberespace et par la relation dialectique entre les deux (inter-espace). "
C'est dans ces espaces que se produisent les métissages, qu'interagissent nos entités psychiques divergentes et anormales avec des foultitudes de mèmes encodés dans l'électricité ;-)
Roger Nifle I C :
Le Wiki à quoi ça sert?
Trois analyses pour tenter de conclure.
C’est le problème des usages d’Internet dont la conception est directement liée au degré de conscience que l’on a.
Une métaphore pour une première partie de réponse:
Le marteau est un outil, qui sert à enfoncer les clous ou tailler des pierres, le wiki aussi (pour des utilisations différentes semble-t-il mais mal identifiées). les outils ont des usages spécifiques mêmes quand ils sont détournés.
Le menuisier fabrique des meubles c’est son métier. Il utilise un marteau parmi bien d’autres outils. Il utilise aussi des machines outils. C’est le processus métier qui compte, la méthode, le processus de fabrication l’outil se définit par rapport à sa contribution à ce processus qui est premier. Le Wiki est-il une machine outil? Là il ne vaut pas un clou. Peut être des tentatives comme le tikiwiki! mais où est le processus. Un exemple de ce type SPIP pour un processus de production éditoriale dans une communauté virtuelle. voir spip.net.
Où sont les études, les conceptions des nouveaux processus de... production en commun par exemple permettant de concevoir des moyens-métiers (machines outils) pour y contribuer. Organisation du travail, dynamique des groupes et des relations humaines, stratégies managériales, méthodologies process et processus, ce sont des sources d’inspiration à ne pas ignorer sauf à croire à quelque magie.
Ensuite il y a les entreprises de menuiserie qui ont une fonction de service sur tel ou tel marché. Ces entreprises ont à anticiper l’évolution des usages et pratiques sociales et concevoir un mobilier en conséquence qui va demander de nouvelles méthodes et processus métiers et inspirer la création de nouveaux wikis (où met-on le s).
Le même problème est actuellement posé dans l’enseignement. Discussion sur les outils et boites à outils (le niveau le plus fréquent). “Découverte” de processus métiers inattendus, incroyablement complexes, “ceux de la pédagogie” avec de grandes confusions et surtout des tentatives de transformer la pédagogie en processus technologique (réification). On effleure ce niveau actuellement.
Et pendant ce temps c’est tout le “service” de l’enseignement qui est remis en question si bien qu’il est stupide de réduire internet à la résolution de problèmes d’informations dans les cadres habituels.
Pour un lecture de ces trois niveaux voir le concept de cités macropédagogiques
Que fait notre wiki à ce niveau? A ce stade observons les confusions ce n’est pas parce que le wiki peut intervenir dans des mutations de société qu’il en est le vecteur privilégié ni la cause pas plus qu’un nouveau marteau dans la menuiserie du futur...
Je l’ai développé pour la pédagogie et toutes les activités humaines. C’est toujours l’expérience humaine qui est en jeu, et dans sa consistance, et dans ses enjeux.
Trois repères
1 Ce qui relève de l’intention et de la décision
2 ce qui relève de l’information, de sa production et sa recherche (wikipédia?)
3 ce qui relève de l’ordonnancement et la conduite des processus, stratégies et projets?
Trois composantes
La composante affective et relationelle, animation, cohésion et jeu des rôles
La composante opératoire, coopération organisée, procédés, performances
La composante cognitive, ou formations de représentations mentales.
J’ai mis en évidence l’importance de cette dernière dimension de toute élaboration collective (et aussi individuelle) qui consiste à mettre dans des représentations partagées ou partageables ce qui est cogité à l’amont, pendant ou à l’aval dans toute action. Moyens de représentation collective dans des langages appropriés, moyens de préparation et d’analyse et moyens de créativité de composition et de synthèse. Pour cela c’est la discussion et l’élaboration discursive qui sont importants.
Voila la place du WIKI.
Cependant comme tout outils il ne peut combler tous les besoins notamment des autres dimensions comme on en entend parler de façon confuse. Pour une production élaborée il faut des “espaces virtuels d’activités” qui intègrent toutes le dimensions. On en parle à propos du wiki (tiki?) mais ce n’est pas le marteau qui fait l’armoire.
Par contre quel type de marteau est le wiki. Pour répondre il faut entrer dans les phénomènes d’élaboration des représentations mentales collectives. Cela nous amènera à la troisième partie en rapport avec l’intelligence collective.
Au préalable il faut insister sur le fait que cette dimension n’est pas le tout comme l’on est tenté de le croire dans une civilisation qui ne veut pas avancer se croyant indépassable. Alors le wiki ne trouvera son plein usage que pour une civilisation nouvelle avec des métiers nouveaux comme un bon outil qu’il peut être.
Alors là ça se corse. Pour élaborer quelque chose d’intelligent, surtout en rapport avec l’intelligence collective et une fois que l’on a considéré les autres dimensions.
Ce n’est pas du bavardage que nait la science ni la conscience. L’échange est fertile si il inspire (esprit, Sens) , si il aide à approfondir (chemins intérieurs) avec acuïté et rigueur, si il aide à concevoir et formuler, imaginer et formaliser.
C’est là un travail qui réclame des conditions. Questions précises, problématisations, analyses, densité des échanges, distinction des moments du processus, du projet. etc.
Voilà où le bât blesse et quand le bas blesse les anes n’avancent pas et les autres piétinent.
Les enjeux de la mutation de civilisation, les enjeux de l’intelligence collective, les enjeux de la mobilisation d’une communauté virtuelle d’un type nouveau ne méritent-ils pas tout le sérieux possible?
- D’abord tant pour la compréhension du wiki et son utilité que pour sa participation, modeste mais décisive (comme le marteau pour le menuisier), à des enjeux aussi importants.
- Ensuite pour situer le contexte civilisationnel, le cadre méthodologique à constituer et, disons le, l’organisation du processus de travail collectif.
Bien sûr la phase initiale exploratoire est faite pour errer avant de co-errer en cohérence mais les phases d’élaboration collective dans un tout nouveau contexte doivent faire la part de la détermination (autorité) et de l’aléa des altérités.
comme dans toute logique de chaos déterministe. Pas l’un sans l’autre dans une alternativité féconde...
C’est sans doute le prix à payer pour que l’intelligence naissent d’échanges bien capables de produire aussi un surcroit de stupidité (émotion publique, privilégier la formule sur le fond, les conSensus sur le Sens... de la vérité et du bien commun).
Le niveau des interventions mais aussi la mise en évidence du foisonnement des questions posent le problème de la méthode pour ne pas se noyer.
Mais le processus doit-il être entièrement focalisé sur l’outil?
Ne serait-il pas judicieux de se soucier des autres dimensions pour réserver au wiki sa juste fonction, efficace si le reste est maîtrisé?
Un temps pour analyser, un temps pour concevoir, un temps pour formuler; une alternance d’explorations et de productions (ateliers de menuiserie cognitive); un management (gouvernance) qui s’assure de toutes les dimensions, anticipe, évalue, et réajuste. Pertinence, cohérence et performance les exigences de l’éfficacité Wiki compris.
Cordialement
Daniel Memmi I C :
A propos de la discussion sur les potentialites des wikis, j'aimerais essayer de generaliser sur la question des outils et usages. Comme informaticien, j'ai longtemps voulu croire que la technique venait en premier, puis avait des des effets sociaux parfois considerables. Par exemple Internet a clairement des consequences dont nous n'avons pas fini de comprendre toute l'etendue...
Il est vrai que si on regarde le micro-fonctionnement du milieu des informaticiens, electroniciens, etc, on voit que des avancees techniques ont lieu simplement parce qu'elles se revelent possible a un moment donné, et pour des raisons parfois mineures par rapport aux developpement ulterieurs (ex: la mise au point du premier
micro-processeur, qui ne visait aucunement au developpment d'une informatique individuelle). De meme les "smart tags" vont a mon avis avoir des consequences majeures, mais leur motivation initiale etait triviale (remplacer les codes-barre).
Il est egalement tres frappant de constater le developpement simultané depuis vingt ans environ de changements socio-economiques lourds (flexibilité, mobilité, fonctionnement en reseau, externalisation et delocalisation...) et des techniques adequates a ces changements (Internet, essor des telecommunications, telephone portable, transports rapides...).
Pourtant si on regarde de plus pres l'histoire de ces changements, il semble bien que les changements culturels et organisationnels ont commencé qques annees AVANT le developpement et l'essor des techniques de communication propres a favoriser ces changements! Le developpement technique serait alors une consequence et non une cause des changements sociaux, meme si la technique a enormement acceleré une evolution sociale deja sur sa lancee...
Conclusion? Je crois maintenant que l'informatique, comme toute technique, fait partie integrante de la culture humaine (ce que ne veulent pas voir ni les scientifiques ni les "humanistes"). L'informatique est une activité culturelle, tout comme le management, la vie associative ou la peinture a l'huile... l n'est donc pas etonnant qu'elle ait evolué dans le meme sens et en synergie remarquable avec des evolutions sociales de fond.
Yann Le Guennec :
>>Au passage, pour faciliter le petit jeu de l'intelligence collective au sein même de notre groupe (et faciliter le travail de notre "jardinier"), je vous propose de faire des mails courts (quitte à mettre plus de détails sur le Wiki) et de bien indiquer la personne que vous cités quand vous répondez aux arguments d'une personne.<<
A ce sujet, je pense que cette précision sur les auteurs est parfaitement adaptée sur la liste mais constitue un frein au plein usage collectif du
wiki:
http://www.x-arn.org/w/wakka.php?wiki=WikiPourLaDiscussion
j'aimerais bien avoir votre avis sur cette question.
GodefroyBeauvalletIC :
>>cette précision sur les auteurs est parfaitement adaptée sur la liste mais constitue un frein au plein usage collectif du wiki :
http://www.x-arn.org/w/wakka.php?wiki=WikiPourLaDiscussion
j'aimerais bien avoir votre avis sur cette question. <<
C'est une excellente question, mais je ne partage pas votre avis. Si le wiki amoindri la notion d'auteur, ce qui est clairement une difficulté par
rapport à ce qu'est une discussion, certaines de ses caractéristiques facilitent en revanche la discussion :
Si l'on regarde des grands sites coopératifs comme Wikipedia, où la discussion peut devenir âpre (définir un concept comme Guerre, Justice,
Religion ou Politique ne va pas sans risque !), ce sont des solutions duales qui semblent les plus intéressantes :
En fait, il faudrait sans doute distinguer les divers cas de "discussion". Je pense que divers outils correspondent à divers types de discussion,
c'est-à-dire à divers types de relation entre les participants à la discussion et l'objet qui est traité : le wiki est excellent pour la "co-production" ou la "co-écriture", le chat parfait pour le "phatique" ("téla?" "jsuila!"), le forum utile quand les participants souhaitent conserver une notion forte d'auteur (pour des problèmes d'attribution, de réputation, de suivi, etc.).
Qu'en pensez-vous ?
Roger Nifle I C :
J'en pense que ces considérations sont primordiales pour commencer à dépasser le niveau 0 de l'intelligence collective.
Cela dit il faudrait associer de façon plus approfondie
En tout cas l'usage du wiki pour la co-production ou la co-écriture réclame pour le moins que l'objectif soit clairement fixé et qu'un minimum d'organisation du travail collectif permette à chacun de savoir quel type de rôle ou de contribution on attend de lui. (Le on est à définir mais cela ne peut être un collectif sauf à ce que quelque-uns en prennent la responsabilité)
On ne peut pas produire quoi que ce soit d'un peu complexe sans cela. Que ce soit de la connaissance, de la réalisation ou de l'initiative.
La discussion libre ou l'échange d'opinion peuvent susciter des sentiments de proximité ou non, ils peuvent inspirer tel ou tel mais ils ne peuvent rien produire ou alors il faut qu'ils soient inscrits dans un processus stratégiquement construit.
Yann Le Guennec I C :
>> Si le wiki amoindri la notion d'auteur, ce qui est clairement une difficulté par rapport à ce qu'est une discussion, certaines de ses caractéristiques facilitent en revanche la discussion :
Il peut être interessant de noter que ce terme de refactorisation semble provenir de l'anglais 'refactoring' qui est apparu en programmation pour
désigner le fait d'ameliorer un programme de façon continue et incrémentale au niveau de sa structure et ce sans changer son comportement
externe, ses fonctionnalités. *
Il n'en va pas de même pour un programme en langage non ambigu et un texte en langage naturel qui tente de définir un concept ou informe sur un point de vue spécifique. Dans ce cas, la refactorisation affecte nécessairement le sens de ce qui est écrit, ne serait-ce que par effet de
décontextualisation / recontextualisation.
Ainsi le sens sera, lors du passage de la discussion vers le document synthétique (refactorisation), nécessairement orienté malgré tout par le/les auteur(s) de la synthèse. Cette synthèse est donc autre chose, un autre document que ceux de la discussion, et non la discussion dans un autre état.
C'est pourquoi je me demande si cette opération de 'refactorisation' à réellement un fondement ou si tout simplement elle n'est pas une sorte de
béquille pour pallier notre tendance spontanée à la discussion et non à l'écriture effectivement collective, et plus anonyme, dans un même
document.
Cela a peut-être un rapport avec le fait de se concentrer plutot sur le réseau social où les individus doivent être identifiés/identifiables et où les productions textuelles sont alors fortement liées à leur émetteur, ou plutot sur les textes, connaissances explicites qui auraient une valeur en
tant que telles en dehors de leur émetteur.
*voir:
http://www.refactoring.com/
http://c2.com/cgi/wiki?WikiRefactoring
>> Si l'on regarde des grands sites coopératifs comme Wikipedia, où la discussion peut devenir âpre (définir un concept comme Guerre, Justice, Religion ou Politique ne va pas sans risque !), ce sont des solutions duales qui semblent les plus intéressantes :
Wikipedia est un exemple où la règle est simple, même si surement complexe à mettre en oeuvre : tendre vers le NPOV , 'point de vue neutre', je doute que cela soit notre cas. La séparation sur wikipedia: page document/page discussion est finalement le produit de cette règle. A l'inverse, il faudrait pouvoir imaginer des documents capables de contenir des point de vue divergents, donc des synthèses intrinsèquement divergentes et contradictoires.
Quelques wikis lancés ou pratiqués :
- http://www.2010virtual.com/twiki/bin/view/Main/WebHomeFrance le wiki de mon livre 2010 Futur virtuel
- http://autrans.crao.net : préparation des journées de l’Internet à Autrans
- http://www.igenerator.net : iGenerator, le Générateur d’Initiatives
- http://www.publicooperation.com/ : société pour les solutions de la chaîne de l’édition
- http://www.2010virtual.com/twiki/bin/view/Tvadsl/WebHome : le wiki de la commission TV DSL de l’Etna
- plus 3 wikis en Intranet ou projets de magazines…
Isabelle Gonon I C :
>>... Avec des outils, c'est peut-être plus facile, car nous avons alors des objets communs sur lesquels et avec lesquels nous pouvons travailler. On peut aussi voir ces outils comme les noeuds d'un réseau de personnes, par exemple ce qui nous relie actuellement est principalement cette liste, et il y a aussi un wiki qui nous attend :) ...<<
Si l'on parle de wiki en tant qu'outil ("avec lequel on peut travailler") j'ai quelques avis sur la question :
Pour moi l'usage premier d'un wiki est l'édition partagée, Wikipédia en est un parfait exemple.
C'est un outil de travail. Il est, à ce titre, souvent intégré à certains groupwares ou portails collaboratifs.
Le wiki peut être aussi un espace de libre parole. Mais dans ce cas il me semble moins ergonomique que certains forums.
C'est aussi un moyen simple de publication sur le web lorsqu'on ne connaît pas le langage html. Les pages persos sont de plus en plus des blogs ou même des wiki.
J'ai toutefois tendance à penser qu'à chaque usage correspond un outil privilégié. La liste pour diffuser l'info, le forum pour débattre, le wiki pour rédiger à plusieurs, des groupwares pour organiser le travail d'un groupe etc.
On peut certes détourner un outil de son usage premier, c'est ainsi que l'on innove, mais on court aussi parfois le risque d'une sous-utilisation.
Dans le domaine des "outils", le groupware qui permet d'organiser le travail d'un groupe, est pour moi, avec ses multiples fonctionnalités (agenda partagé, gestion des tâches, bases de données, mailing list, partage de
fichier, sondage etc.), l'outil privilégié pour un travail collaboratif. Mais il paraît que les tikiwiki remplacent efficacement toutes ces fonctionnalités.
Il faudra donc peut-être que je révise mon point de vue, sur un outil pour chaque usage ;)
(merci pour ce lien !).
Yann Le Guennec I C :
>> J'ai toutefois tendance à penser qu'à chaque usage correspond un outil privilégié. La liste pour diffuser l'info, le forum pour débattre, le wiki pour rédiger à plusieurs, des groupwares pour organiser le travail d'un
groupe etc. On peut certes détourner un outil de son usage premier, c'est ainsi que l'on innove, mais on court aussi parfois le risque d'une sous-utilisation.<<
On peut par exemple poser ce problème ainsi :
- Est-ce que l'objet 'contient' en lui-même une fonction qui invite plus ou moins explicitement à un usage particulier et donc oriente à priori l'interaction ? C'est je crois ce que désigne le concept d'affordance.
- Est-ce l'usage 'dominant' qui est fait d'un objet neutre à priori qui définit progressivement sa fonction ? On est alors plus dans l'observation à postériori de propriétés émergentes à partir des interactions entre les individus et les objets.
Le problème ainsi posé ressemble aussi à l'opposition entre les paradigmes positivistes et constructivistes, tels que je les comprends à l'heure actuelle. La nature a-t-elle des propriétés objectives en dehors de l'observateur ou est-ce l'observateur qui produit des propriétés du fait de son observation ? Il n'y a sans doute pas de réponse définitive, mais pour Jacques Miermont (1), ces "a priori épistémiques et épistémologiques" ont une grande influence sur la capacité d'un groupe à délibérer et l'état de sa conscience collective.
(1) http://www.mcxapc.org/docs/ateliers/miermo1.htm
Pierre Levy I C :
>> Le problème ainsi posé ressemble aussi à l'opposition entre les paradigmes positivistes et constructivistes, tels que je les comprends à l'heure actuelle. La nature a-t-elle des propriétés objectives en dehors de l'observateur ou est-ce l'observateur qui produit des propriétés du fait de son observation ? Il n'y a sans doute pas de réponse définitive, mais pour Jacques Miermont (1), ces "a priori épistémiques et épistémologiques" ont une grande influence sur la capacité d'un groupe à délibérer et l'état de sa conscience collective.<<
1) Mettons en place deux groupes utilisant le même outil (wiki, par exemple), l'un constructiviste et l'autre positiviste.
2) Observons la différence entre les usages du wiki par les deux groupes.
Daniel Memmi I C :
>> J'ai toutefois tendance à penser qu'à chaque usage correspond un outil privilégié. La liste pour diffuser l'info, le forum pour débattre, le wiki pour rédiger à plusieurs, des groupwares pour organiser le travail d'un groupe etc. On peut certes détourner un outil de son usage premier, c'est ainsi que l'on innove, mais on court aussi parfois le risque d'une sous-utilisation.
On peut par exemple poser ce problème ainsi :
- Est-ce que l'objet 'contient' en lui-même une fonction qui invite plus ou moins explicitement à un usage particulier et donc oriente à priori l'interaction ? C'est je crois ce que désigne le concept d'affordance.
- Est-ce l'usage 'dominant' qui est fait d'un objet neutre à priori qui définit progressivement sa fonction ? On est alors plus dans l'observation à postériori de propriétés émergentes à partir des interactions entre les individus et les objets.
Bien que manquant d'experience pour une partie de ces outils, je crois qu'il n'y a pas de reponse simple a ces questions. Bien sur que les outils ont des fonctionnalites differentes (et ont été concus pour des usages particuliers a l'origine). Par exemple la liste de diffusion devient incommode si le nombre de participants augmente trop, et le forum devient alors plus approprié. Mais on peut tres bien detourner des outils qui sont encore assez frustes (la liste de diffusion devenant une liste de discussion par exemple, le weblog devenant un simple moyen d'editer un site Web, etc).
Enfin les usages sont sociaux: si une communauté utilise un outil d'une certaine maniere (historiquement contingente), cet usage aura tendance a se fixer et a se perenniser. Voir la breve histoire des weblogs...
Malo Giro De l'Ain :
Bonjour,
Je rebondis sur la question des usages des wiki,
Ayant pratiqué intensément une demi-douzaine de wikis très différents depuis plus d’un an, je propose ci-dessous quelques éléments de ma vision du moment sur le sujet.
- Le succès du wiki
Comme le mail, le web, le forum, le chat…, le wiki (et ses évolutions) est, à mon avis, promis à un très bel avenir pour plusieurs raisons. Comme les outils précédents, il est simple (ok, pas tout à fait autant qu’eux mais bientôt), riche, puissant et pas cher. Et comme chacun des outils précédents, il apporte un nouvel espace de fonctionnalités uniques qui peut se résumer par : une réelle capitalisation des contributions.
Les wikis ont une plasticité étonnante qui permet de construire en même temps (non sans difficultés, cf plus bas) le contenu, la structure du contenu, le cadre conceptuel et le livre de philosophie en même temps :)
Aucun des outils précédents n’apporte cette richesse et cette souplesse.
Dans le cadre de cette liste (mais vous aurez compris que je trouve cet outil liste gentiment désuet :), le wiki me paraît l’outil même de l’intelligence collective aujourd’hui.
- Les difficultés du Wiki
Cette richesse et cette souplesse font que tout est possible à tout moment et bonjour les dégâts, en particulier dans des espaces innovants où les règles, non clairement définies à l’avance, se font en marchant allègrement sur les doigts de pied des voisins :) N’est-ce pas Yann ?
Est-ce plus violent que sur certaines listes qui savent aussi bien dégénérer, je ne sais pas mais les conséquences peuvent apparaître plus grave (apparaître car en réalité la fonction archive permet toujours de revenir en arrière) : le contenu peut disparaître, les menus changer… On se retrouve comme face à un serpent ondulant, effrayant, difficile à attraper…
La problématique devient faut-il l’attraper et le contraindre, le laisser s’échapper et dériver totalement ? Les réponses ne sont pas simples, les pratiques manquent encore, quelques sites US sont en avance, et tout apport sur la question est bienvenu.
- Conclusions provisoires
Alors oserons-nous wikiser :) ?
Comme le suggérait Yann : il y a aussi un wiki qui nous attend :)
http://www.fing.org/wikini/wakka.php?wiki=IntelligenceCollective
J’ai mis ce texte (à jardiner comme on dit sur les wikis) sur le site à :
http://www.fing.org/wikini/wakka.php?wiki=DiscussionsIC
Amicalement
Malo
Denis Pansu I C :
J'ajouterais au premier propos de Malo, un constat pas si anecdotique que cela : les "mousses".
Plusieurs wikis (dont http://wiki.crao.net/ et http://igenerator.net ) ont démarré en articulation avec des temps de rencontre conviviaux, une bière à la main.
Cette phase est parfois nécessaire pour entrer en action (i.e. produire un input dans l'espace de collaboration), la simplicité de l'interface wiki n'étant pas toujours suffisante (et même parfois déstabilisante car "trop simple").
Un témoignage illustrant une fois de plus le phénomène de reconnaissance mutuelle qui stimule le désir de partager de l'information (sans parler de l'effet "reniflage" entre mamifères, qui désinhibe).
Thierry Groussin I C :
Je partage cette idée : il me semble aussi que lorsque les personnes se sont rencontrées, ont fait connaissance, il y a ensuite plus de motivation à faire vivre virtuellement le groupe.
Pour la mousse, je suis OK sauf dans le cas d'un petit-déjeuner.
Isabelle Gonon I C :
Je n'ai pas l'intention de "réagir" aux propos cités ci-dessous, tous pertinents à propos des rencontres "présentielles", mais simplement de faire part de mon expérience en la matière.
Depuis la rentrée 1998 je m'occupe de formations qui se déroulent en totalité sur Internet et concernent en moyenne 600 étudiants par an, ce qui m'a permis d'observer un bon nombre d'étudiants virtuels. Du moins ai-je
surtout observé le fonctionnement des groupes.
Certaines formations (toutes celles qui ont une durée inférieure à un an) ne comportent aucun présentiel. Les autres formations ont un unique rassemblement en présentiel de 3 jours dans l'année.
En effet nos étudiants étant dispersés sur l'ensemble de la planète, il n'y aurait pas d'égalité si nous basions les apprentissages sur des rencontres présentielles. Néanmoins nous proposons un rassemblement pour satisfaire les curiosités et le désir de se rencontrer physiquement.
J'ai rencontré en gros 2 types de comportement :
- Les groupes constitués pour un semestre n'ont pas le temps en général d'éprouver le désir de se rencontrer : les apprentissages sont denses, il faut donc travailler efficace, découvrir tous les outils utilisés pour les échanges, chacun est bien occupé. Ceci n'exclut pas, loin de là, la convivialité et la solidarité : on plaisante, on se rassure, par mail, par chat. On a aussi des "coups de gueule", on se méprend, on s'impatiente etc. C'est la vie d'un groupe.
- Les groupes qui ont une durée de vie plus longue attendent avec impatience le rassemblement annuel en présentiel. Les jours qui précèdent, les échanges s'emballent, on se donne RV pour du co-voiturage, pour réserver au même hôtel, pour organiser les soirées etc. les étudiants trop éloignés réclament des visios, des photos etc. Après le présentiel, il est très amusant d'observer les échanges : dans certains groupes on se congratule, on fait part du grand plaisir que l'on a eu à se rencontrer.
C'est que les gens ne se sont pas plu. Ils ne se sont pas reconnus. Ils attendaient un gars sympa, il ont trouvé un monsieur coincé etc.
Enfin pour parfaire ma connaissance de l'enseignement en communautés virtuelles d'apprentissage j'ai moi-même été étudiante de notre DESS. Je peux donc témoigner que le travail en communauté virtuelle m'a fait
apprécier des personnes vers lesquelles spontanément mes goûts ne m'auraient pas porté.
Dans notre petit groupe de travail, nous avions des fou-rires virtuels, des délires, nos private jokes, tout cela sans nous être jamais rencontrés par la seule vertu du travail et des "galères" partagées.
J'en conclu pour ma part que les échanges virtuels permettent de se connaître et de s'apprécier pour ses compétences, son efficacité, sa présence et sa réactivité, pour l'aide que l'on sait apporter aux autres, ou
les idées nouvelles, ou bien la capacité d'organisation de cadrage etc. Parfois le présentiel apporte un plus, parfois, en introduisant d'autres critères de jugement, il perturbe les relations qui se sont instituées au sein du groupe virtuel.
Néanmoins, en tant que parisienne, je ne manquerai pas le rassemblement !
GodefroyBeauvalletIC :
Une très intéressante discussion a démarré sur la question des usages des wiki, en sortant d'une vision idyllique de l'auto-organisation démocratique et transparente. Cela m'a fait penser aux analyses "boltanskiennes" (et aussi Auray, Cardon, Granjon...) sur la "cité par projet" et la "valeur activité" comme pierre angulaire des jugements sur les personnes. Il me semble qu'il serait très intéressant que l'un ou l'une de ceux qui ont participé à la discussion synthétise en quelques paragraphes la problématique et les premières pistes sur "wiki et relations entre participants", afin de susciter d'autres réactions. Yann, Isabelle, l'un d'entre vous serait-il prêt à tenter la chose, et à poster sur le wiki et la liste le résultat d'une première passe ? Cela pourrait donner le "noyau" de quelque chose à publier sur le site et d'une discussion à avoir en présenciel à l'automne.
Daniel Memmi I C :
C'est un sujet tres interessant en soi (et qui m'interesse beaucoup comme informaticien), mais cela me semble un detail technique par rapport a l'intelligence collective. Je doute que les moyens techniques changent fondamentalement les problemes intellectuels, meme si ils accelerent notablement interactions et changements.
Michel Paillet I C
>>C'est un sujet tres interessant en soi (et qui m'interesse beaucoup comme informaticien), mais cela me semble un detail technique par rapport a l'intelligence collective. Je doute que les moyens techniques changent
fondamentalement les problemes intellectuels, meme si ils accelerent notablement interactions et changements."
Je ne partage pas cet avis. Il me semble qu'une démarche théorique détachée de son expérimentation est vidée de sa substance. Les deux vont ensemble et se fécondent mutuellement. Or, je crois, et je ne semble pas être le seul, que les wikis, outils très concrets, sont une source très féconde de réflexion théorique.
En ce qui me concerne, c'est notamment eux qui m'ont permis de progresser en m'interrogeant sur pourquoi et comment fonctionne la dynamique collaborative avec ces outils. Ils m'ont permis de progresser vers la compréhension des organisations et des projets comme "discours et ontologie", ce qui met la "refactorisation", dont l'objet est notamment de dégager cette ontologie, au cœur de la création de valeur et de l'orientation du groupe. C'est d'ailleurs une refactorisation de ce type que vient de faire Godefroy Beauvallet.
Daniel Memmi I C :
>>>"C'est un sujet tres interessant en soi (et qui m'interesse beaucoup comme informaticien), mais cela me semble un detail technique par rapport a l'intelligence collective. Je doute que les moyens techniques changent fondamentalement les problemes intellectuels, meme si ils accelerent notablement interactions et changements."<<<
>>Je ne partage pas cet avis. Il me semble qu'une démarche théorique détachée de son expérimentation est vidée de sa substance. Les deux vont ensemble et se fécondent mutuellement. Or, je crois, et je ne semble pas être le seul, que les wikis, outils très concrets, sont une source très féconde de réflexion théorique.<<
Oui, c'est vrai que les outils ont leur importance (cf Internet en general). Mais je voulais amener les gens a preciser leur(s) position(s) sur l'IC. Une approche par l'observation de la pratique d'un outil pertinent comme les wikis ne me choquerait nullement, si on tire des formulations generales claires.
>>En ce qui me concerne, c'est notamment eux qui m'ont permis de progresser en m'interrogeant sur pourquoi et comment fonctionne la dynamique collaborative avec ces outils. Ils m'ont permis de progresser vers la compréhension des organisations et des projets comme "discours et ontologie", ce qui met la "refactorisation", dont l'objet est notamment de dégager cette ontologie, au coeur de la création de valeur et de l'orientation du groupe. C'est d'ailleurs une refactorisation de ce type que vient de faire Godefroy Beauvallet.
Voila qui depasse en effet la simple observation de l'outil informatique. Il s'agit plutot de la maniere dont l'outil est utilisé a la fois socialement et intellectuellement. Mais ma mefiance envers les outils en soi vient peut-etre de ce que je travaille dans un milieu d'informaticiens, qui ont une facheuse tendance a toujours privilegier la technique et a negliger les usages...
Anne Caroline Paucot I C :
A la question, "le wiki peut contribuer à doper l'intelligence collective ?», je répondrai : Oui, autant qu'un ouvre-boîte, une machine à tricoter, une pince à épiler ou un démonte-pneu. Le wiki, aussi sophistiqué et performant soit-il, n'est qu'un outil, et, comme tout outil, on peut s'en servir pour le meilleur comme pour le pire. Avec un marteau, on peut casser des baraques ou construire des châteaux en Espagne. Avec le wiki, c'est le même principe, on peut construire ou détruire.
Croire qu'un outil, du fait de ses qualités intrinsèques, nous entraînera dans une spirale vertueuse et boostera nos intelligences et de ce fait l'intelligence collective, est à mon avis une douce illusion. Une illusion, à ce que je constate, très masculine. Sans faire de sexisme, il est clair que, nous les femmes, nous sommes plus intéressées par l'utilité d'une technique que par ses performances. Les giga turbo à haut débit derniers cris des progrès des rugissantes technologies nous émeuvent rarement. En revanche nous sommes sensibles au rétroviseur grand écran rétro éclairé qui nous permet d'opérer un salutaire ravalement de façade !
A mon sens, l'unique voie pour doper l'intelligence collective est de faire le pari du métissage : métissage des réflexions, cultures, sensibilités, compétences, talents...
Un pari délicat. Il faut accepter toutes opinions, les contredire, les amender, les enrichir de nos différences. L’exercice n’est pas facile. On a tous une oreille sélective qui a une fichue tendance à ne retenir que les propos se situant dans son cadre de référence. Ne nous méprenons pas sur nous-mêmes. Aussi cultivés sommes-nous, nous sommes des boîtes à musique. Nous avons deux ou trois chansons dans le ventre et nous adorons ceux qui chantent les mêmes ritournelles. Nous oublions souvent, qu'ouvrir la fenêtre pour aérer nos pensées, est un exercice d'hygiène mental salutaire.
Un pari complexe... Il faut que la discussion soit ouverte afin que des points de vue divergents puissent s'exprimer. Il ne suffit pas de claironner "C'est ouvert à tous, venez participer." mais aussi aller à la rencontre d'autres intérêts. Par exemple, si les discussions sont centrées sur les performances d'outils et de concepts, les femmes se retireront rapidement. Pas par défaillance du cortex, mais tout simplement parce qu’elles ne se sentiront pas concernées. (J’insiste, parce que je constate que, comme d’habitude, les femmes ne sont pas très présentes dans cette liste)
Un pari qui oblige une attention de tous les instants. Exemple... On lance une liste. Super, cela fonctionne. Pour dynamiser l'affaire, on va organiser une première journée de rencontre à Paris. La rencontre réelle ayant toujours plus d'impact que l'échange virtuel, ceux qui pourront participer (les Parisiens) auront un avantage indéniable sur les autres. Quelques mois plus tard, on s'étonnera que seuls les Parisiens continuent à participer à l'échange.
Un pari riche... Le progrès naissant de la diversité des cultures et de l'affirmation des particularités, cette mixité réflexive ne peut être que gagnante pour chacun et donc pour tous.
Et si le Wiki peut favoriser ce métissage, pourquoi pas.
Yann Le Guennec I C :
>> A la question, "le wiki peut contribuer à doper l'intelligence collective ?», je répondrai : Oui, autant qu'un ouvre-boîte, une machine à tricoter, une pince à épiler ou un démonte-pneu. Le wiki, aussi sophistiqué et performant soit-il, n'est qu'un outil, et, comme tout outil, on peut s'en servir pour le meilleur comme pour le pire. Avec un marteau, on peut casser des baraques ou construire des châteaux en Espagne. Avec le wiki, c'est le même principe, on peut construire ou détruire.<<
De mon point de vue, le wiki est plutot le château que le marteau. il en va de même pour internet, qui est plus un environnement qu'un outil. Ce positionnement permet d'envisager par exemple :
" La notion de cyberception, telle que définie par Roy Ascott, est une perception physique et mentale non plus déterminée et conditionnée par le seul espace physique et les limites de notre corps mais élargie, augmentée par -et dans- le cyberespace et par la relation dialectique entre les deux (inter-espace). "
C'est dans ces espaces que se produisent les métissages, qu'interagissent nos entités psychiques divergentes et anormales avec des foultitudes de mèmes encodés dans l'électricité ;-)
Roger Nifle I C :
Le Wiki à quoi ça sert?
Trois analyses pour tenter de conclure.
> toute conclusion ne saurait être qu'individuelle, du
moins on peut le souhaiter. -- Yann Le Guennec
>Remarque intéressante à trois titres. Le premier: oui il s'agit de mes propres conclusions personnelles, j'aurai pu le préciser. Le second relatif à l'acte de conclure comme fruit de l'intelligence, jugement porté et position prise par une personne. Le troisième c'est quid de l'intelligence collective et de ses "conclusions" indispensables pour l'action ex; décider de l'orientation d'un projet de territoire et des actions à entreprendre à partir du développement et de l'exercice d'une intelligence collective? --
>Remarque intéressante à trois titres. Le premier: oui il s'agit de mes propres conclusions personnelles, j'aurai pu le préciser. Le second relatif à l'acte de conclure comme fruit de l'intelligence, jugement porté et position prise par une personne. Le troisième c'est quid de l'intelligence collective et de ses "conclusions" indispensables pour l'action ex; décider de l'orientation d'un projet de territoire et des actions à entreprendre à partir du développement et de l'exercice d'une intelligence collective? --
Roger Nifle
C’est le problème des usages d’Internet dont la conception est directement liée au degré de conscience que l’on a.
Première analyse le wiki est-il un marteau?
Une métaphore pour une première partie de réponse:
Le marteau est un outil, qui sert à enfoncer les clous ou tailler des pierres, le wiki aussi (pour des utilisations différentes semble-t-il mais mal identifiées). les outils ont des usages spécifiques mêmes quand ils sont détournés.
Le menuisier fabrique des meubles c’est son métier. Il utilise un marteau parmi bien d’autres outils. Il utilise aussi des machines outils. C’est le processus métier qui compte, la méthode, le processus de fabrication l’outil se définit par rapport à sa contribution à ce processus qui est premier. Le Wiki est-il une machine outil? Là il ne vaut pas un clou. Peut être des tentatives comme le tikiwiki! mais où est le processus. Un exemple de ce type SPIP pour un processus de production éditoriale dans une communauté virtuelle. voir spip.net.
Où sont les études, les conceptions des nouveaux processus de... production en commun par exemple permettant de concevoir des moyens-métiers (machines outils) pour y contribuer. Organisation du travail, dynamique des groupes et des relations humaines, stratégies managériales, méthodologies process et processus, ce sont des sources d’inspiration à ne pas ignorer sauf à croire à quelque magie.
Ensuite il y a les entreprises de menuiserie qui ont une fonction de service sur tel ou tel marché. Ces entreprises ont à anticiper l’évolution des usages et pratiques sociales et concevoir un mobilier en conséquence qui va demander de nouvelles méthodes et processus métiers et inspirer la création de nouveaux wikis (où met-on le s).
Le même problème est actuellement posé dans l’enseignement. Discussion sur les outils et boites à outils (le niveau le plus fréquent). “Découverte” de processus métiers inattendus, incroyablement complexes, “ceux de la pédagogie” avec de grandes confusions et surtout des tentatives de transformer la pédagogie en processus technologique (réification). On effleure ce niveau actuellement.
Et pendant ce temps c’est tout le “service” de l’enseignement qui est remis en question si bien qu’il est stupide de réduire internet à la résolution de problèmes d’informations dans les cadres habituels.
Pour un lecture de ces trois niveaux voir le concept de cités macropédagogiques
Que fait notre wiki à ce niveau? A ce stade observons les confusions ce n’est pas parce que le wiki peut intervenir dans des mutations de société qu’il en est le vecteur privilégié ni la cause pas plus qu’un nouveau marteau dans la menuiserie du futur...
Le wiki est-il destiné à un usage spécifique privilégié?
OUI
Je l’ai développé pour la pédagogie et toutes les activités humaines. C’est toujours l’expérience humaine qui est en jeu, et dans sa consistance, et dans ses enjeux.
Trois repères
1 Ce qui relève de l’intention et de la décision
2 ce qui relève de l’information, de sa production et sa recherche (wikipédia?)
3 ce qui relève de l’ordonnancement et la conduite des processus, stratégies et projets?
Trois composantes
La composante affective et relationelle, animation, cohésion et jeu des rôles
La composante opératoire, coopération organisée, procédés, performances
La composante cognitive, ou formations de représentations mentales.
J’ai mis en évidence l’importance de cette dernière dimension de toute élaboration collective (et aussi individuelle) qui consiste à mettre dans des représentations partagées ou partageables ce qui est cogité à l’amont, pendant ou à l’aval dans toute action. Moyens de représentation collective dans des langages appropriés, moyens de préparation et d’analyse et moyens de créativité de composition et de synthèse. Pour cela c’est la discussion et l’élaboration discursive qui sont importants.
Voila la place du WIKI.
Cependant comme tout outils il ne peut combler tous les besoins notamment des autres dimensions comme on en entend parler de façon confuse. Pour une production élaborée il faut des “espaces virtuels d’activités” qui intègrent toutes le dimensions. On en parle à propos du wiki (tiki?) mais ce n’est pas le marteau qui fait l’armoire.
Par contre quel type de marteau est le wiki. Pour répondre il faut entrer dans les phénomènes d’élaboration des représentations mentales collectives. Cela nous amènera à la troisième partie en rapport avec l’intelligence collective.
Au préalable il faut insister sur le fait que cette dimension n’est pas le tout comme l’on est tenté de le croire dans une civilisation qui ne veut pas avancer se croyant indépassable. Alors le wiki ne trouvera son plein usage que pour une civilisation nouvelle avec des métiers nouveaux comme un bon outil qu’il peut être.
Le WIKI comment on s’en sert?
Alors là ça se corse. Pour élaborer quelque chose d’intelligent, surtout en rapport avec l’intelligence collective et une fois que l’on a considéré les autres dimensions.
Ce n’est pas du bavardage que nait la science ni la conscience. L’échange est fertile si il inspire (esprit, Sens) , si il aide à approfondir (chemins intérieurs) avec acuïté et rigueur, si il aide à concevoir et formuler, imaginer et formaliser.
C’est là un travail qui réclame des conditions. Questions précises, problématisations, analyses, densité des échanges, distinction des moments du processus, du projet. etc.
Voilà où le bât blesse et quand le bas blesse les anes n’avancent pas et les autres piétinent.
Les enjeux de la mutation de civilisation, les enjeux de l’intelligence collective, les enjeux de la mobilisation d’une communauté virtuelle d’un type nouveau ne méritent-ils pas tout le sérieux possible?
- D’abord tant pour la compréhension du wiki et son utilité que pour sa participation, modeste mais décisive (comme le marteau pour le menuisier), à des enjeux aussi importants.
- Ensuite pour situer le contexte civilisationnel, le cadre méthodologique à constituer et, disons le, l’organisation du processus de travail collectif.
Bien sûr la phase initiale exploratoire est faite pour errer avant de co-errer en cohérence mais les phases d’élaboration collective dans un tout nouveau contexte doivent faire la part de la détermination (autorité) et de l’aléa des altérités.
comme dans toute logique de chaos déterministe. Pas l’un sans l’autre dans une alternativité féconde...
C’est sans doute le prix à payer pour que l’intelligence naissent d’échanges bien capables de produire aussi un surcroit de stupidité (émotion publique, privilégier la formule sur le fond, les conSensus sur le Sens... de la vérité et du bien commun).
Le niveau des interventions mais aussi la mise en évidence du foisonnement des questions posent le problème de la méthode pour ne pas se noyer.
Mais le processus doit-il être entièrement focalisé sur l’outil?
Ne serait-il pas judicieux de se soucier des autres dimensions pour réserver au wiki sa juste fonction, efficace si le reste est maîtrisé?
Un temps pour analyser, un temps pour concevoir, un temps pour formuler; une alternance d’explorations et de productions (ateliers de menuiserie cognitive); un management (gouvernance) qui s’assure de toutes les dimensions, anticipe, évalue, et réajuste. Pertinence, cohérence et performance les exigences de l’éfficacité Wiki compris.
Cordialement
Daniel Memmi I C :
A propos de la discussion sur les potentialites des wikis, j'aimerais essayer de generaliser sur la question des outils et usages. Comme informaticien, j'ai longtemps voulu croire que la technique venait en premier, puis avait des des effets sociaux parfois considerables. Par exemple Internet a clairement des consequences dont nous n'avons pas fini de comprendre toute l'etendue...
Il est vrai que si on regarde le micro-fonctionnement du milieu des informaticiens, electroniciens, etc, on voit que des avancees techniques ont lieu simplement parce qu'elles se revelent possible a un moment donné, et pour des raisons parfois mineures par rapport aux developpement ulterieurs (ex: la mise au point du premier
micro-processeur, qui ne visait aucunement au developpment d'une informatique individuelle). De meme les "smart tags" vont a mon avis avoir des consequences majeures, mais leur motivation initiale etait triviale (remplacer les codes-barre).
Il est egalement tres frappant de constater le developpement simultané depuis vingt ans environ de changements socio-economiques lourds (flexibilité, mobilité, fonctionnement en reseau, externalisation et delocalisation...) et des techniques adequates a ces changements (Internet, essor des telecommunications, telephone portable, transports rapides...).
Pourtant si on regarde de plus pres l'histoire de ces changements, il semble bien que les changements culturels et organisationnels ont commencé qques annees AVANT le developpement et l'essor des techniques de communication propres a favoriser ces changements! Le developpement technique serait alors une consequence et non une cause des changements sociaux, meme si la technique a enormement acceleré une evolution sociale deja sur sa lancee...
Conclusion? Je crois maintenant que l'informatique, comme toute technique, fait partie integrante de la culture humaine (ce que ne veulent pas voir ni les scientifiques ni les "humanistes"). L'informatique est une activité culturelle, tout comme le management, la vie associative ou la peinture a l'huile... l n'est donc pas etonnant qu'elle ait evolué dans le meme sens et en synergie remarquable avec des evolutions sociales de fond.
Yann Le Guennec :
>>Au passage, pour faciliter le petit jeu de l'intelligence collective au sein même de notre groupe (et faciliter le travail de notre "jardinier"), je vous propose de faire des mails courts (quitte à mettre plus de détails sur le Wiki) et de bien indiquer la personne que vous cités quand vous répondez aux arguments d'une personne.<<
A ce sujet, je pense que cette précision sur les auteurs est parfaitement adaptée sur la liste mais constitue un frein au plein usage collectif du
wiki:
http://www.x-arn.org/w/wakka.php?wiki=WikiPourLaDiscussion
j'aimerais bien avoir votre avis sur cette question.
GodefroyBeauvalletIC :
>>cette précision sur les auteurs est parfaitement adaptée sur la liste mais constitue un frein au plein usage collectif du wiki :
http://www.x-arn.org/w/wakka.php?wiki=WikiPourLaDiscussion
j'aimerais bien avoir votre avis sur cette question. <<
C'est une excellente question, mais je ne partage pas votre avis. Si le wiki amoindri la notion d'auteur, ce qui est clairement une difficulté par
rapport à ce qu'est une discussion, certaines de ses caractéristiques facilitent en revanche la discussion :
- le fait que tous les posts sont dans le même texte, qui facilite synthèse et refactorisation (synthétiser un forum devient rapidement un festival de copier/coller)
- le fait même que la notion d'auteur soit amoindrie permet de distinguer les points "forts" dans la discussion des corrections de forme (la
Si l'on regarde des grands sites coopératifs comme Wikipedia, où la discussion peut devenir âpre (définir un concept comme Guerre, Justice,
Religion ou Politique ne va pas sans risque !), ce sont des solutions duales qui semblent les plus intéressantes :
- wiki pur au départ tant que le consensus règne
- passage par un forum quand la discussion devient chaude pour faciliter l'attribution des positions
- retour au wiki quand on stabilise et qu'on refactorise
En fait, il faudrait sans doute distinguer les divers cas de "discussion". Je pense que divers outils correspondent à divers types de discussion,
c'est-à-dire à divers types de relation entre les participants à la discussion et l'objet qui est traité : le wiki est excellent pour la "co-production" ou la "co-écriture", le chat parfait pour le "phatique" ("téla?" "jsuila!"), le forum utile quand les participants souhaitent conserver une notion forte d'auteur (pour des problèmes d'attribution, de réputation, de suivi, etc.).
Qu'en pensez-vous ?
Roger Nifle I C :
J'en pense que ces considérations sont primordiales pour commencer à dépasser le niveau 0 de l'intelligence collective.
Cela dit il faudrait associer de façon plus approfondie
- type de groupe (selon sa finalité)
- dynamique de groupe et processus de pilotage et de participation
- type et usages des outils
- et sans doute sera-t-on capable de penser un jour : type de "monde" ou d'espace virtuel à construire ce que je crois primordial mais tellement hors champ des modèles de pensée habituels.
En tout cas l'usage du wiki pour la co-production ou la co-écriture réclame pour le moins que l'objectif soit clairement fixé et qu'un minimum d'organisation du travail collectif permette à chacun de savoir quel type de rôle ou de contribution on attend de lui. (Le on est à définir mais cela ne peut être un collectif sauf à ce que quelque-uns en prennent la responsabilité)
On ne peut pas produire quoi que ce soit d'un peu complexe sans cela. Que ce soit de la connaissance, de la réalisation ou de l'initiative.
La discussion libre ou l'échange d'opinion peuvent susciter des sentiments de proximité ou non, ils peuvent inspirer tel ou tel mais ils ne peuvent rien produire ou alors il faut qu'ils soient inscrits dans un processus stratégiquement construit.
Yann Le Guennec I C :
>> Si le wiki amoindri la notion d'auteur, ce qui est clairement une difficulté par rapport à ce qu'est une discussion, certaines de ses caractéristiques facilitent en revanche la discussion :
- le fait que tous les posts sont dans le même texte, qui facilite synthèse et refactorisation (synthétiser un forum devient rapidement un festival de copier/coller) <<
Il peut être interessant de noter que ce terme de refactorisation semble provenir de l'anglais 'refactoring' qui est apparu en programmation pour
désigner le fait d'ameliorer un programme de façon continue et incrémentale au niveau de sa structure et ce sans changer son comportement
externe, ses fonctionnalités. *
Il n'en va pas de même pour un programme en langage non ambigu et un texte en langage naturel qui tente de définir un concept ou informe sur un point de vue spécifique. Dans ce cas, la refactorisation affecte nécessairement le sens de ce qui est écrit, ne serait-ce que par effet de
décontextualisation / recontextualisation.
Ainsi le sens sera, lors du passage de la discussion vers le document synthétique (refactorisation), nécessairement orienté malgré tout par le/les auteur(s) de la synthèse. Cette synthèse est donc autre chose, un autre document que ceux de la discussion, et non la discussion dans un autre état.
C'est pourquoi je me demande si cette opération de 'refactorisation' à réellement un fondement ou si tout simplement elle n'est pas une sorte de
béquille pour pallier notre tendance spontanée à la discussion et non à l'écriture effectivement collective, et plus anonyme, dans un même
document.
Cela a peut-être un rapport avec le fait de se concentrer plutot sur le réseau social où les individus doivent être identifiés/identifiables et où les productions textuelles sont alors fortement liées à leur émetteur, ou plutot sur les textes, connaissances explicites qui auraient une valeur en
tant que telles en dehors de leur émetteur.
*voir:
http://www.refactoring.com/
http://c2.com/cgi/wiki?WikiRefactoring
>> Si l'on regarde des grands sites coopératifs comme Wikipedia, où la discussion peut devenir âpre (définir un concept comme Guerre, Justice, Religion ou Politique ne va pas sans risque !), ce sont des solutions duales qui semblent les plus intéressantes :
- wiki pur au départ tant que le consensus règne
- passage par un forum quand la discussion devient chaude pour faciliter l'attribution des positions
- retour au wiki quand on stabilise et qu'on refactorise <<
Wikipedia est un exemple où la règle est simple, même si surement complexe à mettre en oeuvre : tendre vers le NPOV , 'point de vue neutre', je doute que cela soit notre cas. La séparation sur wikipedia: page document/page discussion est finalement le produit de cette règle. A l'inverse, il faudrait pouvoir imaginer des documents capables de contenir des point de vue divergents, donc des synthèses intrinsèquement divergentes et contradictoires.
Quelques wikis lancés ou pratiqués :
- http://www.2010virtual.com/twiki/bin/view/Main/WebHomeFrance le wiki de mon livre 2010 Futur virtuel
- http://autrans.crao.net : préparation des journées de l’Internet à Autrans
- http://www.igenerator.net : iGenerator, le Générateur d’Initiatives
- http://www.publicooperation.com/ : société pour les solutions de la chaîne de l’édition
- http://www.2010virtual.com/twiki/bin/view/Tvadsl/WebHome : le wiki de la commission TV DSL de l’Etna
- plus 3 wikis en Intranet ou projets de magazines…