Un groupe de travail de la Fondation Internet Nouvelle Génération

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Ce groupe a terminé ses travaux - Il s'agit d'un site d'archive

retrouvez les synthèses des différents aspects qui favorisent l'Intelligence Collective

et le questionnaire "comprendre par vous même ce qui se passe dans un groupe"

Forces et faiblesses de l'approche collaborative : l'exemple de Wikipédia

Les personnes qui ont participé à la discussion :
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Rédacteurs : &

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Quoi de neuf ?

Actuellement, de grands débats opposent Wikipédia en tant qu'encyclopédie participative aux grandes encyclopédies traditionnelles. Ce débat va au-delà de celui que nous avions présenté il y a un an sur la place de Wikipédia face aux encyclopédies grand public. (voir la première synthèse, le commentaire à la première synthèse avec les courbes de fréquentation de Wikipédia et de Britanica ainsi que l’étude dans Nature sur les erreurs dans Wikipédia et Britanica (« Internet encyclopaedias go head to head »).

En effet, les approches de Wikipédia sont très différentes des encyclopédies traditionnelles. Faut-il d'ailleurs encore appeler Wikipédia une encyclopédie ou est-ce une autre forme d'entité numérique des savoirs ?

Le rêve d’une encyclopédie absolue n’étant pas atteignable, tout article reste perfectible et doit faire face aux enjeux qui sous-tendent à sa rédaction. (cf une contribution de la première synthèse : « Le fantasme "totalisant" de l'encyclopédiste a vécu. »). Que ce soit une encyclopédie traditionnelle ou participative, on remarque que chaque type d’encyclopédie a ses faiblesses, par exemple les conflits d'intérêts auxquels peuvent être confrontés des experts dans les encyclopédies traditionnelles ou les faiblesses inhérentes à l'auto-réparation dans le travail coopératif comme Wikipédia. Il faudrait savoir si l'une de ces deux faiblesses est totalement rédhibitoire ou bien si chacune pose des problèmes différents ce qui militerait pour la coexistence durable de ces deux types d'encyclopédies, adaptées à différents usages que peuvent en faire les utilisateurs ?
N'est-il pas tout autant difficile de faire progresser un système quel qu'il soit, alors qu'il est facile de jouer de ses failles ? Essayons plutôt en marge des débats actuels, de nous concentrer sur l'identification des avantages et difficultés de la méthode coopérative utilisée par Wikipédia en essayant de proposer des améliorations concrètes.

Les forces de l’approche collaborative

Le nombre de contributeurs et les règles entre eux

Une des différences principales entre les deux formes repose dans l’approche par expert l'expertise pour les encyclopédies traditionnelles et par le nombre et la complexité pour l’encyclopédie Wikipédia.
Selon plusieurs études (Ref.1), la moyenne des points de vue d'une masse importante de personnes quelles que soient leurs compétences - est une information nettement plus pertinente que celle
du meilleur des experts. L'avis moyen des masses en réseau est au delà de l'intelligence de "l'expert" ?
Selon James Surowiecki (Ref. 1), la moyenne des points de vue d'une masse importante de personnes - quelles que soient leurs compétences - est une information nettement plus pertinente que celle du meilleur des experts. Mais au-delà du simple nombre, c'est la conjonction entre le nombre (qui permet aux mécanismes d'autoorganisation de se développer) et les règles qui sont appliquées entre les membres du groupe, qui feront que le groupe pourra prendre en compte plus de facettes d'un problème complexe qu'une seule personne... ou au contraire s'alligner sur le moins disant. Les interactions expert / masse permettant surtout de pousser beaucoup plus loin les points de vue de chacun, tout en disposant des connaissances et de l'expérience nécessaire pour traiter le problème dans de bonnes conditions. Les interactions expert / masse permettent surtout de pousser beaucoup plus loin les points de vue de chacun, tout en disposant des connaissances et de l'expérience nécessaire pour traiter le problème dans de bonnes conditions.
Mais pour cela il faut que le mécanisme d’extraction des points de vues d’une masse importante de personne ne soit pas biaisé et offre quelques-unes des garanties suivantes :

Apporter des regards neufs sur les questions même anciennes

Il s’agit d’un point important car sinon on reste figé sur une seule vision sans faire « avancer le savoir ». C'est tout l'intérêt de ceux que l'on a appelé ici les "cavaliers seuls" qui partent sur de nouvelles solutions et ouvrent les possibles. Le fait de ne pas trancher dans tous les cas litigieux (ce qui n'est tout de même pas la majorité des articles mais surement ceux où il est le plus nécessaire de regarder de près...), mais au contraire de donner les éléments sur les thèses en présence, part d'un présupposé qui n'existait pas à l'époque de Diderot : "Le rêve de l'encyclopédie absolue n'est pas atteignable".

Une gestion fine et claire du conflit d’intérêt

Pour surmonter les conflits d’intérêts, l’approche collaborative permet de cumuler les avis et même de faire cohabiter les divergences qui sont aussi des éléments de l'Histoire (voir l’exemple de l’article secte dans Wikipédia). Mais cela n’est valable que pour les articles qui ne sont pas le fait d’un petit groupe fermé de contributeurs mais qui au contraire ont été revu par un grand nombre de personnes. C’est le cas pour des articles perçus comme sensibles où les relecteurs sont nombreux. Cela peut poser plus de problèmes pour des articles très pointus sur lesquels il y a peu de spécialistes et dont seulement un ou quelques spécialistes d’accords entre eux se sont intéressés à l’article sur Wikipédia. La question est peut être celle de La solution repose sur l’évaluation du conflit d’intérêt, peut être en faisant ressortir un indicateur montrant qui montrerait si il y a eu débat ou non dans la lors de la rédaction de l’article ?

On voit en pratique une distinction entre :

  • Les articles sur lesquels l'approche de chacun est convergente et que les corrections proposées sont clairement considérés comme corrigeant une erreur qui ne prête pas à discussion (par exemple lorsqu'un contributeur fait une erreur qui est corrigée par d'autre et dont la correction n'est pas remise en question). Dans ce cas, le nombre simple permet de corriger un certain nombre d'erreurs objectives.
  • Pour les articles où il peut y avoir divergence de vue (les exemples comme la rotation de la Terre autour du Soleil au XVIème siècle ou la durée de la création pour les américains), alors les approches des deux encyclopédies sont radicalements différentes. Dans le cas de l'encyclopédie traditionnelle, l'affirmation n'est pas donnée par le "meilleur des experts" (choses impossible à savoir tant que l'information n'est pas devenue incontestable) mais par les experts reconnus (ce qui veut dire que si l'encyclopédie avait existée au XVIème siècle alors il n'y serait donné que la thèse officielle : "le Soleil tourne autour de la Terre"). Pour Wikipédia au contraire dans ce cas, lorsque les avis sont irréconciliables (comme c'est le cas pour la définition de ce qu'est une secte par exemple) On y trouve les différentes approches (avec la possibilité de savoir le plus souvent qui affirme quoi). Il est ainsi possible pour le lecteur : soit de décider que c'est la thèse "officielle" qui est la bonne, soit d'accepter l'incertitude et d'avoir une idée des thèses qui s'affrontent. Ces deux exemples (la Terre au XVIème siècle et la création en 7 jours) sont pertinents car il montrent deux cas extrêmes : le cas où la thèse officielle est infirmée par la suite (entre autre par Galilée qui n'aurait peut être pas été choisi comme contributeur d'une encyclopédie s'il y en avait eu une à l'époque) ; et le cas ou la thèse alternative est plus que probablement biaisée dans l'intérêt d'enjeux de pouvoir de sectes (dans le cas du créationnisme).

    Nous pouvons donc considérer deux aspects où :

    • dans un cas non litigieux, on s'achemine vers un article de plus en plus juste (même si des premiers articles peuvent comprendre des erreurs comme c'est le cas dans tout encyclopédie) à condition que le nombre de lecteurs/contributeurs sur un article soit suffisamment large ;
    • et dans l'autre cas, le traitement des articles litigieux ne part pas du principe qu'il existe une vérité absolue mais plutôt plusieurs avis qui à ce stade peuvent être considérés comme plus ou moins probables (sans que cette probabilité soit complètement mesurable dès que l'on introduit dans l'article des éléments subjectifs, des conflits d'intérêt, etc.)

    Les faiblesses de l’approche collaborative

    L’approche collaborative ne converge pas toujours vers l’objectif attendu, on peut parfois converger vers une mauvaise solution (en cas de conflit par exemple).
    On peut chercher à décrire un mécanisme de « réparation spontanée » qui permet :
    Permet de faire converger de façon itérative vers des solutions toujours meilleures
    • de « Réparer » les articles qui ont fait l’objet de contributions dégradant la qualité de l’article leur qualité (vandalisme, prosélytisme, suppression des visions alternatives).
    La réparation spontanée ne peut exister et être fiable que si les lecteurs ont la volonté et la motivation de "lire d'un oeil critique" avec une culture du doute. Pour éviter le vandalisme et les faux articles et rumeurs, la confiance réciproque est primordiale. Une confiance qui base fonde cette entreprise collective sur un contrôle à posteriori, et donc sur la confiance à priori.
    Comment faire pour que la meilleure solution émerge ?

    Quelques propositions pour améliorer le processus coopératif

    I. Limiter le vandalisme anonyme

    En mettant en place un système de signature dans la partie discussion de la page pour contrer l'anonymat des informations.

    II. Donner une indication sur la qualité des articles

    1. Créer un "score match des lecteurs" qui pourrait se baser sur la page historique pour savoir si beaucoup de gens l'ont lue, acceptée ou rejetée.

    2. Créer un « score du processus de débat coopératif » en décomposant les informations disponibles en ligne en fonction du type d'article, car la qualité peut être différente :
    a) Articles avec peu de débat (et/ou de contributeurs : danger d'erreur car pas de garantie de l'expertise individuelle ou danger de prosélytisme
    b) Articles avec beaucoup de contributeurs et de débat et convergeant vers un résultat unique (probablement de meilleur qualité)
    c) Articles avec beaucoup de contributeurs débat mais ne convergeant pas (ex les sectes) : ceux-ci ont un traitement très différents des articles des encyclopédies classiques
    d) Articles vandalisés ou sujet à de nombreuses dégradations

    3. Proposer des versions « validées » selon le modèle de fonctionnement des logiciels libres, une version en développement et des "release" stables.

    III. Intervention des experts dans la validation


    Faire la distinction entre ce qui n'est qu'opinion (mode non authentifié) et information (mode authentifié et « validé » par des experts sans que ceux-ci aient le droit de modifier l’article sans le remettre en débat). Il s’agirait alors d’une sorte « d’hybride » entre les encyclopédies traditionnelles réalisées par des experts et d’encyclopédie collaborative réalisée par le plus grand nombre. Le rôle de l’expert dans ce cas change : il est là pour valider :
    a) Qu’il n’y a pas d’erreur apparente dans l’article (cf. l’approche de validation dans l’article de Nature)
    b) Que le processus coopératif a bien été réalisé et qu’il y a donc eu la possibilité pour des avis contradictoires de s’exprimer.

    Par contre, en cas de non validation, les experts ne pourraient pas proposer un article alternatif qu’ils auto-valideraient mais seulement un commentaire en remettant l’article à la discussion.

    [La distinction entre une opinion et une information ne dépend pas de l'authentification ou non (ni même de la validation), comme le montre bien Daniel Schneidermann
    http://www.bigbangblog.net/article.php3?id_article=298
    Enfin, la validation d'expertise n'est-elle pas un voeu pieu, pour ne pas dire, irréaliste ? --HG]

    --C'est tout l'avantage ou non des approches par auto-organisation qui sont posées dans cette question --

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  • Références

    N°1 : "According to James Surowiecki, the author of the book 'The wisdom of crowds', this approach works best if the members of the group are large in number, cognitively diverse, fiercely independent, organised in a decentralised fashion and provided with an incentive to get their predictions right. : James Surowiecki, se faisant l'écho d'universitaires (Stanford) et du département de la défense américain
    The power of collective wisdom, Joshi Venugopal :
    http://www.financialexpress.com/fe_full_story.php?content_id=111173

    The Wisdom of Crowd : Why the Many Are Smarter Than the Few,James Surowiecki :
    http://www.randomhouse.com/features/wisdomofcrowds/index.html


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    Les Liens donnés lors de la discussion

    *Wikipedia fait de nouveau parler de lui dans la presse : http://www.liberation.fr/page.php?Article=343349
    *Site perso de Marc Siramy : http://msiramy.free.fr
    *Descriptif OWL : http://www.w3.org/2004/01/sws-pressrelease.html.fr
    *Usages du Wiki par les Boulistenautes : http://www.boulistenaute.com/modules/news/article.php?storyid=4578&keywords=wikipedia
    *The power of collective wisdom, Joshi Venugopal : http://www.financialexpress.com/fe_full_story.php?content_id=111173
    *The Wisdom of Crowd : Why the Many Are Smarter Than the Few,James Surowiecki :
    http://www.randomhouse.com/features/wisdomofcrowds/index.html
    *L'Intelligence collective en pratique, Alain Fernandez : http://blogs.zdnet.fr/index.php/2005/11/21/lintelligence-collective-en-pratique/
    *Et quelques mises en pratique... Prévision boursière *d'intelligence* de masse (notez au passage l'air réjoui des figurines qui illustrent la foule...) : http://www.consensusview.com ou : http://www.intrade.com
    *Et la même chose pour spéculer sur les informations mondiales... : http://fr.newsfutures.com
    *Site perso d'Yves Duron : http://yves-duron.viabloga.com/
    *Les étapes de développement de Wikipédia : http://en.wikipedia.org/wiki/Development_stage
    *Comparaison de Wikipédia et Britannica par "Nature" sur :
    LCI : http://news.tf1.fr/news/sciences/0,,3272767,00.html
    Sciences et Avenir : http://sciences.nouvelobs.com/sci_20051215.OBS9023.html?1332
    L'article de nature : http://www.nature.com/nature/journal/v438/n7070/full/438900a.html
    *Séparation de la Culture et de l'État : http://wiki.artlibre.org/SeparationCultureEtat
    *Mini sondage Microsoft : http://office.microsoft.com/fr-fr/assistance/HA010832711036.aspx et http://support.microsoft.com/default.aspx?scid=kb;fr;464686
    *2 faux articles : http://benmoncochon.site.voila.fr
    * Recherche d'IBM sur Wikipedia qui englobe justement cette question d'autorégulation: http://researchweb.watson.ibm.com/history/



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    Les ouvrages cités lors de la discussion

    * Bruno Ventelou, "Au delà de la rareté" , Albin Michel, 2001.
    * Pierre Lévy, "Cyberdémocratie", Chapitre 5 : "La séparation de la culture et de l'Etat" (p.219-242), Odile Jacob, 2002.


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    Listes des Index de Messages

  • Masse / Experts, Yves Duron
  • Re: [ic] Masse / expert, Jean-Michel Cornu
  • RE: [ic] wikipedia II :réparation spontanée, Delaunay Jerome

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    Tous les Messages de la discussion

    Bernard Prieur-Smester :
    Il y a quelques mois, sur ces listes, l'actualité (et selon moi l'engouement parfois béat) était à Wikipedia. Une synthèse "Wikipédia et la légitimité de la construction collective du savoir" fut réalisée à partir des contributions et des liens donnés lors de nos discussions sur la liste IC. Wikipedia fait de nouveau parler de lui dans la presse .... (voir lien article Libération) et Jimmy Wales, le fondateur du site, (ancien courtier en stock option), lance maintenant un deuxième site, cette fois ci porno. (voir lien wikipedia-watch.org) Dont acte.

    http://www.liberation.fr/page.php?Article=343349
    http://www.wikipedia-watch.org/

    (nota: ceci n'est en aucun cas une polémique mais juste une observation critique afin de rester vigilant dans notre Intelligence Collective.)

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    Marc Siramy :
    Je suis nouveau sur la liste. J'ai pendant quelques temps travaillé à la modélisation de communautés virtuelles, ce qui m'amène à m'intéresser quelque peu à l'IC et à faire parti de cette liste aujourd'hui. Chacun peut être amené à faire des erreurs en écrivant un texte, mais le fait d'écrire délibéremment des propos dénigrants envers une personne est effectivement condamnable, ce d'autant plus sur un site fréquenté tel que Wikipedia. Nous pouvons cependant constater que lorsqu'un fait inexact est relaté, la faute est spontannément réparée par la communauté, à partir du moment où celle-ci est repérée. Aussi, pour que l'information diffusée soit correcte, les "non vérités" doivent être repérées le plus tôt possible. L'enjeu est de savoir comment repérer rapidement et efficacement ces problèmes ? Pour faire le parralèle avec les réseaux de neurones, sous réserve que mes informations soient bonnes, dans ces réseaux les interneurones font le relais entre deux neurones (un interneurone a pour rôle d'inhiber un neurone 1 qui projette sur un neurone 2). A l'échelle des communautés humaines, nous n'avons pas ce système d'auto-régulation qui ce concrétiserait par la présence d'un policier contrôlant et censurant la communication entre 2 personnes. Avec internet v2.0, le web sémantique et autres OWL, nous allons avoir des outils permettant de comparer efficacement 2 sources d'information. Aussi, avec l'avènement de ces technologies, des problèmes tels que rencontrés ci-dessus sur Wikipédia seraient ils plus vite repérés et solutionnés ?
    Site perso : http://msiramy.free.fr

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    Aurélien Gaucherand :
    " Nous pouvons cependant constater que lorsqu'un fait inexact est relaté, la faute est spontannément réparée par la communauté, à partir du moment où celle-ci est repérée. Aussi, pour que l'information diffusée soit correcte, les "non vérités" doivent être repérées le plus tôt possible."
    Spontanément, mais pas immédiatement puisqu'il aura fallu 4 mois pour que la faute soit relevée... Et que le cerveau des gens ne fonctionne pas comme un ordinateur, qui dirait : "information précédente fausse, j'efface et je remplace"... Le doute a eu le temps de s'installer, et aucun démenti pendant plusieurs mois laisse penser que l'info originale (pourtant apparemment fausse) devait être juste... Les outils à édition ouverte sont clairement un pas important vers la liberté d'expression et la coopération, mais ils ont leurs risquent associés: la désinformation (ou déstabilisation informationnelle). Le facteur peut être à surveiller est celui de la signature ou l'anonymat des informations. Oui donc, à la liberté d'expression et à la construction collective, à condition que les auteurs soient authentifiés. Mais là , ce n'est pas un système à mettre en place, mais une culture du doute par rapport à toute info anonyme, à moins que celle-ci ne soit construite avec des références claires et une démarche scientifique apportant la preuve de ce qui est avancé... A chacun donc de rester vigilant dans son interprétation des informations wikipedia (ou autres) anonymes.

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    Marc SIRAMY :
    "Spontanément, mais pas immédiatement puisqu'il aura fallu 4 mois pour que la faute soit relevée..."
    Entièrement d'accord, c'est donc un point à améliorer. La question porte sur le 'comment'. Le traçage systématique des utilisateurs en ligne n'est certainement pas la solution en tout cas.

    "Et que le cerveau des gens ne fonctionne pas comme un ordinateur, qui dirait : "information précédente fausse, j'efface et je remplace"..."
    Le cerveau des gens ne fonctionne pas comme un ordinateur, mais n'est ce pas un des rôle de l'IA de simuler le comportement des êtres vivants et dans une certaine mesure le fonctionnement du cerveau (sauf erreur de ma part, des technologies basées sur l'IA et simulant les réseaux neuronaux existent déjà).

    "Le doute a eu le temps de s'installer, et aucun démenti pendant plusieurs mois laisse penser que l'info originale (pourtant apparemment fausse) devait être juste..."
    Nous ne pouvons pas tenir une info pour vraie tant que nous l'avons pas croisée avec plusieurs autres sources sérieuses sur le même sujet. Si je ne m'abuse, un des rôles d'OWL est de permettre la comparaison de 2 documents en ligne. Cela permettrait il d'aider à déceler une erreur ou une fausse info dans un document ? Je manque d'infos sur le sujet et je souhaiterais avoir quelques avis sur la question.

    "Les outils à édition ouverte sont clairement un pas important vers la liberté d'expression et la coopération, mais ils ont leurs risquent associés: la désinformation (ou déstabilisation informationnelle). Le facteur peut être à surveiller est celui de la signature (ou l'anonymat) des informations."
    oui et non. La préservation de l'anonymat et du respect de la vie privée font parti de nos libertés. Je pense qu'il faudrait plutôt faire clairement la distinction entre ce qui n'est qu'opinion (mode non authentifié) et information (mode authentifié).

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    B. Prieur-Smester :
    "Nous pouvons cependant constater que lorsqu'un fait inexact est relaté, la faute est spontannément réparée par la communauté, à partir du moment où celle-ci est repérée."
    J'ai personnellement testé cette prétendue "réparation spontanée par la communauté"... en produisant, à plusieurs reprises et sur différents sujets, des informations clairement erronées mais qui, bien enrobées faisaient illusion. La ligne à retard ayant manifestement outrepassé les "délais", j'ai moi-même effectué une auto-réparation...

    "Avec internet v2.0, le web sémantique et autres OWL, nous allons avoir des outils permettant de comparer efficacement 2 sources d'information. Aussi, avec l'avènement de ces technologies, des problèmes tels que rencontrés ci-dessus sur Wikipédia seraient ils plus vite repérés et solutionnés ?"
    Internet V2.0, le web sémantique et OWL ne changeront rien à l'affaire et comparaison n'étant pas raison, il me parait illusoire de projeter dans une quelconque technologie une solution miraculeuse. Les Messies de Wikipedia et de l'IC pourfandaient les encyclopédies classiques (et très imparfaites) en mettant en avant le contrôle de la culture par des élites ou les "dépositaires" du savoir. Avec Wikipédia, la participation libre et collective de chacun allait "démocratiser le savoir"... Le Monde dans un article qualifiait même Wikipédia de "libertaire". Mais à présent, face à ce type de dérive médiatiquement constatée, en quoi ces V2.0 ou OWL apporteraient une quelconque solution à une problématique qui n'est pas sur le même terrain ?

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    Marc SIRAMY :

    "OWL s'appuie sur un modèle et un schéma RDF pour ajouter plus de vocabulaire dans la description de propriétés et de classes, comme par exemple : les relations entre classes (i.e. la séparation), la cardinalité (i.e. « un et un seul »), l'égalité, une typographie plus riche des propriétés, des caractéristiques de propriétés (i.e., la symétrie), et des classes énumératives." (source http://www.w3.org/2004/01/sws-pressrelease.html.fr ). Ainsi, allié au Web sémantique, Owl permettrait il d'établir 'dans quelle mesure' deux documents sont égaux ? C'est la question que je me pose.


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    Remi Stranx :
    Puisque vous évoquiez tout à la fois Wikipedia et les jeux de boules... et vous me pardonnerez j'espère cet humour de fin de semaine, mais je ne résiste pas à l'envie de mentionner ici ces usages respectables de wikis, tant de Wikipedia que du wiki interne des Boulistenautes. http://www.boulistenaute.com/modules/news/article.php?storyid=4578&keywords=wikipedia

    ***********

    Olivier Auber :
    "... Jimmy Wales, le fondateur du site, (ancien courtier en stock option), lance maintenant un deuxième site, cette fois ci porno. (voir lien wikipedia-watch.org)"
    Je n'ai trouvé que ça sur wikipedia-watch.org : "Jimmy Wales, the man behind Wikipedia, probably approves of this practice. After he made a fortune in futures trading, he started up *Bomis.com* in the mid-1990s. Bomis was one of the first sites to scrape the ad-free Open Directory Project, and turn it into a huge mass of paid links and ads, mixed together with porn." Ce qui est parfaitement connu et date d'il y a a 10 ans. Rien non plus sur Google, sauf erreur. Où est le "nouveau site porno" de Jimmy Wales? URL? Preuve de l'association de JW? ;-)

    **********

    Olivier Auber :
    Sans réponse jusqu'à présent, je répète ma demande d'information envers Bernard Prieur-Smester et les autres membres de la liste. Puisqu'il est dit, comme le titre Libé, que Wikipédia serait le receptacle de "calomnies", il ne faudrait pas que la liste IC le soit de même...

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    Pierre Levy :
    J'approuve !

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    Fabien Lair :
    Puisque l'on évoque de nouveau Wikipedia, ou tout au moins le débat *information collective* vs *information signée par l'expert* (wikipedia/britanica), que pensez vous des conclusions d'essayistes comme James Surowiecki, se faisant l'écho d'universitaires (Stanford) et même du département de la défense américain (voir les liens ci dessous) qui s'emploient à démontrer que la moyenne des points de vue d'une masse importante de personnes -quelles que soient leurs compétences- est une information nettement plus pertinente que celle du meilleur des experts ? Notons qu'il n'est pas question ici d'intelligence issue de collaboration, d'échanges, mais seulement de sommes et de moyennes. L'avis moyen des masses au delà de l'intelligence de *l'expert* ?
    The power of collective wisdom, Joshi Venugopal : http://www.financialexpress.com/fe_full_story.php?content_id=111173
    The Wisdom of Crowd : Why the Many Are Smarter Than the Few,James Surowiecki : http://www.randomhouse.com/features/wisdomofcrowds/index.html
    L'Intelligence collective en pratique, Alain Fernandez : http://blogs.zdnet.fr/index.php/2005/11/21/lintelligence-collective-en-pratique/
    Et quelques mises en pratique... Prévision boursière *d'intelligence* de masse (notez au passage l'air réjoui des figurines qui illustrent la foule...) : http://www.consensusview.com
    ou : http://www.intrade.com
    Et la même chose pour spéculer sur les informations mondiales... : http://fr.newsfutures.com

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    Yves Duron :
    Merci Fabien d'évoquer ce sujet passionnant. J'imagine que la pertinence dépend quand même beaucoup du sujet et de ce que l'on entend par masse. Si cette masse n'a qu'une faible connaissance du sujet, le résultat risque d'être quand même assez aléatoire. Si l'on demande à une masse de personnes quelles que soient leurs compétences de donner son point de vue sur, par exemple, les solutions à apporter aux problèmes dans les cités, je ne suis pas sûr que la moyenne obtenue soit forcément la réponse la plus pertinente... Dès lors par contre que cette masse est en réseau et qu'elle dispose des outils pour échanger on se situe dans une toute autre dimension.
    Je crois beaucoup plus aux échanges entre les experts et la masse. Les interactions entre les uns et les autres permettant de pousser beaucoup plus loin les points de vue de chacun, tout en disposant des connaissances, de l'expérience nécessaire pour traiter le problème dans de bonnes conditions. En tout cas je suis persuadé que l'appropriation par les masses de la connaissance, des points de vue sur les choses, des choix de consommation... est une tendance forte des années à venir et aura un impact majeur sur de nombreuses sphères de notre société (économique, politique...).
    Quelques exemples qui en témoignent déjà :
    - le succès des critiques des internautes sur Amazon ou allocine / versus celles des critiques officiels dont l'avis est de moins en moins pris en compte
    - l'avis des consommateurs privilégié / discours des marques
    - l'information que l'on a soit même choisie (en lisant des blogs par exemple), dont on a pu discuter avec leurs auteurs ou d'autres lecteurs versus les médias traditionnels dont le lectorat est en pleine érosion
    - la montée du sentiment que les instances "représentatives" ne le sont plus etc.
    Site perso : http://yves-duron.viabloga.com/

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    Jean-Michel Cornu :
    La question de Fabien me fait penser à un exemple donné par l'économiste Bruno Ventelou dans son livre "Au-delà de la rareté" et présenté par lui lors de l'université de printemps de la Fing il y a deux ans :
    On donne à un groupe de 10 personnes, 4 cartes chacun : deux rouges et deux noires. Chacun va mettre au pot commun deux cartes (sans montrer lesquelles) et en conserver deux :
    - Toute carte rouge conservée rapporte 5 €
    - Toute carte rouge se trouvant dans le pot commun rapporte 1 € à chaque personne.
    * Si tout le monde garde ses cartes rouges et donne les noires, chaque personne aura 5 € + 5 € = 10 €
    * Si tout le monde coopère et donne ses cartes rouges (et conserve donc les noires), il y aura les 2 X 10 cartes rouges dans le pàt commun et donc chacun repartira avec 20 €.
    C'est un problème proche de celui du passager clandestin : le mieux pour une personne est que tout le monde coopère... sauf lui-même.
    Bruno Ventelou l'a testé avec des élèves économistes et après quelques itérations, ils se sont retrouvés à chacun garder leurs cartes rouges et donc avec seulement 10 €. Il l'a fait avec d'autres personnes, dont des personnes de pays de l'est et le système a convergé vers la coopération et chacun s'est retrouvé avec 20 €.
    Moralité, le fait de converger vers une solution ou une autre dépend aussi des valeurs que l'on a (ici l'individualisme comme base de l'économie).
    Cela est vrai pour les groupes, mais aussi les experts qui peuvent être eux-mêmes aveuglés par l'une des solutions. c'est tout l'intérêt de ceux que l'on a appelé ici les "cavaliers seuls" qui partent sur de nouvelles solutions et ouvrent les possibles.
    La question : Comment faire que la meilleure solution émerge ? (si tant et que l'on puisse définir une solution meilleure que l'autre...)

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    J. DELAUNAY :
    B. Prieur-Smester à écrit:
    "J'ai personnellement testé cette prétendue "réparation spontanée par la communauté"... en produisant, à plusieurs reprises et sur différents sujets, des informations clairement erronées mais qui, bien enrobées faisaient illusion. La ligne à retard ayant manifestement outrepassé les "délais", j'ai moi-même effectué une auto-réparation..."
    J'adhère pleinement au concept d'intelligence collective. Toutefois, je pense que la réparation spontanée n'est pas une caractéristique spontanée de la nature humaine ! Vous admettrez que nous n'avons pas la même démarche intellectuelle lorque nous lisons un courrier pour en prendre connaissance, que lorsque nous le relisons en vue de le corriger. La réparation spontanée ne peut exister (et être fiable) que si les lecteurs ont la volonté de "lire d'un oeuil critique". Maintenir cette volonté nécessite en plus une motivation. Afin d'illustrer un peu plus mes propos, je me permet de vous faire remarquer que ce comportement existe dans le monde animalier. Certains bancs de poissons ont un comportement collectif fiable, éprouvé et riche en avantages. Dans leur cas, l'autocontrôle collectif est basique, mais systématique et la motivation constante simplement car c'est une question de survive.
    Quand aux informations erronées mais "bien enrobées", elles sont pour moi un jeu dont je ne me lasse pas. Je n'effectue pas mes expérimentation dans le cadre de wikipédia, mais je m'amuse à reproduire fidèlement des pages de magazines dans lesquelles j'insère des articles complètements farfelus mais "bien enrobés". Ma satisfaction naît de la faculté des lecteurs à commenter et justifier ces faux articles. C'est souvent à pleurer de rire! Fort de ces expériences, je ne suis donc pas surpris que l'auto réparation ne fonctionne pas dans wikipédia.

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    Bernard Prieur Smester :
    S'il est vrai que je ne lis pas une facture de téléphone comme un article sur wikipedia, quand sur ce dernier à propos de Sade on pouvait lire qu'il avait écrit "Français encore un effort..." au lieu de "Français, encore un effort si vous voulez être républicains", vous conviendrez que la différence est de taille. D'une part un titre est tronqué ( bon…) et d'autre part c'est le contenu de ce qu'il annonce même qui est déformé... (Alerte !!!)

    "La réparation spontanée ne peut exister (et être fiable) que si les lecteurs ont la volonté de "lire d'un oeuil critique". Maintenir cette volonté nécessite en plus une motivation."
    OK, mais quid pour la "culture" ou "d'encyclopédisme" ??

    "Quand aux informations erronées mais "bien enrobées", elles sont pour moi un jeu dont je ne me lasse pas."
    Je goûte également de ce genre d'exercice de communication ou de style, mais je ne revendique aucunement une quelconque étiquette universaliste de culture ou autre variante du "Bien Commun" à la saint Thomas d'Aquin comme étandard pour un monde meilleur ... (oups !)

    "Fort de ces expériences, je ne suis donc pas surpris que l'auto réparation ne fonctionne pas dans wikipédia."
    … et donc le retour des "spécialistes" voués au pilori est pour bientôt... En attendant, un certain nivèlement par le bas fera encore de belles "pages" sur wikipédia.

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    Remi Stranx :
    "Quand aux informations erronées mais "bien enrobées", elles sont pour moi un jeu dont je ne me lasse pas.
    N'est-il pas tout autant difficile de faire progresser un système quel qu'il soit, qu'il est facile de jouer de ses failles ? Qui plus est en jouant l'abus de confiance ? Est-ce si méritoire.... Qui peut prétendre ne pas pouvoir être pris en défaut ? Et ne l'avoir été jamais ?
    - Vu récemment à la télé : de nombreuses inscriptions à l'ANPE avec de fausses fiches de paye. Les falsificateurs ne démontrent-ils pas que la marche régulière d'une société dépend pour partie de la confiance réciproque que ses membres veulent bien s'accorder les uns aux autres ?
    - Panique dans le RER B un été : une jeune femme violentée, sont bébé giflé. Indignation générale. Tout le monde relate, jusqu'au plus haut niveau. Pas de bol, le tuyau est percé. Conclusion : faut-il jeter les entreprises de presse dans la même poubelle que  ?
    - Vous signez un CLUF pour avoir le droit d'utiliser un logiciel. Pas de bol (à votre décharge c'était écrit en tout petit, exercice de communication bien "enrobée" :) vous venez d'acceptez d'installer un logiciel qui met en péril la sécurité de votre ordinateur (l'éditeur se marre) Quel expert va vous garantir désormais la propreté des CLUF....?
    Je trouve que , une entreprise basée sur un contrôle à posteriori, et donc un peu sur la confiance à priori, ne s'en sort pas si mal.

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    Jean-Michel Cornu :

    "Je m'amuse à reproduire fidèlement des pages de magazines dans lesquelles j'insère des articles complètements farfelus mais "bien enrobés".
    Aurais tu un exemple ou deux à nous proposer ? Je trouve que cela illustre bien cette notion d'infiltration tout en ayant un coté ludique.

    "Fort de ces expériences, je ne suis donc pas surpris que l'auto réparation ne fonctionne pas dans wikipédia."
    Oui, de la même façon il est possible de voir dans certaines encyclopédie classiques réalisés par des experts des conflits d'intérêts (par exemple dans Encarta il semble que dans la version française ce sont les français qui ont découverts le virus du Sida et dans la version anglaise ce sont les amricains... mais cela reste à vérifier car je n'ai pas les deux versions, mais la question se pose de la même façon sur la question d'écrire l'histoire en général). Le problème est que toute somme de connaissance représente un pouvoir et donc que ce soit avec une encyclopédie classique ou une encyclopédie participative, il y a des faiblesses : conflit d'intérêt des experts ou faiblesses inhérentes à l'auto-réparation.
    La question, pour laquelle je n'ai pas de réponse, est de savoir si l'une de ces deux faiblesses est totalement rédhibitoire ou bien si cela donne des problèmes différents ce qui militerait pour la coexistence des deux types d'encyclopédies qui par essence sont imparfaites ?

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    Antoine Christen :
    Une idée en passant : ne serait-il pas possible d'envisager pour les bases de connaissance comme Wikipedia un fonctionnement similaire aux logiciels libres, avec:
    - en permanence une version en développement, non vérifiée mais librement modifiable par tous les participants
    - et de temps en temps des "release" stables, c'est-à-dire des versions qui ont été relues par des participants reconnus et qui ne sont plus modifiables.
    Ainsi l'internaute pourrait savoir si ce qu'il lit a déjà été vérifié ou non. Il me semble d'ailleurs que le groupe IC fonctionne un peu de cette manière : participations libres, puis publication d'un article final (cf article sur les "passagers clandestins") Plus de précision sur les étapes de développement sur http://en.wikipedia.org/wiki/Development_stage :-)

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    Arnaud Klein :

    Pour alimenter nos réflexions sur la construction collective de savoir, je vous conseille cette étude réalisée par "Nature" comparant Wikipédia à Britannica.
    LCI : http://news.tf1.fr/news/sciences/0,,3272767,00.html

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    Rémi Stranx :

    Info reprise ici :
    Sciences et Avenir :
    http://sciences.nouvelobs.com/sci_20051215.OBS9023.html?1332

    L'article de nature :
    http://www.nature.com/nature/journal/v438/n7070/full/438900a.html
    (à lire avant qu'il ne soit plus disponible - peut-être)

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    Yann Le Guennec :

    Que pense IC de la séparation (éventuellement possible) de la Culture et de l'État ? http://wiki.artlibre.org/SeparationCultureEtat ( en ces temps de futures dindes aux marrons à la sauce wikipédia merci bernard ! joke, c'était le nom d'une emission marrante quand j'étais petit, mais peut-on citer le nom des émissions ? )

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    Pierre Lévy :

    Bonjour Yann Le Guennec et "QI" ? "IC" ? Même si ce n'est pas exactement dans le sens où l'entend Olivier Auber (mais proche tout de même), je signale que le chapitre 5 (p.219-242) de mon livre "Cyberdémocratie" publié chez Odile Jacob en 2002 s'intitule précisément "La séparation de la culture et de l'Etat" (et, d'ailleurs, plaide *pour* cette séparation).

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    Jerome Delaunay :

    Je vais tenter une réponse structurée :
    Sur la question de la réparation spontanée : Arnaud KLEIN propose une idée séduisante. J'y vois une réponse au problème de « réparation ». En effet, s'il semble bénéfique de réparer un contenu tronqué ou déformé (exemple de Sade), il serait peut-être plus pertinent de cumuler les avis dans le cas de conflits d'intérêts (exemple de la découverte du SIDA). Pour ma part, je considère que l'exemple du SIDA que Jean-Michel CORNU présente est une information à part entière. L'histoire regorge effectivement de divergences et de désinformations de ce type. Mais, ces mêmes divergences sont aussi des éléments de l'histoire. J'irai même jusqu'à prétendre que seule une encyclopédie libre comme Wikipédia peut apporter ce genre de précision et faire cohabiter les divergences.
    Sur la question de la pertinence des informations : Bernard Prieur Smester ne revendique pas une étiquette universaliste, mais si je me souviens bien des mes cours de Français de terminale, je crois pouvoir affirmer que l'étiquette universaliste est le fondement de l'encyclopédie ... Nos chers philosophes se sont déjà cassé les dents sur cette utopie. Je sais que la tâche est titanesque, mais ne serait-il pas possible d'offrir aux lecteurs de Wikipédia la possibilité de valider ou remettre en cause les informations qui s'y trouvent. Ainsi, avec une sorte de « score match » pour chaque information, on pourrait espérer savoir si beaucoup de gens l'ont lue, acceptée ou rejetée. Un mini sondage dans le genre de celui que fait Microsoft sur son site web : http://office.microsoft.com/fr-fr/assistance/HA010832711036.aspx http://support.microsoft.com/default.aspx?scid=kb;fr;464686 Mais les onglets « historique » et « à propos » sont déjà un bon début ...
    Sur la question des « Spécialistes » Nous sommes tous spécialistes en quelque chose ! ... Et pourquoi un « nivellement » par le bas ? Un savoir collectif serait plutôt une somme de savoirs et pas une moyenne de savoirs !
    Sur l'impression de dénigrement que vous avez : Je ne critique pas Wikipédia, cela serait très mal venu de ma part. Ce travail collectif est un monument d'efforts. Le résultat est tout simplement époustouflant. Je considère que le fait de remettre en cause quelque chose n'est pas une critique si cette remise en cause aboutit sur une proposition constructive. Je ne suis donc pas le seul vicieux à créer de faux articles pour le simple plaisir de faire de la désinformation ! ... Pour fêter cela, j'ai mis en ligne mes deux meilleurs faux articles. Puisque l'heure est au partage, partageons ! http://benmoncochon.site.voila.fr

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    Atakan Karakis :

     
    Je voulais juste pointer une recherche faite par IBM sur Wikipedia qui englobe justement cette question d'autorégulation: http://researchweb.watson.ibm.com/history/
    Le vandalisme n'est plus donc un problème à surpasser, il est déjà quasiment invisible. En revanche, le problème reste le même quant à des articles bien écrits mais érronés. Ceci étant dit, Wikipedia n'est pas la seule source de savoirs et d'informations sur Internet ; il est donc impératif pour un utilisateur d'être méfiant ou d'avoir un oeil critique de ce qu'il lit ou découvre. La désinformation n'est pas le problème à Wikipedia seule. (En plus Wikipedia propose des rubriques de discussion et une historique qui peuvent être un moyen de découvrir les diversités, les variants du sujet en question).
    Aussi, je suis surpris par le manque de confiance et de patience envers l'intelligence collective qui a enfin trouvé son terrain pour s'exprimer. Ce n'était pas Pierre Levy lui-même qui soulignait que ce sont les justes qui font avancer l'humanité? Ces justes qui étaient jusque maintenant silencieux, ont enfin trouvé leur voix sans passer par le pouvoir.
    A mon sens, pour une encyclopédie qui a 5 ans, Wikipedia se débrouille assez bien pour surpasser ses problèmes. Ce n'est pas en vain que sa réputation augmente de jour en jour. Cette réputation n'assure evidemment pas une source fiable à cent pour cent mais au moins elle incite les enseignants, les universitaires et les scientifiques de prendre en compte Wikipedia et ensuite d'y contribuer. Ce n'est pas seulement en se méfiant des connaissances wikipediennes qu'on peut le faire avancer, mais aussi faut-il compléter cette méfiance avec la contribution et la correction.